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Information sur la ville de Vengeons
Vengeons est une commune française, située dans le département de la Manche et la région Basse-Normandie. Vengeons est un Village Patrimoine du Pays de la Baie du Mont Saint-Michel depuis 2003.
Vengeons est une commune très ancienne, qui date de plus de 1000 ans. Il ne reste pas de traces de culte primitif (dolmens, ruines diverses'), peut-être pour cause de destruction. L'emplacement du village est stratégique : en haut de coteau, entre vallée de la Sée et vallée de la Vire, et sur la route Sourdeval/Vire. La forme carrée du bourg laisse supposer un peuplement organisé ancien, mais aucune trace ne subsiste de Vengeons d'avant le Xème siècle. Seules quelques hypothèses peuvent être émises. Quant au nom de Vengeons, plusieurs explication sont avancées. Tradition orale : soulèvement patriotique des habitants contre les anglais durant la guerre de 100 ans. Ceux du val seraient restés sourds à l'appel « Vengeons nous » clamé sur la colline, d'où les noms de Vengeons et Sourdeval. Mais il s'agit là sans doute d'une querelle de clocher car le nom de Vengeons existait déjà bien avant les insurrections et la guerre de 100 ans. Le nom apparaît après la venue des normands. Certains prétendent qu'il y eut des vignes, d'où « Vendangeons », puis « Vengeons ».
Une des hypothèses s'appuie sur les commentaires de Jules César, dans la guerre des Gaules : un camp romain existait près du Mont d'Eron, 56 ans av JC, et des camps ennemis gaulois existaient à proximité. Les affrontements eurent lieu dans le triangle Vire-Avranches-Mortain, probablement près de Vengeons'
Aujourd'hui Vengeons compte 600 habitants, contre près de 1800 en 1851. Ceci est une indication précieuse pour comprendre la vie industrieuse et commerciale de la commune'
Les textes les plus anciens remontent aux XI et XII siècle. On y voit apparaître une famille de Vengeons. Le fief de Vengeons dépendait du Comté de Mortain. 1449. Pendant l'occupation anglaise, une des insurrections est née à Vengeons, en liaison avec une sortie commando des 129 barons normands assiégés au Mont Saint Michel. Cette révolte est née à la Pesantière. Et c'est cette révolte vengeonaise qui permit la libération de la région. Olivier Basselin, le poète loua cette résistance contre les anglais.
Guerres de religion. A Vengeons, le 1er septembre 1568, les Huguenots du village reçoivent un fort soutien des Huguenots venant de reprendre Vire.
1630. La Peste. Entre 1619 et 1642, cette maladie fait des ravages dans la population, et 1630 est une année particulièrement terrible pour Vengeons.
1639. Année importante, car désormais, on consigne les actes dans les registres, suivant le souhait de François I. Après la révolte des nu-pieds, on a conservé les registres vengeonais. Ils étaient d'abord visés par l'Archidiacre, puis le Doyen rural, puis au XVIII siècle du Lieutenant Général Civil et Criminel de Mortain. Après 1789, l'ensemble des registres formeront le fonds des archives départementales. Par un concours de circonstances, après leur restauration grâce à un mécène, les registres seront sauvés de la destruction des archives départementales de St Lô en 1944.
1789. Jacques Louis le Harivel s'offre avec des membres de sa famille en otage garant de la vie du Roi, après son arrestation.
Un circuit de découverte présente le patrimoine de la commune.
La Fontaine St Germain est un des deux lavoirs de la commune. Son nom vient de Saint-Germain d'Auxerre, l'évangélisateur, qui serait passé par ce chemin en 396. La lessive était un travail important, et fatigant, surtout au regard du chemin, très pentu. La lavandière utilisait un caboret ou carosse, pour être un peu plus à l'aise. A l'aide d'un pussoir ('pucheu' dans l'Avranchin), elle puisait l'eau, pour la mettre dans le cuvier. Le pussoir faisait 1,5l à Vengeons, le pucheu faisait 3l. Ce chaudron était chauffé, et recevait de la cendre de bois d'arbres fruitiers (de préférence). Le linge était battu au lavoir, puis placé dans le cuvier bouillant sur lequel on plaçait le charrier ou doublier, un gros drap de chanvre, pour éviter le contact direct entre la cuve et le linge. La lavandière tournait le linge avec un grand bâton ou de grandes pinces en bois. Ensuite le linge retournait au lavoir pour être rincé et essoré. A Vengeons, une femme profitait de l'aide de ses enfants pour ramener le linge sur le haut du village à l'aide d'une corde. La grande lessive avait lieu 2 à 3 fois par an. Et il fallait être plusieurs.
Dans le bourg de Vengeons, le bâti présente des lucarnes de différentes factures. On trouve des lucarnes à batière, qui avancent, des lucarnes rampantes, un versant, ou des lucarnes frontons. Il y a deux grandes familles de lucarnes : celles destinées à éclairer et aérer les combles, en tête de mur des façades, et celles destinées à dégager l'accès aux greniers, recoupant les façades.
La maison de Mme HALOT. Cette maison très ancienne, remarquer possède des volets intérieurs. Ceux-ci permettaient d'éviter d'ouvrir les fenêtres l'hiver, et de perdre de la chaleur. Dans cette maison, dans la cave, à la révolution, un prêtre réfractaire faisait la messe en cachette. En effet, à Vengeons, un prêtre avait prêté serment et le vicaire avait refusé. Vengeons ne s'est pas révolté spontanément lors de la révolution, en suivant les premiers chouans. Mais lorsque le sectarisme et les remises en cause de la religion apparurent, les habitants bougèrent. Des prêtres refusent de remettre leurs lettres de prêtrises, et certains se réfugient. Vengeons sera au centre des fronts de batailles chouannes de la région, entre Tinchebray, Vire, St Sever'et les troupes de Frotté y séjournent plusieurs fois.
Le Puits du bourg. Ce puits très ancien à la particularité d'être tout en haut de la colline, c'est une grande chance pour les habitants, qui ainsi n'avaient pas de trajet à effectuer pour les corvées d'eau. La croix juste à coté, très ancienne, était probablement située sur le haut du puits, car l'eau était mise sous la protection divine.
Les tombes du Commonwealth. Ces deux tombes sont les témoignages du passage du front sur la commune. Ces deux jeunes aviateurs de la Royal Air Force, âgés de 22 et 24 ans furent abattus par la DCA, à l'Anfrérie. Deux personnes ont été tuées lors de l'accident.
Le café les commerces L'ancien café de Vengeons a fermé il a peu de temps. Mais ce n'est pas le seul de Vengeons, car il y en avait plusieurs. Vengeons comptait plus de 1700 habitants, et les commerces étaient très nombreux. Voici un aperçu non exhaustif de tout ce qu'on pouvait trouver à Vengeons en 1900. Aujourd'hui, tout se situe à Sourdeval. Un boulanger, 3 épiciers, 1 charcutier, un boucher, un tabac. 6 sabotiers, 2 coiffeurs, 2 charpentiers, 3 fileuses, une repasseuse de coiffes, 2 brodeuses, 2 couturières, une tricoteuse. Les exploitations agricoles étaient modestes, de 5 à 10 hectares. Souvent les hommes avaient un deuxième métier : colporteur, étameur, marchand de cheveux' En plus des commerçants du bourg, un boucher venait le dimanche, un poissonnier de Sourdeval, par le train, et une fois par an, un marchand d'oignons de Bretagne.
Le circuit Textile. Les maisons « ouvrières » : des maisons, très simples, mais très fonctionnelles. Vengeons, avec ses 1710 habitants et 72 villages, comptait de nombreux ouvriers et artisans. Notamment dans le textile. La fibre pouvait y vivre tout son cycle, du cardage au papier chiffon. En effet, on pouvait recenser, en 1851, dans la commune : - 2 filassiers - 19 filassières - 42 fileuses - 17 tisserands (plutôt des hommes) - 15 tailleurs et couturières - 13 blanchisseuses - 10 brodeuses - 5 mercières - 5 marchands de chiffons - 6 papetiers'''soit 134 personnes travaillant dans le textile
Les clôtures de granit. Vengeons est implanté sur une crête granitique à l'extrémité est de l'utilisation des blocs de granit pour réaliser des clôtures. Ces pierres sont très lourdes, car il y autant de granit à l'extérieur qu'à l'intérieur de la terre. La forme des blocs est très caractéristique de cette région manchoise.
La poste et l'école. L'école se trouvait en face des maisons ouvrières, avant la guerre de 1914. Après 1918, elle fut déplacée au nord du centre bourg, tout comme la mairie. L'école jouxtait le mur du cimetière. La rue actuelle fut creusée après la guerre 39/45. Il y avait bien entendu deux écoles, une école de filles, et une école de garçons. Pour venir à l'école, les enfants venaient de jusqu'à près de 3 km (St Germain par exemple), par tout temps, toute l'année, même dans le noir et dans la neige. Les enfants emmenaient leur repas, fait de tartines de graisse, parfois d'un bout de lard, et de cidre. L'entraide villageoise existait. Une petite fille dont la mère était trop pauvre pour lui fournir son repas faisait la quête auprès des dames du village.
L'église. L'Eglise de Vengeons a subi de nombreux remaniements, dus aux aléas de l'histoire. La première date évoquée est 1222. La région dut être évangélisée au 4ème siècle, comme tout le Mortainais, et on évoque surtout St Germain d'Auxerre, qui parcourait la région dans les années 390. Le porche gothique est austère, il s'agit peut-être des vestiges d'un autre édifice, une autre église, ou d'une chapelle accolée. Son dallage est fait de pierres tombales du XVIème siècle, et des dessins étranges sont gravés sur les bancs. Les fonts baptismaux datent du XIXème siècle. La grande ogive a été remise en valeur par la suppression de la tribune qui la masquait. La chaire a été déplacée lors des travaux d'après 1944, car l'édifice a été éprouvé par des obus. La voûte précédente était peinte en bleu et parsemée d'étoiles d'or, comme on peut le voir encore dans la chapelle absidiale de Mortain, ce qui est typique du XIXème siècle. Il y avait un christ sur une poutre de gloire, mais elle a disparu. Les vases acoustiques. Sous la maçonnerie de la nef se trouvent des vases acoustiques. Ces vases sont sans doute en terre de Ger, et servaient à améliorer le renvoi du son lors des offices, avec leur ouverture vers l'intérieur de la nef. La statuaire. Au-dessus du maître autel se trouve une vierge couronnée, portant l'Enfant à la Colombe. Elle est en pierre polychrome, XV ème / XVI ème. Remarquer le c'ur de bronze doré, qui comporte le nom de tous ceux qui ont participé aux dépenses de la statue. De chaque côté se trouvent St Blaise, et St Germain. St Blaise était très vénéré, car il est dit qu'il guérit de tous les maux. Ces statues sont en bois, du XVIIIème siècle. Le retable du croisillon nord (fin XVIIème/début XVIIIème) comporte une vierge de pitié en pierre, du XV ème siècle. Le retable du croisillon sud (XVIIIème), présente une éducation de la vierge, en bois peint du XVIIIème. La pièce la plus remarquable de la statuaire est le martyr de St Blaise, bas-relief de pierre blanche. Le corps du St est nu, sa mitre rappelle qu'il est évêque. Il est attaché à un poteau, et de chaque côté, un bourreau laboure sa poitrine à coups de cordes. Il fut raccommodé en 1696, puis disparut, car la chapelle St Blaise et des « prétendues » reliques furent interdites par l'evêque. Il fut retrouvé en 1925 par le curé Danguy sous un lambris. La restauration n'avait pas été efficace. St Blaise a été torturé au temps de Dioclétien, au début du IV ème siècle. Il fut frappé par des peignes à carder, puis décapité. Ainsi il fut choisi comme patron des corporations des textiles, des tailleurs de pierres, et des médecins laryngologistes. Il a été sanctifié car il aurait sauvé un garçonnet qui s'étranglait avec une arête de poisson dans la gorge, en touchant le garçon avec deux cierges de la chandeleur. La fontaine St Germain a eu la réputation de guérir des maux de gorge. Les vitraux. Le vitrail de la nef date de 1970. Il représente St Michel touchant du doigt la tête de St Aubert, doutait de la véracité de son souhait de créer un monastère sur le Mont Tombe. Les cloches. Elles pèsent 3 tonnes, et datent de 1888. Elles s'appellent Vitaline Marie, Louise Elisabeth, et Léonie Marie. Les dalles funéraires. Elles sont nombreuses dans l'église. Elles sont dures, parfois impossibles à déchiffrer, car martelées à la révolution. Elles datent du 17 et 18ème essentiellement, et concernent des prêtres, notaires, marchands'
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