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 Information sur la ville de Suriauville

Suriauville est une commune française, située dans le département des Vosges et la région Lorraine. Ses habitants sont appelés les Suriauvillois.

Ferme des Evêques. Autrefois ferme d'Agéville, propriété des S'urs de Sainte Glossinde, elle fut vendue à la Révolution comme bien national. Au début du XXème siècle, elle devint un restaurant, agrémenté d'un golf, appelé Golf-Club de Contrexéville. Devenue ferme d'élevage après la seconde guerre mondiale, c'est aujourd'hui une résidence privée, pourvue de Gîtes.

Ferme d'Haudonville : cense détruite, appelée aujourd'hui La ferme brûlée, sur la route de Dombrot-le-Sec. Apparaît en 1186 sous le nom de Grangie Hadonisville.

Le village a été créé en 1255 par Huars de Beauffremont, seigneur de Bulgnéville, sur le flanc d'une colline orientée sud-est. Il se trouvait à proximité d'un autre village, plus ancien, nommé Agéville (ou Hagéville). On en trouve mention, sous le nom d'Hadianavilla et Hagianavilla, en 875, dans la charte de Louis de Germanie et de Metz. Il dépendait de l'abbaye de Sainte Glossinde de Metz. Il était situé au croisement de la voie nord-sud Corre-Soulosse et du chemin est-ouest Suriauville-Lignéville, et comportait une église paroissiale dédiée à saint Blaise, qu'utilisèrent les habitants de Suriauville.

La seigneurie de Suriauville appartint ensuite aux seigneurs de Bulgnéville et de Roncourt. Dans une requête du 21 mars 1578, les habitants de Suriauville demandent à être exempts de la contribution de bois destiné à chauffer les soldats de La Mothe. En effet, la puissante forteresse lorraine défendait tout le pays, il fallait bien contribuer à son entretien ; et Suriauville était bien pourvu en forêt !

La Lorraine était encore indépendante au début du XVIIe siècle, sous l'autorité du duc Charles IV de Lorraine, mais elle faisait beaucoup d'envieux, à commencer par la France avec Richelieu. Les sièges héroïques de 1634 et 1642 mirent à mal la forteresse de La Mothe, et celle-ci succomba en juillet 1645 : c'en était fini de l'indépendance ! Contrairement au traité signé, Mazarin ordonna la destruction complète de la ville (qui avait compté jusqu'à 3000 habitants), et ses habitants se dispersèrent dans les villages environnants. Il fallut attendre 1766 et la mort de Stanislas pour que la Lorraine devienne définitivement française, il y a deux siècles et demi seulement !

1645 correspond aussi avec la guerre de Trente Ans (1628-1658) qui fit tant de ravages en Lorraine. Et Agéville, le village voisin, fut précisément rayé de la carte (« ruiné », dit le Pouillé de Toul en 1749) vers 1634 par les Suédois. La chapelle Saint-Blaise d'Agéville fut rasée ; les habitants de Suriauville se retrouvèrent donc sans lieu de culte et la construction d'une église à Suriauville fut entreprise. Dans le Pouillé de Toul de 1711, on dit : « on a bâti une église à Suriauville pour la commodité des paroissiens qui étaient obligés d'aller à Hagéville ». Il est possible qu'il y ait eu auparavant, à Suriauville, une chapelle dédiée à Notre-Dame, mais nous n'en avons pas trouvé confirmation. Les registres paroissiaux de Suriauville démarrent en 1686.

Les Cahiers de doléances sont des registres où l'on notait les voeux ou plaintes des citoyens, et qui étaient destinés aux représentants du peuple. Les Cahiers de doléances de Suriauville, rédigés en 1789, sont particulièrement éloquents, et représentatifs quant aux préoccupations des Français de la campagne en cette fin du XVIIIe siécle.

Après la Révolution, les guerres du Consulat et de l'Empire déciment une partie de la jeunesse. Suriauville, comme les autres villes du département, participe activement à l'effort de guerre ; le département des Vosges étant le premier à payer ses contributions, son nom est donné à la place Royale de Paris en 1800 (26 fructidor an VIII): la place des Vosges.

Le village de Suriauville prospère au XIXe siècle, sa vocation agricole se confirme : au milieu du siècle, Suriauville a près de 600 habitants. Une grande partie travaille aux champs, et il existe de nombreux artisans ou métiers aujourd'hui disparus : repasseuse, forgeron, dinandier, etc.' La guerre de 1870 voit les Prussiens passer ici, les anciens en parlaient des années plus tard avec effroi !

Des changements importants se profilent, aussi bien dans les paysages que dans les activités du village. Ainsi, à proximité, les eaux de Contrexéville attirent beaucoup de « curistes » et, surtout, une usine d'embouteillage est construite, qui emploiera beaucoup d'ouvriers, tout comme celle de Vittel. Suriauville devient peu à peu un village ouvrier, en parallèle avec sa vocation agricole qui ne se dément pas.

La guerre de 1914-18 fait beaucoup de ravages dans la population : 22 jeunes hommes y laissent la vie, ce qui est considérable pour un village de 300 âmes ! Les hôtels de Contrexéville sont transformés en hôpitaux, les femmes sont aux champs, on survit. A la fin de la guerre, en 1920, on inaugure le monument aux morts où sont gravés les noms des disparus. Des familles entières sont décimées, on compte beaucoup d'orphelins, mais la vie reprend. Jusqu'à la guerre 1939-1945 qui voit cette fois Suriauville perdre ses forces vives, emmenées en Allemagne comme Prisonniers de guerre ; cinq longues années de captivité qui laisseront beaucoup de traumatismes (les derniers prisonniers sont rentrés en septembre 1945). Un seul enfant de Suriauville perdra la vie lors de cette guerre. Si les Allemands sont présents pendant toutes ces années, la résistance ne s'en fait pas moins vive pour autant, les maquis ' comme celui de Grandrupt - les harcelant de plus en plus en 1943 et 44. Le 11 août 1944, un avion de chasse américain, piloté par le lieutenant Franck Michela, du 355e Ftr Sqn, est abattu au-dessus de Suriauville, dans le bois des Noves. La Libération de Suriauville est effectuée par la Division Leclerc, le 11 septembre 1944 ; et le général Leclerc passe la nuit au village, au café Desgranges, face à l'école.

La seconde moitié du siècle voit l'agriculture continuer son déclin, puisqu'il ne reste que dix exploitations à la fin des années 90, l'essentiel des travailleurs exerçant à l'extérieur. Et le village, descendu au-dessous de 180 habitants, a entrepris de faire remonter sa population, grâce à quelques constructions et futurs lotissements. Ce qui ne permettra pas pour autant de rouvrir l'école communale, fermée dans les années 80, faute d'effectifs.

Mines de houille : un décret impérial du 2 mars 1859 « accorde au sieur MARX (Jean-François) la concession de mines de houille » sur le territoire de Suriauville et des communes environnantes. Cette concession prend le nom de « concession de Suriauville ». Elle sera active jusqu'au début du XXème siècle, puis mise en sommeil. Un arrêté ministériel du 29 juin 1923 déclare la déchéance de la Société propriétaire. Elle sera réactivée temporairement pendant la seconde guerre mondiale.

Forêt d'exploitation. Pâturages, polyculture, vergers. Travail du bois (scierie et menuiserie). Centre équestre et élevage de poneys.

Aujourd'hui subsistent une dizaine de fermes d'élevage (polyculture). Les vignes ont pratiquement disparu, l'artisanat également ; la majorité de la population travaille dans les usines d'embouteillage de Contrexéville et Vittel.

Sur le territoire de la commune de Suriauville, sont captées deux sources d'eau : un forage d'eau potable sert à la consommation des habitants de Contrexéville ; l'autre, d'eau minérale naturelle, est utilisée par Nestlé Waters.

Plusieurs tumulus gaulois parsèment les forêts de Suriauville; les nombreux objets qui y ont été trouvés sont exposés au Musée National de Saint-Germain-en-Laye (vitrine n° 9 : bracelets d'anthracite et de bronze) et à celui d'Épinal. Dans le bois David, à la limite de Dombrot-le-Sec et Crainvilliers, ont été découvertes trois tombes mérovingiennes. Et, plus récemment, dans le bois des Noves a été trouvée une épée, datée sans doute du XIVème siècle.

La construction de l'église a eu lieu après la guerre de Trente Ans, quand Agéville fut détruite, donc vers 1670. Si l'on en croit le Pouillé du Barrois (1749), Suriauville avait un curé depuis la fin du XVII° puisqu'il percevait 1/6 de la dîme ; il était nommé par l'Abbaye de Sainte Glossinde, qui entretenait l'église et fournissait ornements et vases sacrés. En 1672, le curé se nomme Jean Duhamel, puis Contal en 1699 et Caussin en 1703.

On retrouve trace du curé de Suriauville au début du XIX° siècle, avec l'abbé François. Joseph-Philippe François (1765-1843), dirigé vers la prêtrise par son oncle, l'abbé Prélat, fit partie de ces prêtres émigrés, chassés de France par la Révolution. Il exerça de 1797 à 1800 près de Mayence, et ne rentra en France qu'en 1803, pour être nommé curé de Suriauville le 15 mars de cette année. C'était sa première paroisse, et il espérait que ce serait la dernière. Il avait acheté quelques propriétés, entre autre plusieurs vignes. Apprenant en janvier 1807 sa prochaine nomination à Vrécourt, il écrivait au vicaire général : « S'il dépendait absolument de moi d'opter entre les dessertes de Suriauville et de Vrécourt à laquelle vous venez de me nommer, mon choix serait bientôt établi, je resterais à Suriauville par inclination, tandis que je n'irai à Vrécourt que par devoir ». Une des raisons que l'abbé François alléguait pour demander qu'on le laissât à Suriauville, c'est que cette commune était en marché pour acheter une maison curiale.

Les curés se succédèrent à Suriauville jusqu'à la fin du XX° siècle ; le curé Mathieu fit un long séjour, de plus de 50 ans, parmi ses paroissiens. Lui succéda l'abbé Mougenot jusqu'en 1965. Mais bientôt, il n'y eut plus de curé attaché à la paroisse, seulement des prêtres la desservant et regroupés à Vittel.

Sources : http://cassini.ehess.fr - http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/psdc.htm


Origine du texte :Wikipédia Licence publiée sous licence GNU FDL La liste des auteurs est disponible sur cette page. La version originale est disponible sur cette page.

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