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 Information sur la ville de Tréguennec

Tréguennec est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Au lieu-dit de Prat ar Hastel se trouve un énorme mur de 2 mètre d'épaisseur sur 150 mètres. Ce sont les vestiges de l'usine à galets, bâtie en 1943, qui fabriquait le gravier pour une grande partie du mur de l'Atlantique. À ces vestiges s'ajoutent les ruines des trémies, des bâtiments du concasseur principal et les bunkers.

Aux alentours sont éparpillés des tobrouks, c'est-à-dire des puits à mortiers ou mitrailleuses, et des blockhaus pour Mg42.

Cet ensemble ressemble à une piste d'atterrissage sur une photo satellite 47° 52' N, 4° 21' W

Un cordon dunaire, long de 10 kilomètres est situé dans la Baie d'Audierne, entre Penhors et la pointe de la Torche. Il était initialement formée d'un cordon de galets, graviers et sable dont le sommet avoisinait la cote +8,00 en s'abaissant par endroit à la cote +7,00 par rapport au zéro des cartes marines de Penmarc'h. La largeur du cordon était de 50 mètres. Bien avant la seconde guerre mondiale, la fragilité de ce secteur avait été reconnue et un arrêté préfectoral de mars 1934 avait interdit toute extraction côtière sur le territoire de la commune de Plovan.

En 1943, les Allemands installent un camp TODT[1] à Tréguennec et procèdent à d'importantes extractions de galets dans le but fournir des matériaux de construction pour le mur de l'Atlantique. La base sous-marine de Lorient a été construite avec les galets de Tréguennec.

Le camp comprend une usine de stockage et de concassage de galets défini comme suit :

En fait, l'extraction a commencé en 1942.Sur le cordon dunaire, une pelle à câble WESERHUTTE, alimentée par un bulldozeur Caterpillar qui remontait les galets vers elle, emplissait des wagonnets. Ces derniers, tirés par la loco DECAUVILLE, suivant la voie ferrée de chantier qui remontaient de la plage jusqu'en haut du mur en béton. Du sommet, ils déversaient leur contenu dans cinq trémies filtrantes. Les plus petits galets, directement utilisable comme matériaux de construction, tombaient dans des wagons qui attendaient en bas. Les autres étaient stockés pour concassage. L'extraction effectuée sous l'occupation a été de l'ordre de 50 m3 par mètre courant. Le sommet du cordon dunaire ne s'est pas sensiblement abaissé mais l'emprise de la dune s'est retrouvée réduite de 50 à moins de 30 mètres en certains points.

Un rapide calcul permet de se rendre compte que 10 kilomètres de cordon dunaire sur lequel sont prélevés 50 m3 par mètre courant, donne 500 000 m3 de galets. Une masse moyenne des matériaux située entre 2,2 et 2,4 affiche un résultat qui permet d'affirmer que le prélèvement global sur le cordon dunaire se situe autour d'un million de tonnes.

Quimper est libéré en aout 44, Brest en septembre de la même année. Le camp de Tréguennec est abandonné par les Allemands. Les installations sont saccagés tant par l'ennemi que par les vols importants au moment de la libération. Le camp est récupéré par le gouvernement de l'époque. Le stock de galets laissé sur place est considérable[2] et l'état des installations est jugé suffisant pour permettre à peu de frais de le remettre en marche afin de satisfaire aux besoins considérable de la reconstruction. A Brest notamment, la remise en état des ouvrages portuaires, complètement démolis par l'ennemi, présente un caractère d'urgence pour les besoins vitaux du pays.

Il était impossible en effet de se procurer les matériaux concassés nécessaires dans les carrières du département, ces dernières ne pouvant déjà subvenir aux besoins des chantiers rails et routes. D'autres part, en raison de la présence du stock laissé par les Allemands sur le site de Tréguennec, une économie considérable pour l'État peut être réalisée, étant entendu que cette installation ne devait servir que jusqu'à l'épuisement du stock de galets extrait par l'occupant.

En janvier 45, quatre entreprises sont susceptibles de pouvoir remettre le chantier en activité :

En octobre 45, le projet de marché avec la société française du Vialit est soumis au ministère de la reconstruction. Dans le même temps Brest commence à manquer de matériaux. A Tréguennec, les travaux de remise en état du matériel, endommagé par les Allemands lors de leur départ, nécessite l'utilisation d'une quantité assez importante de métaux ferreux, demandant à être couvert par des bons-matière[3]. De plus, il faut récupérer du matériel provenant du camp TODT, entreposé par les FFI à l'école libre de Plonéour-Lanvern et transporté fin novembre 44 au parc d'artillerie de Lanniron à Quimper. (treuils, tapis, moteurs électriques, courroies) En février 46, le métré des deux réserves de galets récupéré sur le cordon dunaire durant l'occupation et laissé sur le site du camp de Tréguennec s'établit comme suit :

Le levé de plan ci-dessus montre les réserves impressionnantes de galets. Les tas s'étirent vers l'est jusqu'au chemin départemental. Ces réserves étant disposées de telle manière que le bunker situé du coté haut du camp puisse garder un maximum de visibilité.

En mai 46, le marché est signé avec la société française du Vialit. L'exploitation de concassage de Tréguennec doit produire une moyenne journalière de 150 tonnes de gravillons destiné principalement la reconstruction du port et de la ville de Brest. Une autre partie sera ventilé sur tout le département afin de remettre les chaussées en état. L'exploitation se fait uniquement sur le stock laissé sur place par les Allemands.

Les premières livraisons officielles pour Brest auront lieu au cours de l'été 46 à la gare du Relecq ' Kerhuon. Dans la même période, l'entreprise découvre des obus de 77 et de calibres inférieurs non éclatés dans les tas de matériaux. Le service de déminage dépêche deux PGA[4] munis de détecteurs, près de la pelle mécanique qui effectue le chargement. Quelques engins sont repérés et enlevés avant le concassage. En octobre 46, Tréguennec approvisionne en ballast le chantier de mise à voie normale de la voie ferrée Pont l'Abbé St-Guénolé. Parallèlement, certains établissements envisagent de s'installer dans la région pour créer un chantier de fabrication de poutrelles et hourdis précontraints afin de desservir les villes sinistrées de St-Nazaire à Cherbourg. Le problème est de savoir si une fois le stock épuisé, le chantier de concassage pourra continuer en exploitant ... le cordon dunaire.

Décembre 46, Tréguennec tourne à plein rendement. Il emploie 26 ouvriers qui travaillent 10 heures par jour, 6 jours sur sept. Mais la voie ferrée, sans entretien, commence à donner des signes de faiblesse. Face au chantier de Tréguennec se trouve une carrière non exploitée appartenant à la commune. il serait intéressant de pouvoir en tirer les matériaux nécessaires aux routes de la région car leurs remises en état nécessite la mise en oeuvre d'une importante quantité de pierre cassée et un apport provenant de cette carrière située en face des installations de Tréguennec serait le bienvenu. L'accord avec la mairie ne pourra se faire. En décembre 46, la SNCF rend son rapport : L'état de l'embranchement Pen-Enez Tréguennec est catastrophique par manque d'entretien. Grands nombre de traverses sont à changer rapidement, l'herbe pousse entre les rails et l'élagage des bords de voies devient très urgent . Le 28 février 47 un train de gravier déraille à 1 kilomètre de Pen Enez, le 6 mars la machine 230,404 déraille de 3 essieux dans le chantier. La remise en état sommaire sera faite en mai par la Société DUMEZ . Dans le même temps, Brest fait part de l'importance de ses besoins en gravillons, mais la production de ballast, déjà insuffisante pour alimenter le chantier de mise à voie normale de la voie ferrée Pont l'Abbé St Guénolé, ne pourra être suspendue qu'une fois l'entreprise parvenu à la gare du Guilvinec.

Eté 47, la reconstruction bat son plein. Les deux tiers du stock allemand sont épuisés. L'administration est face à deux choix : Arrêter le chantier et démonter l'installation après épuisement du stock, ou au contraire, poursuivre le concassage grâce à de nouvelles extractions de l'ordre de 80 000m3 sur le cordon littoral. Le rapport stipule que les besoins en matériaux pour la reconstruction sont immenses et que les carrières sont toujours dans l'impossibilité de faire face aux demandes. Il serait donc économiquement avantageux de poursuivre l'extraction, si le service maritime estime que ces prélèvements ne sont pas incompatibles avec la sécurité des régions voisines, car le cordon littoral est aussi un cordon de protection en maintes endroits. La réponse du service maritime est sans équivoque : L'extraction massive effectuée par les Allemands a eu pour effet d'affaiblir dangereusement la dune et tout nouveau prélèvement serait susceptible de causer sa rupture et d'entrainer la submersion des terres riveraines. L'exploitation s'arrêtera donc à l'épuisement du stock c'est-à-dire vers la fin de l'année 47. En septembre les travaux de mise à voie normale de la ligne Pont l'Abbé st-Guénolé se terminent. En octobre le concasseur tombe en panne sur une dizaine de jours et le stock de galets est épuisé début décembre. Il reste à épuiser les matériaux concassées.

Les grandes marées de février 48 auront raison du cordon dunaire en particulier la section de 2 km comprise entre le chantier et l'étang de Trunvel. Et le samedi 21 février 48, l'administration ferme officiellement le site.

L'ensemble des installations du site seront démontés et vendus par les domaines 20 mois plus tard, le 5 octobre 49 à 14h 30 au cours d'une « vente aux enchères verbales et soumissions cachetées ».

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets Rouges en 1675.


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