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 Information sur la ville de Saint-Jean-le-Thomas

Saint-Jean-le-Thomas est une commune française, située dans le département de la Manche et la région Basse-Normandie.

Par l'extérieur et l'intérieur, on peut retrouver la marque des onze siècles d'histoire de l'église, de ses remaniements et cicatrices... Une visite s'impose :

Par Cyrille Billard, Vincent Bernard, André Bouffigny, Sophie Quevillon Avec la collaboration de Benoît Clavel, Isabelle Billeaud, Jean-Pierre Lautridou, Alain L'Homer, Bernadette Tessier

Comme tous les grands estuaires européens, la Baie du Mont-Saint-Michel offre un patrimoine archéologique spécifique et spectaculaire. Elle le doit à plusieurs particularités liées à un environnement exceptionnel. En premier lieu, elle le doit à la richesse des ressources littorales telles que le poisson et le sel. Elle le doit également à des conditions géologiques rarement rencontrées : d'une part, une sédimentation continue pendant toute la durée de l'Holocène récent (depuis 6.300 ans avant JC), et d'autre part, à l'omniprésence de l'eau, qu'il s'agisse de l'eau douce de la nappe phréatique ou de l'eau salée apportée par le battement des marées. Par la qualité de la conservation des vestiges au sein de sédiments fins vaseux ou sableux, les sites dits « en milieu humide » constituent une des priorités actuelles de la recherche archéologique.

Les recherches archéologiques récentes réalisées dans la partie sud de la Baie se sont portés sur l'activité de briquetage aux époques gauloises et gallo-romaines (Bizien-Jaglin, 1995), ainsi que sur l'occupation de la Butte de Lillemer et de son marais vers 4000 ans avant JC (Laporte et al., 2003). Nous évoquerons ici le travail en cours sur la partie nord-orientale qui porte principalement sur les vestiges d'anciennes pêcheries fixes.

Les pêcheries du nord-est de la Baie En 2003, nous avons lancé un programme de recherche visant à étudier les installations anciennes sur le domaine maritime*. Ce projet a montré l'état général de conservation exceptionnel de ce type de sites. La zone nord-est de la Baie (secteur de Saint-Jean-le-Thomas - Champeaux) constitue à cet égard un véritable laboratoire d'étude pour les anciennes pêcheries. Grâce à une faible exposition à la houle du nord-ouest et à des dépôts de sédiments très fins, les vestiges de ces sites ont pu être remarquablement conservés, même s'ils sont aujourd'hui largement menacés par l'érosion littorale.

Les travaux sur la zone intertidale ont été menés dans des conditions difficiles. Ils ont jusqu'à présent comporté des relevés topographiques, l'étude du contexte sédimentaire de cette zone, des campagnes d'échantillonnage des bois, des fouilles et des travaux d'analyse (étude des bois et des restes de poissons, datations C14).

Les sites découverts se partagent en 3 grands ensembles : -au sud, des pêcheries en bois du début du Bronze ancien (vers 2000 ans avant JC en date calibrée) -au nord, des pêcheries médiévales mêlant digues de pierre et palissades en bois -au centre, un ensemble de structures circulaires en pierres (avec parfois des pieux de bois), non datées et probablement également liées à la pêche.

Ce projet de recherche est cofinancé par le Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC-service régional de l'archéologie) et le Conseil Général de la Manche. Le Groupe de Recherches Archéologiques du Cotentin assure la gestion de ces moyens.

Une grande partie des travaux de fouille a principalement porté sur le site de la pêcherie de la Plage de Pignochet à Saint-Jean-le-Thomas (Manche), qui est aujourd'hui l'une des plus anciennes installations de ce type en Europe. Il revient à Alain L'Homer d'avoir découvert ce site dans les années 1970 et d'en avoir fait une première étude avec la collaboration d'A. Petra.

Vers 2000 ans avant JC, la mer a atteint temporairement un niveau moyen relativement proche de l'actuel dans un contexte transgressif. S'installant dans une zone traversée par des chenaux de marée, les hommes ont alors construit sur l'estran une vaste installation en bois, couvrant près de 2 hectares et destinée à piéger les poissons. Découverte dans un état de conservation exceptionnelle, elle est constituée d'alignements de pieux : au centre, deux structures fermées en bois, en périphérie des alignements rayonnants. Chaque alignement supportait un entrelacs de gaules, tandis que des branches très fines, des herbacées ou des tiges de fougères protégeaient fréquemment la base de ces haies, fortement exposées à la houle, et qui nécessitaient un entretien permanent.

L'un des aspects les plus spectaculaires du site réside également dans la présence de multiples renforts obliques étayant les palissades, qui devaient s'élever à un minimum de 1,50 m de hauteur.

Les principales essences ayant servi à la fabrication des pieux sont l'aulne, le saule, le frêne, le noisetier, plus rarement le chêne. L'analyse des éléments issus de la fouille des premiers sondages permet également une approche de l'approvisionnement en bois de clayonnage composé surtout de noisetiers, mais également de saules et de genêts.

Les nombreux chenaux qui traversent l'installation semblent avoir eu une fonction importante. Le principe de piégeage des poissons semble toutefois plus complexe que les pêcheries actuelles. La connaissance de l'environnement du site a considérablement progressé grâce, d'une part, à une collaboration étroite avec les géologues et géomorphologues travaillant sur le site. Une première typologie des faciès lithologiques sur la zone intertidale actuelle a ainsi été dressée. Les objectifs principaux de cette analyse sont de mesurer l'éloignement du site par rarapport à la côte, d'identifier les multiples chenaux qui ont sillonné l'estran et de les dater par rapport à la période de fonctionnement de la pêcherie.

La fouille de multiples secteurs a été riche d'informations techniques, aussi bien sur les dispositifs de protection du pied de haie que sur les modes de clayonnage. L'élévation de clayonnage conservée grâce à une chape de tangue peut ainsi atteindre une cinquantaine de centimètres. Le passage de petits chenaux de marée traversant des haies de clayonnage peut être identifié en surface par la présence de nombreux galets de tangue ou de graviers. Les aménagements découverts évoquent plusieurs zones « pêchantes » et la possibilité de barrer le chenal par un filet ou bien une grande nasse. L'érosion active a permis l'observation de nombreuses empreintes de pas humains bien visibles, ainsi que des zones de circulation de bovidés. Les objets archéologiques rencontrés sont rares et souvent sans rapport avec ceux que l'on trouverait sur un site d'habitat : peson de filet en terre cuite, copeaux de bois, liens torsadés en branches de noisetier, outil en bois de cerf emmanché destiné à fendre du bois. Les restes de poissons sont fréquemment piégés en pied de haie : le tamisage des nombreux prélèvements a permis la collecte d'un grand nombre d'écailles, de quelques éléments de rachis et de crâne actuellement en cours d'étude.

La pêcherie en bois de la plage Saint-Michel est situé environ 500 m au nord de la précédente et utilise le même vaste système de chenaux de marées. Cette pêcherie en bois, découverte plus récemment, a globalement une forme en V dont l'angle est très ouvert vers le nord-ouest. Elle est indiscutablement implantée dans un ancien paléochenal colmaté. À la pointe du dispositif, la ligne de pieux s'interrompt pour faire place à un aménagement qui a été partiellement fouillé. Le long des pieux est apparue une trame de fines gaules de noisetier entrelacées sur une armature de piquets épointés. Ces piquets sont répartis tous les 20 cm en moyenne et forment un véritable panneau de clayonnage autonome, fixé sur la face aval de la haie.

L'existence de panneau de clayonnage mobile est pour la première fois attestée dans notre zone d'étude. Ce dispositif est connu dès le Néolithique final et a été employé jusqu'à quasiment aujourd'hui sur les pêcheries en bois de la façade occidentale du Cotentin. Cette installation semble contemporaine de l'ensemble de la plage de Pignochet.

Au sud de la falaise qui forme la limite du massif de Carolles, figure un vaste complexe de digues de pierres en forme de V, couvrant près de 12 hectares. Cet ensemble spectaculaire et visible du haut de la falaise émergeait des sédiments estuariens dans les années d'après-guerre. Complètement envasé, il n'est réapparu à A. L'Homer et A. Petra qu'en 1992 par l'effet de l'érosion littorale. Catherine Bizien-Jaglin a survolé ces pêcheries en septembre 2000 et en fait état pour la première fois en 2001. Le premier indice de l'ancienneté de cet ensemble est fourni de manière très indirecte, dans la charte de fondation de l'abbaye de la Lucerne en 1162, qui mentionne que le seigneur Guillaume de Saint-Jean fit don, à Saint-Jean même, d'une pêcherie ainsi mentionnée : « la place d'une pêcherie à la mer et toute la dîme de toutes les pêcheries et des seiches venant de la pêche en bateau ». Rien n'indique toutefois qu'il s'agisse du même groupe de pêcheries.

Une première datation C14 réalisée sur un échantillon provenant d'un pieu de chêne situé au sein d'une des digues les plus anciennes du site a donné environ 700 après JC. Il apparaît donc que, dans ce cas précis, des travaux de restauration et d'entretien plus récents n'ont pas fait disparaître les vestiges de l'installation primitive. Le relevé général des vestiges est en cours grâce à un appareil GPS différentiel.

Faute d'un intérêt suffisant pour le patrimoine fluvial et maritime, l'archéologie des pêcheries a connu un retard considérable en France, particulièrement pour la zone littorale. Pourtant le poisson en estuaire offre l'une des plus grandes densités de nourriture dont puissent disposer les sociétés traditionnelles.

Ailleurs en Europe, particulièrement dans les Îles Britanniques, les données accumulées sur cette activité sont très nombreuses depuis une vingtaine d'années. Elles ont été possibles principalement dans les grands estuaires qui offrent des conditions très protégées, comparables à celles de la Baie du Mont-Saint-Michel, qui sont uniques sur le littoral français.

BIZIEN-JAGLIN C., 1995 ' Les sites de briquetage de la zone du Marais de Dol dans leur contexte sédimentaire. In « Baie du Mont-Saint-Michel et Marais de Dol », Centre Régional d'Archéologie d'Alet, p. 67-80.

LAPORTE L., BERNARD V., BIZIEN-JAGLIN C., BLANCHET S., DIETSCH-SELLAMI M.-F., GUITTON V., GUYODO J.-N., HAMON G., MADIOUX P., NAAR S., NICOLLIN F., NOSLIER A., OBERLIN C., QUESNEL L., 2003 ' Aménagements du Néolithique moyen dans le Marais de Dol, au pied de la butte de Lillemer (Ille-et-Vilaine) : les apports d'un programme de prospection thématique. Revue Archéologique de l'Ouest, 20, p. 127-153.

L'HOMER A., 1995 ' Les vestiges de la pêcherie en bois de Saint-Jean-le-Thomas datant de l'âge du Bronze. In « Baie du Mont-Saint-Michel et Marais de Dol », Centre Régional d'Archéologie d'Alet, p. 111-118.

Dwight David Eisenhower à Saint-Jean-le-Thomas du 19 août au 29 septembre 1944 . Alors qu'il commandait les forces alliées de Méditerranée, le général Eisenhower est nommé, le 12 février 1944, commandant suprême des forces expéditionnaires alliées. Il se rend en Angleterre pour mettre au point le débarquement et établit son quartier général à Londres puis dans une résidence secrète.

Après le débarquement du 6 juin 1944, son quartier général est transféré sur le continent, quelques jours à Le Molay-Littry près de Cerisy-la-Forêt puis à Jullouville, commune du Sud Manche, où il demeura deux mois.

Durant le transfert, Eisenhower confie au maréchal Montgomery le soin de le représenter et de diriger l'ensemble du front. Dans le même temps, il crée la troisième armée sous le commandement du général Patton ainsi que la première armée sous le commandement du général Bradley. Hodge prend le poste de Bradley.

Il s'agira de conduire l'avancée des troupes alliées en direction de la Bretagne et de l'ensemble du territoire français puis vers l'Allemagne, avec l'espoir de mettre fin à la guerre pour la fin de l'année 1944.

Les services de l'état-major d'Eisenhower s'installent dans le château de la Mare, propriété de la colonie de la ville de Saint-Ouen. Une centrale téléphonique est édifiée. Sur le plateau situé au-dessus de la vallée des peintres, un camp d'aviation va permettre d'incessants départs et arrivées d'avions de renseignement. Eisenhower habite une immense roulotte camping.

La maison Montgomméry : sur le plateau de Champeaux, la route de Jullouville. Avranches permet au voyageur de prendre du regard la baie du Mont saint Michel dans sa quasi totalité. Le point de vue est assez remarquable pour avoir été qualifié par Edouard Herriot de « plus beau kilomètre de France ». La descente vers Saint-Jean-le-Thomas laisse, sur la gauche, la falaise flanquée de belles demeures et propriétés boisées. Parmi elles se cache la maison Montgomméry. Celle-ci servira de résidence au général Eisenhower du 19 août au 29 septembre 1944.

Le choix porté par les Américains sur cette maison a sans doute été préparé avec soin. À l'abri des regards, facile à protéger, en raison de sa situation en bord de la baie, sur un coteau escarpé, confortable et spacieuse, elle dispose d'une terrasse qui offre un panorama exceptionnel sur le mont Saint-Michel, le rocher de Tombelaine et l'ensemble de la baie. À proximité de la maison s'élevait, au XIIe siècle, le donjon du château de Saint-Jean qui lui-même avait été édifié à l'emplacement de fortifications romaines. C'est dire que les Américains chargés de trouver une résidence sûre ne s'étaient pas trompés. La maison porte un nom prestigieux : « Montgomméry », souvenir du bastion que le seigneur de Montgomery avait construit à cet endroit, au XVIe siècle. En 1944, la villa Montgomméry est la propriété de M. Benois, associé de la maison Coty, la célèbre marque de parfums. À cette époque, personne n'occupe la maison car la famille Benois a quitté sa résidence pour Genève et Chamonix.

Jean Robidel, 24 ans, saint-jeannais, est chargé d'entretenir la maison, le parc et les jardins qui sont situés alors de l'autre côté de la route, sur le coteau. Jean Robidel a échappé au service du travail obligatoire en Allemagne.


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