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 Information sur la ville de Saint-Malo

Saint-Malo est une commune de France métropolitaine, située dans le département d'Ille-et-Vilaine (région Bretagne).

Saint-Malo est un port de mer situé sur la Manche, à l'embouchure de l'estuaire de la Rance. Ce bras de mer qui se transforme en rivière est délimité par l'usine marémotrice du barrage de la Rance côté mer et par la ville de Dinan côté terre (à 18 kms de là).

L'accès au port de Saint-Malo est protégé par de nombreux récifs et brisants immergés à marée haute, par des tombolos sous-marins (visibles aux marées basses de vives eaux), par des îles ou îlots dont beaucoup furent fortifiés aux XVIIe et XVIIIe siècles (Cézembre, Fort Harbour, le fort de la Conchée, le Grand Bey et le Petit Bey, l'Islet du Fort National).

La ville intra-muros (le Saint-Malo historique) fut entourée de remparts construits et reconstruits du XIIe au XIXe siècles, auxquels les architectes Vauban et Siméon de Garangeau adjoignirent les fortifications insulaires. Une spécificité des remparts de Saint-Malo est qu'ils sont posés sur le rocher qui supporte la ville intra-muros et ne tiennent que par le poids des pierres empilées.

Saint-Malo gouverne le Clos-Poulet (nom issu de Pou-Alet, du latin Pagus Aleti, le pays d'Alet) qui est délimité par la Rance, la Manche et la dépression de Châteauneuf. La ville fait face à Dinard. Cancale conclut à l'est la côte du Clos-Poulet, composant une partie de la Côte d'Émeraude inspirée du modèle de la Côte d'Azur.

Aujourd'hui, la commune inclut aussi les anciennes communes de Saint-Servan et de Paramé avec lesquelles elle a fusionné en 1967.

Les marées de la baie de Saint-Malo sont les plus fortes d'Europe. En Manche Ouest, l'ampleur de ces phénomènes y est en effet accentuée par la concentration des eaux au coeur d'une énorme baie triangulaire, entre Bretagne et Cotentin.

Au maximum, le marnage (amplitude entre marée basse et marée haute) peut y atteindre 14 mètres ( ! ), soit plus du double du marnage ordinaire en Atlantique.

C'est pour cette raison que le barrage de l'usine marémotrice fut construit précisément sur la Rance (l'autre option étant la baie du Mont Saint-Michel) au début des années 1960.

Reginca (nom gaulois à l'origine de celui de Rance), située à l'emplacement de la moderne Saint-Servan (cité d'Aleth) à l'embouchure de la Rance, était le principal centre maritime des Coriosolites. Ce peuple armoricain étendait son contrôle sur un territoire allant de la baie de Saint-Brieuc à la baie du Mont Saint-Michel et suivant au sud le cours de l'Oust et de la Vilaine. Il participa à plusieurs alliances gauloises anti-romaines en 56 et 52 av. JC, sans succès.

Pour les contrôler et éviter les liens transmanche avec les peuples bretons alliés aux Gaulois, les Romains imposèrent aux Coriosolites une capitale dans les terres, à Corseul. Un incendie met fin pour l'essentiel à l'occupation du site d'Alet (sauf pour les activités portuaires indispensables qui sont maintenues), au profit de la nouvelle Corseul/Fanum Martis. À la fin du IIIe siècle, l'insécurité générale en Gaule et surtout sur la Manche mena l'administration impériale à fortifier le port d'Alet, qui bénéficiait d'une situation avantageuse en surplomb de 35 mètres au-dessus du niveau de la mer et formant vers l'intérieur de la Rance une anse bien abritée (l'actuel port Solidor). À la fin du IVe siècle (vers l'an 368 '), un des deux cantonnements de la légion des Martenses rejoint Alet (l'autre étant en Germanie à Altrip), selon la Notitia dignitatum. Un préfet militaire y commandait autour de 300 légionnaires. Corseul demeurait cependant le chef-lieu administratif de la cité des Coriosolites. Alet était alors le principal port armoricain de la Manche entre Brest et le Cotentin. De nombreuses traces archéologiques, dont des portions en élévation des murailles du IIIe siècle, en attestent encore de nos jours.

A la même époque, la future Saint-Malo n'était qu'un îlot inhabité, sinon par quelques pêcheurs.

A l'exemple des Bretons, les Armoricains se libèrent de l'administration romaine vers 420, au départ des Martenses. Alet se dépeuple alors fortement, du fait de ce départ et des incursions de pirates Frisons et Saxons qu'elle rendait plus faciles. C'est à ce moment que se place l'immigration bretonne qui se serait faite sur une côte dépeuplée selon les vitae des saints bretons. Cette immigration massive changea la composition ethnique et linguistique de la cité des Coriosolites, mêlant Bretons et Gallo-Romains. Elle perturba l'organisation des cités gallo-romaines au point qu'il n'y eut pas au {{Ve siècle}} d'évêché chez les Coriosolites et les Osismes alors qu'il en avait été créé chez les Vénètes Vannes, Namnètes Nantes et Riedones Rennes.

La vita latine de St Malo (MacLeod, Maclaw ou Maclou), composée vers l'an 870 par le diacre Bili à Alet, le fait naître vers l'an 510 à Llancarfan dans le royaume breton de Gwent (au sud de l'actuel Pays de Galles). Filleul et disciple de St Brendan, il le suivit dans ses voyages légendaires aux îles Fortunées. Accompagnant la migration bretonne de la Grande vers la Petite Bretagne, il débarqua à Cézembre (alors avant-port d'Alet) puis rejoignit vers 538 l'ermite breton Aaron sur le rocher sur lequel celui-ci s'était retiré à l'abri des tentations du monde. Cet îlot appelé Canalch (Canalchius insulae) ou rocher d'Aaron, devint le rocher de St Malo à la mort de St Aaron en 541. Malo l'aurait alors quitté pour rejoindre la cité d'Alet à quelques centaines de mètres de là. Il en aurait été élu évêque en 590. Mais entré en conflit avec les Aletins, Malo quitta la ville pour Saintes où il mourut un 15 novembre vers l'an 621. Ses reliques furent translatées en 672 à la cathédrale d'Alet et à l'hermitage de St-Aaron. Lors de l'invasion normande au X° siècle elles furent transportées à Paris puis à Montreuil-sur-Mer avant d'être dispersées.

Historiquement, un siège épiscopal n'est attesté à Alet qu'au {{VIIIe siècle}}, avec les évêques Haelocar, Ermor, Iarnwalt, Maen, Salocon (eh oui), Rethwalatr, Ratuili... Ces noms, tous bretons, indiquent qu'Alet est alors en zone bretonnante.

En 575, le prince domnonéen Judual aurait reconstruit Alet. À la fin du VIIe siècle, le chef breton Cadgualon vint y chercher assistance contre les Saxons, témoignant de l'importance de la ville à cette époque. Au Xe siècle, l'historien arabe Ibrahim B'Ya'Qub parle du port de krmalh, ce qui nous indique que le nom de Ker Malo commençait à se substituer à celui d'Alet. La ville est pourtant nommée en divers textes Quidalet, contraction de Civit(as) Alet. Les assauts normands de 878, 919, 931, 963 ruinèrent la ville durablement, comme en atteste le roman de Brut.

Fut-ce pour cette raison que le dernier évêque d'Alet Jean de Châtillon, dit Jean de la Grille, transféra le siège du diocèse d'Alet vers l'île de Saint-Malo entre 1146 et 1152 ' En tout cas, il y trouva l'église que les moines bénédictins y avaient construit, et la leur prit. On ne sait si l'arrivée de l'évêque précède ou suit la première urbanisation de Saint-Malo.

Alet perdit beaucoup avec ce transfert. Elle devint un quartier de Saint-Servan. Les ruines de sa cathédrale sont encore visibles, à la Cité.

L' évêché de Saint-Malo était l'un des « neuf évêchés » de Bretagne.

Sa position stratégique en fit un objet de conflit entre la Bretagne et la France.

En 1394, le pape Clément VII cède la ville au roi de France Charles VI.

1415 voit le retour de Saint-Malo à la Bretagne.

Elle fut annexée en 1493 par Charles VIII.

- Les îles Malouines ( Atlantique Sud, au large de l'Argentine ) furent appelées ainsi en l'honneur des nombreux équipages de Saint-Malo qui y faisaient escale avant le passage du cap Horn vers le Pacifique.

- Saint-Malo fut un port corsaire actif, spécialisé dans la guerre de course contre les vaisseaux anglais et hollandais qui croisaient en Manche.

Première ville de France ayant développé un centre pionnier de Thalassothérapie ( thermes marins, soins fondés sur l'administration de bains d'eau de mer sous différentes formes ) et accueillant plusieurs lignes de ferries vers l'Angleterre et les îles Anglo-Normandes, Saint-Malo vit beaucoup de son port et du tourisme tout au long de l'année.

Le Mont-Saint-Michel très proche en fait un port d'arrivée pour explorer la région ( Trains TGV à trois heures de Paris | Paquebots de croisière ).

En août 1944, les colonnes américaines se dirigeant vers Brest pour en détruire la base sous-marine furent bombardées par l'artillerie allemande de Saint-Malo.

Décidés à ne pas risquer la vie de leurs boys, pressés d'en finir avec le Festung Saint Malo pour se ruer sur Brest, échaudés par les nombreuses pertes essuyées quelques jours plus tôt sur l'autre rive de la Rance, les Américains pilonnèrent préventivement la ville historique avec des bombes incendiaires au phosphore, et ce bien que la garnison allemande qui y stationnait y fût très réduite ' 70 hommes, affectés à la DCA ' et que l'armée américaine en fût informée par la Résistance.

Saint-Malo fut presque totalement dévastée par les incendies qui s'ensuivirent ' 80% des meubles, immeubles, archives, biens personnels.

Nota Bene : une version popularisée immédiatement prétend que cette destruction aurait été due au fait que, les résistants ayant avisé les Américains que les Allemands se tenaient dans leurs bunkers de Cézembre (le nom d'une île au large) et de la Cité (le nom d'un quartier de Saint-Servan), les Américains crurent que le mot Cité désignait le c'ur de la cité (en anglais the city) de Saint-Malo et la bombardèrent en conséquence.

Saint-Malo a été presque entièrement reconstruite selon un plan proche de l'originel (excepté quelques tributs à la circulation automobile et à la salubrité) sous l'impulsion de son maire Guy La Chambre (Malouin et ancien ministre d'État), des architectes Louis Arretche et Raymond Cornon, de ses habitants, du ministère de la Reconstruction et grâce à des dons nombreux venus du Québec, sur une période de 12 ans (1948-1960).

Nous devons les premiers plans de la reconstruction de Saint-Malo intra-muros à Marc Brillaud de la Laujardière (grand prix de Rome).

La question était alors : faut-il redonner à l'intra-muros ses fonctions du passé ' (centre administratif, hospitalier, scolaire et commercial). Or, il est impossible de restituer les anciennes rues dans un tel contexte (cas de reconstruction difficile).

En décembre 1944, Marc Brillaud propose un plan qui modifie totalement le tissu urbain et prévoit plusieurs grandes percées, en particulier celles qui joignent les portes à la cathédrale. Les bâtiments administratifs sont regroupés autour de la cathédrale ; par ailleurs, il modifie les rues qu'il élargit jusqu'à 8 m et évacue l'hôpital hors de l'intra-muros puis il fournit une première esquisse pour les façades des immeubles, limite leur hauteur à trois étages plus un comble habitable dans les toits. Les façades sont d'un style très sobre qui évite le pastiche des styles historiques. L'ensemble de ce dispositif est validé en 1946 et approuvé par le ministère.

À ce moment, les choses vont traîner à cause de la situation du pays. Du coup, la polémique s'installe et, en février 1947, l'association des sinistrés de Saint-Malo réclame un style malouin en arguant que ce style doit s'harmoniser avec ce qui reste du passé (remparts et château) et doit s'adapter à la vie moderne. Les sinistrés contestent en particulier la politique des MH (Monuments Historiques) et demandent à ce que les façades commerciales de bois soient autorisées dans l'intra-muros.

A cette période, Marc Brillaud quitte Saint-Malo car il est appelé par le ministère à d'autres fonctions à Caen. Il sera remplacé par Raymond Puthomme qui ne parviendra pas à s'imposer. Les Malouins demandent que la reconstruction soit confiée à Yves Hémar, un architecte malouin connu pour la construction de villas balnéaires ; cependant, il n'est pas retenu pour la totalité des travaux. On lui préfèrera Louis Arretche, (grand prix de Rome), architecte important de l'après-guerre. Louis Arretche reprendra les esquisses de Marc Brillaud en précisant : « la réussite de la reconstruction dépend avant tout du profil et de l'aspect des quatre façades maritimes et portuaires de la cité » de Saint-Malo, rare ville française qui peut se découvrir d'un même regard et sur tous les côtés. « Restituer prioritairement les quatre grandes façades de la ville afin de lui donner sa silhouette antérieure et de déterminer le gabarit du vaisseau' » Arretche va conserver les profils de la cathédrale, du château' suivant la volonté de Raymond Cornon. Ce sont ces bâtiments qui fixent les lignes maîtresses du volume d'ensemble. À l'intérieur, la reconstruction des immeubles va être marquée par une beaucoup plus grande liberté. La mairie est dans le château, l'Hôtel-Dieu et la prison hors des murs, ce qui libère une grande surface au sol. Arretche élargit les rues, remembre les commerces et prévoit une hauteur supérieure à trois étages (5 ou 6 niveaux). Il utilisera l'îlot fermé (pâté de maisons avec cour intérieure). Les façades des immeubles sont construites sans éléments somptuaires en jouant uniquement sur le décrochement avec, exceptionnellement, des terrasses pour protéger les commerces. La pente des toitures sera à 50 et 60° ; le choix des matériaux imposés sera du granit et de l'ardoise sans oublier le béton brut de décoffrage'

En Juillet 1948, la ville est décorée de la Légion d'honneur et de la Croix de Guerre 1939-1945. On retrouve ces décorations sur les armoiries de la ville.

La stagnation du nombre de ses habitants après la guerre a amené Saint-Malo à fusionner en 1967 avec deux communes limitrophes, Paramé et Saint-Servan-sur-Mer, malgré la vieille rivalité entre Saint-Servan et Saint-Malo. Le nom de Saint-Malo a été appliqué à l'ensemble.

La ville est le chef-lieu de deux cantons :

Saint-Malo est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie du Pays de Saint-Malo. Elle gère le port de commerce, de pêche et de plaisance de Saint Malo ainsi que le port de pêche de Cancale, la cale du Bec de la Vallée et l'aéroport de Dinard Pleurtuit Saint-Malo. Il gère l'espace Duguay-Trouin qui permet d'organiser des salons. C'est aussi le premier (historiquement) port de pêche des araignées de mer.

Saint-Malo est un port de commerce actif, il est classé d'intérêt national. En 2000, il se situait au 16ème rang, à égalité à l'époque avec Brest.

C'est aussi la neuvième criée régionale et un port de plaisance.

Bien situé régionalement, il lui manque néanmoins quelques atouts, sa situation en centre-ville le limite dans la réception de matières dangereuses et le fort trafic touristique perturbe l'approche de ses installations. Son accès est aussi rendu difficile par l'amplitude des marées.

Le port ferry (terminal du Naye) reçoit les navires Brittany Ferries, Condor Ferries et hd ferries.

Saint-Malo était jusqu'en 2005 ville d'art et d'histoire.

Saint-Malo est le lieu de naissance de :

Blason de la ville de Saint-Malo redessiné en 1949 par Robert Louis:

Port-Louis, capitale de l' Ile Maurice

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