Avis aux Internautes
Vous cherchez de l'information sur Rombach-le-Franc? Vous êtes au bon endroit ! Bon surf
Faites le malin
Ne ratez rien de l'actualité de votre ville, et placez Towneo au démarrage ou en Favoris de votre navigateur
Rank de Rombach-le-Franc
Ville de Rombach-le-Franc 68660
Rombach-le-Franc sur TownEO.com
- Evènements à Rombach-le-Franc
Toutes les manifestations sur votre ville... - Hébergements à Rombach-le-Franc
Tous les hébergements, gites, chambres d'hotes, hotels de votre ville... - Immobilier à Rombach-le-Franc
Tous les biens immobilier à vendre ou à louer proche de votre ville - Cinéma à Rombach-le-Franc
Toutes les séances de votre cinéma... - Rencontre à Rombach-le-Franc
Des rencontres à faire dans votre ville...
Toujours au courant de l'actualité
Pour ne jamais rien rater de la ville de Rombach-le-Franc, il suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous !

Plusieurs avantages
- 1. Tu n'as pas à retenir quoi que ce soit c'est automatique
- 2. Au courant de tout ce qui t'entoure
- 3. Pas besoin de visiter 100 sites seul towneo te suffira
Information sur la ville de Rombach-le-Franc
Rombach-le-Franc est une commune française, située dans le département du Haut-Rhin et la région Alsace.
Rombach-le-Franc (anciennement appelé Allemand Rombach) est un village qui s'étire en longueur au fond d'une vallée traversé par un ruisseau qui porte son nom, qui est un affluent de la rive gauche de la Lièpvrette. Il est à la limite de trois départements (Haut Rhin, Bas-Rhin, et Vosges) au-dessus du col de la Hingrie (749 mètre d'altitude) qui se rejoignent au Nord-Ouest. À l'extrémité du village, à environ 5 km, se trouve le hameau de la Hingrie traversé, par le Rombach et rejoint par les ruisseaux du Volbach et de Bestégoutte et de nombreuses sources en provenance du Barançon, du Creux-Chêne, de la Besse des pentes, de Biagoutte, de Voulhimont, de la Chambrette, de Naugigoutte. En venant du hameau de la Hingrie à l'entrée du village, le Rombach est également rejoint par le ruisseau de Pierreusegoutte et vers la sortie en direction de Lièpvre par les eaux de Hargoutte et de la Vaurière. La Hingrie fait partie d'un ensemble de plusieurs lieux-dits où sont situés d'anciennes fermes disséminées appelés Haute-Fontaine, Schlingoutte, Foa, Bestégoutte, dont certains étaient peuplés avant le XVIIIe siècle par des anabaptistes. Rombach-le-Franc est situé aussi à 2 km de Lièpvre qui se trouve au confluent du Rombach et de la Liepvrette (Liepvrette = appelée Laimaha dans les diplômes de Charlemagne et de Lothaire, en 774 et 854). La route départementale D 48 qui part de Lièpvre et qui passe par Rombach-le-Franc rejoint le village de Fouchy par le col du même nom (608 mètres d'altitude). Lièpvre commande à la fois l'entrée de la petite vallée du Rombach et vers l'amont, l'importante vallée de la Lièpvrette avec les communes de Sainte-Croix-aux-Mines et de Sainte-Marie-aux-Mines chef lieu du canton qui se trouve à 8 km vers l'ouest et vers le sud Aubure. Les cinq communes, avec Aubure sont regroupées au sein d'une même famille géographique qui ont reçu successivement le nom de Val de Lièpvre, Vallée de Sainte-Marie-aux-Mines et maintenant le Val d'Argent. A 15 km, vers l'Est de la commune se trouve la ville de Sélestat. Lièpvre et Rombach-le-Franc voisines l'une de l'autre ne formèrent jusqu'en 1786 qu'une seule et même paroisse administrée d'abord par les moines du prieuré, puis par un prêtre séculier nommé par le Chapitre de Nancy, puis à partir de 1690 il cède ce droit à la paroisse de Sainte-Marie-aux-Mines. Rombach-le-Franc est situé au centre du village à une hauteur de 300 mètres. Les montagnes qui l'entourent sont composées essentiellement par du grès rose reposant sur un socle de granit gris, qui encerclent tout le village, à l'exception de la partie sud qui va vers Lièpvre. Les habitants de Rombach-le-Franc sont appelés les Rombéchats.Appelé pendant des siècles Allemand Rombach le nom du village a été modifié le 2 décembre 1918 en Rombach-le-Franc à la suite d'une décision du conseil municipal pour rappeler l'importance du rattachement de la commune à la France.
Écarts et lieux-dits : (80 lieux-dits) À la Grange, Au Schéna, Aux Fourneaux, Barançon, Beaux Champs, Belhengoutte, Bessecôte,Besse des pentes, Bestégoutte, Bestegoutte et Gros Baie, Biagoutte,la Biaise, Biastert-Bois, Blicombe, Boidosot, Brangra et Chete Chêne, Chambi, Champs Balo, Champs des Huttes, Champs des pierres, Chaussotte, Chat pendu, Chenelle (ou Chenhel), Cheval poirier, Colline du Barançon, Conterain, Couty, Degelingoutte, Devant Barançon, Devant Brangna, Devant la croix, Devant la Gange, Devant Nodévo, Devant Naltérain, Feignet,Foa, Froide Goutelle, Gelingoutte, Gérard Goutelle, Grand Haut, Grand Pré, Grande Goutte, Grosbai, Hargoutte, Haute Fontaine, Haute Garde, Hingrie, la Chambrette,la Goutelle, Laguesse, la Longire, Lançoir, Langrie, la Rochette, Mangoutte, Hergauhenneux, Naugigoutte, le Naltérin, les Osières, Perdaugoutte, le Petit Haut, Pierreusegoutte, le Pré des huttes, Pré Gravier, Pré le Saint, Prérébois,le Rain de l'Annot, Raingai, Raingouttel, Réguiseure, Salanville, Langoutelle, la Vaurière, Vauthiermont, Village, Volbach, Vougapré, Vougnigoutte, Voulhigoutte, Voulhimont, Vourogoutte
On distingue sur le blason de la commune trois symboles : le sapin, la croix de Lorraine et la croix de guerre. L'emblème du blason est le sapin qui représente la grandeur de la forêt domaniale qui est l'une des plus importante d'Alsace par rapport au nombre d'habitants : 910 ha de forêt soumise au régime forestier pour 820 habitants. La croix de Lorraine représente l'attachement antérieur de Rombach-le-Franc au duché de Lorraine jusqu'en 1766. En 1648, l'Alsace est annexée par la France, mais la rive gauche de la Lièpvrette, dont Rombach-le-Franc, reste une enclave lorraine. En 1766, à la mort du duc Stanislas, le Val de Lièpvre est rattaché à la France. Ce n'est qu'en 1790 que la commune est incorporée au département du Haut-Rhin plus proche géographiquement que la Lorraine.
Le diplôme de croix de guerre avec citation à l'ordre de la division fut décerné à Rombach-le-Franc le 11 novembre 1948 au vu des actes de bravoures qui ont jalonné le village au cours de la Seconde Guerre mondiale. Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre avec étoile d'argent. Pendant l'occupation allemande entre 1940-1944, la commune de Rombach-le-Franc a été un important lieu de passage ou une cachette pour de nombreux prisonniers français ou étrangers évadés des camps allemands. Par ailleurs de nombreux réfractaires au service du travail obligatoire (STO) et à la Wehrmacht ont été cachés et hébergés dans les fermes jusqu'à la libération. De nombreux prisonniers ont pu regagner leur pays ou leur foyer grâce à l'aide des habitants du village.
Rombach-le-Franc a vu défiler en 1200 ans plusieurs changements politiques et résisté à toutes les tentatives de germanisation. Cette permanence de la langue française dans une ancienne enclave lorraine en Alsace est somme toute assez remarquable et peut s'expliquer par les vicissitudes de l'histoire. Elle est due à la présence du prieuré de Lièpvre, dont il ne reste plus rien qui a longtemps été affiliée à la basilique royale de Saint-Denis, et à la mainmise des ducs de Lorraine sur cette contrée jusqu'en 1766 année à laquelle elle fut rattachée à la France.
Durant plusieurs siècle la région est appropriée par les Alamans, puis les Francs, puis conquis par les Mérovingiens et les Carolingiens. Selon Fritz Langenberg au départ, trois groupes d'Alamans occupèrent les terres proches du Val de Lièpvre [1].
Le premier s'installera près de Guémar baptisé Garmaringen, le second Odeldinga (installé près de Orschwihr) et le troisième à Burninga ( = Burner, village aujourd'hui disparu situé à proximité de Sélestat). Chacun de ces communautés était propriétaire d'un vaste territoire qu'on appelait à cette époque marche, tandis qu'à l'ouest il s'enfonçait profondément dans les Vosges, jusqu'à la Liepvrette. Les terres de Garminga allaient semble-t-il jusqu'à Echéry. À cette époque les Alamans repoussent les gallo-romans qui peuplaient alors la plaine d'Alsace qui vont se réfugier dans les montagnes. Puis arrivent les Francs qui annexent les trois marches du fisc du roi. Conservant la propriété, ils laissent aux Alamans le soin d'exploiter et de défricher les terres en compagnie de journaliers francs. C'est dès cette époque qu'on assiste à l'apparition du toponyme heim que l'on retrouve dans les principaux centres de la région de la Moyenne Alsace: Kintzheim et Bergheim ont sont l'illustration. Ces deux villages sont situés dans les anciennes marches de Burninga et de Garmaringen. Par la suite des seigneurs francs viennent s'installer dans le coin pour fonder des localités dont les noms se terminent en villar. Le cas le plus typique est Ratbaldovillar aujourd'hui appelé Ribeauvillé. Les responsables francs font venir par la suite sur leurs domaines des cultivateurs de langue romane, d'où l'apparition de nouveaux noms issus de l'idiome roman, par exemple Châtenois. La marche de Burninga prend le nom de Ridvadmarca. Odeldinga qui existait au temps des Alamans prend le nom d'Andaldovillare (Saint-Hippolyte) au cours de la période franque. Ces versions toponymiques sont cependant battus en brèche par d'autres spécialistes pour qui il n'y a aucun moyen d'établir la chronologie des noms de l'époque des Alamans qui seraient faites à partir d'hypothèses en partie incontrôlables [2].
C'est aussi l'époque où l'on voit apparaître des noms des cours d'eau et des rivières. A l'époque gallo-romaine le surffixe acus s'ajoutait généralement à un nom d'une personne pour former le nom du domaine. Ainsi la terminaison bach (ruisseau) ne proviendrait pas de l'allemand, mais du celtique acus que l'on retrouve dans de nombreux domaines en France [3].
C'est le cas par exemple du ruisseau du Rombach alors que le nom de la Lièpvrette proviendrait du mot celtique Labar dont la forme latinisée est Leber signifiant la montagne ou la colline [4].
Autre curiosité que l'on doit vraisemblablement à l'époque franque, les noms en goutte. La région regorge de noms de ce genre: Belhengoutte, Biagoutte, Bestégoutte, Degelingoutte, Gelingoutte, Grandgoutte, Hargoutte, Naugigoutte, Perdaugoutte, Pierreusegoutte Vaugnigoutte, Voulhigoutte, Vourogoutte (Rombach-le-Franc); Genaugoutte, Aspygoutte, Entregoutte (Lièpvre); Baligoutte, Champgoutte, Harangoutte, Marigoutte, Rougigoutte (Sainte Croix-aux-Mines; Mongoutte, (Sainte-Marie-aux-Mines); Chevregoutte, Ribeaugoutte,Varingoutte (Le Bonhomme); Codongoutte (Lapoutroie); Gemaingoutte (Vosges)etc..
Vers 670 apparaît le duché d'Alsace dont la durée d'existence est de 100 ans jusqu'en 740. Les ducs successifs sont Gondoin, Boniface, Etichon (= Aldaric), Adalbert et Luitfrid. Ils favorisent l'expansion du christianisme en créant ou en autorisant des abbayes Wissembourg, Marmoutier, Munster, Murbach, Hohenbourg (Sainte-Odile). Luitfrid II descendant du duc Aldaric (forme germanique) ou Etichon (forme latinisée) possède des terres du côté du Petit Rombach à Sainte Croix-au-Mines qu'on appellera plus tard Belmont et Echéry. A la mort de Luitfrid I, Pépin-le-Bref disgracie les membres des Etichonides et l'Alsace sera divisée en deux comtés, le Nordgau et le Sundgau. Après l'effondrement du pouvoir mérovingien le pouvoir passe aux maires du palais, notamment ceux d'Austrasie. Fort de son prestige sur les arabes à Poitier (732) Charles Martel fonde la dynastie des Carolingiens. Son fils Pépin le Bref obtient en 754 le titre royal de la main même du pape Zacharie (741-752).
Des personnages francs assez importants commencent à apparaître en Alsace, dont Riculfe, comte d'Alsace,le père de l'abbé Fulrad qui recevra d'immenses terres en Alsace ayant été confisqués aux Etichonides du côté de Kintzheim. Des seigneurs laïcs et ecclésiastiques encouragent l'immigration de populations romanes pour repeupler la vallée. L'église commence alors à s'intérresser à la région dont un abbé, nommé Fulrad, va occuper le terrain pour servir la cause carolingienne. L'abbé Fulrad né en 710 au pays de la Seille (la Mosellane) apparenté aux Welfs (Gueldes) faisait partie de la même famille que Pépin le Bref ou Carloman. C'est sans doute la raison pour laquelle ces deux personnages et plus tard Charlemagne lui donneront d'importantes missions d'ordre diplomatiques. En 750 Fulrad entreprend la construction d'une route reliant la Lorraine à l'Alsace qui passe par le Petit Rombach, sur les terres appartenant au comte Luitfrid I avec l'approbation de Pépin-le-Bref. Ces terres appartenant très certainement aux Etichonites restèrent dans leur domaine.
A l'époque de Luitfrid II (745-780) ces terres sont transmises à ses deux fils, Leuthard et Hugues. Les deux fils de Luitfrid II accorderont ces terres en 836 à Irmengarde la propre fille de Hugues dit le Peureux, comte de Tours et de la Haute Alsace [5] . Il est affublé du nom de Peureux pour avoir tardé à porter secours à Bernard de Septimanie qui combattit les Sarrazins (ainsi que Mainfroi comte d'Orléans) qui ravageaient le sud de l'Aquitaine. Ils seront destitués de leurs titres en 828 par l'empereur Louis le Pieux. Ce Hugues II et Mainfoi sont des personnages assez importants. Ils se rangeront du côté de Lothaire I (795-855) le fils de l'empereur et deviennent des acteurs importants des guerres civiles dans la Francie de l'ouest entre l'empereur et ses fils. Hugues le Peureux (765-836) a marié sa fille, Irmengarde à Lothaire Ier le fils aîné de Louis le Pieux le 15 octobre 821 à Thionville alors qu'il n'est pas encore roi de Francie mediane ni empereur. Hugues II sera nommé ambassadeur de Constantinople vers 821 par l'empereur Louis le Pieux. Peu avant 799, selon la légende, il apportera les reliques de Saint Nabor à l'abbaye de Niedermunster en même temps que deux manuscrits et une relique de la vraie croix remis par Charlemagne.Il fit enchâsser la relique de la vraie croix dans une grande croix en argent qu'il chargea sur le dos d'un chameau et demanda à cinq chevaliers de suivre l'animal. Le chameau s'arrêta à Niedermunster, au pied du Mont Saint Odile, devant la porte du couvent à la grande stupéfaction de l'abbesse et des cinq nones. La croix fut dressée à l'intérieur de l'église abbatiale de Niedermunster.
Irmengarde fait construire, en 836, après la mort de son père Hugues le peureux, au Petit Rombach un sanctuaire dont elle fera cadeau plus tard à l'abbaye de Gorze (Moselle). Des ermites s'installeront plus tard dans cette région qui prendra le nom de Belmont qui veut dire belle montagne et qui en allemand est nommé Schoenberg [6]. Plus tard, Lothaire II (né en 825) qui règnera de 855 à 869 confirmera les biens en faveur de l'abbaye de Gorze le 15 octobre 859 depuis un diplôme envoyé de Strasbourg, la quatrième année de son règne [7]. Selon Michel Parisot et Christian Pfister ce diplôme serait un faux inventé par Jérôme Vignier [8].
Un moine de l'abbaye de Gorze nommé Blidulphe (ou Olridulphe) décida un jour d'abandonner toutes ses richesses et de se consacrer entièrement à la contemplation en se fixant aux environs de 938 dans cet endroit isolé du Val de Lièpvre en compagnie du moine Gundelach de l'abbaye de Fulda, région de Hesse. Blidulphe était un personnage assez important, il avait fait ses études à Saint Rémi à Reims et eu comme maître Rémi d'Auxerre. C'est auprès de lui que Hildebold de Saint-Mihiel fit également ses classes. Blidulphe sera nommé archidiacre et primicier de la cathédrale de Metz. Lors de son séjour à Metz, Blidulphe atteint d'une grave maladie, guérit de façon mystérieuse. Il demandera à l'abbé Einold qui gouvernait l'abbaye de Gorze de 933 à 968 de lui donner l'habit monastique sur son lit de malade. Degerman suppose que Blidulphe a dirigé la première exploitation minière au profit des seigneurs d'Echéry. Ces filons découverts, il fallait ensuite les exploiter, former des ouvriers et instruire les cadres capables de les diriger [9]. Les mines d'argent, de cuivre et de plomb dans les Vosges du versant alsacien étaient semblent-il déjà connu des Alamans. Du temps de Gérard, évêque de Toul, il est question de la dîme que doivent les moines du Val de Lièpvre [10].Plus tard au XIIe siècle l'abbaye d'Echéry sera rattaché au prieuré bénédictin de Moyenmoutier.
Le Rombach est le nom donné à un cours d'eau qui traverse le village et qui prend sa source au col de la Hingrie située à 749 mètres d'altitude. Le Rombach est le principal affluent de la rive gauche de la Lièpvrette, le confluent se situant dans la localité de Lièpvre situé à 2 km. L'origine du mot Rombach est sans doute fort ancienne. Elle pourrait dater de l'époque gallo-romaine et trouverait son origine au VIe ou VIIe siècle. Selon la coutume franque, et afin de garantir la fidélité des guerriers, les successeurs de Clovis avaient pour habitude de distribuer des terres sous la responsabilité d'un chef. Dans notre cas il fut confié à un propriétaire franc germanique du nom de Rumo. À cet anthroponyme fut ajouté le mot germanique bach, c'est-à-dire ruisseau = rivière. On retrouve le nom de Rombach dans plusieurs lieux-dits ou villages actuels : Rombas en Moselle, Rombach (dans le Brisgau) le Petit Rombach, le Grand Rombach dans le Val de Lièpvre à 5 km de la commune de Rombach-le-Franc, mais aussi Martelange-Rombach dans le canton de Redange, district de Diekirch, au Grand Duché du Luxembourg. Ainsi ce Rumo, propriétaire de plusieurs domaines est sans doute l'instigateur d'une communauté rurale et peut être considéré comme le fondateur de Rombach [11] . Rumo a d'ailleurs donné son nom à une commune de la province de Trente dans la région du Haut-Adige en Italie.
La première désignation du nom de ce ruisseau est évoqué dans un parchemin de Charlemagne où il mentionne une donation qu'il fit à l'abbé Fulrad le fondateur du prieuré de Lièpvre le 14 septembre 774 qui se trouve aux Archives Nationales [12]. Dans ce parchemin le Rombach est désigné sous sa forme carolingienne, Rumbach. Une autre explication du nom Rombach est donnée par Monsieur Pfister qui dans un remarquable article paru en 1888 dans les Annales de l'Est imprimée à Nancy, page 434, où il signale que le nom ne proviendrait pas de l'allemand bach, qui veut dire ruisseau, mais du celtique acus, que l'on retrouve dans de nombreux lieux français. A l'époque gallo-romaine l'additif acus se joignait d'ordinaire à un nom d'une personne pour former le nom du domaine.
Quant au deuxième nom Allemand, il proviendrait du mot Almend qui désignait des terres appartenant à l'empire mis gracieusement à la disposition d'une communauté de citoyens. Le terme Almend est probablement apparu vers le XIe siècle lorsque Frédéric de Souabe le fondateur de la lignée des Hohenstaufen s'est emparé d'une grande partie de l'Alsace dont entre autre le Val de Lièpvre. Ce terme a ensuite été déformé dans son phonétisme et son vocabulaire par les influences des populations alémaniques et welches. Ce mot a été utilisé dans l'idiome alsacien dans les transactions avec les habitants de Rombach-le-Franc que les Welches prononcèrent par Almend Rumbach. La transformation du mot Almend vers le mot Allemand peut s'expliquer par la tradition orale du parler d'autrefois. À l'époque peu de gens savaient lire et écrire. Les documents de l'époque se basaient donc d'après le langage populaire d'où des déformations possibles. On en trouve des preuves dans les archives de Meurthe-et-Moselle où la commune est désignée en 1486 par Lalman Rombach et en 1519 par Alman Rombach [13]. Thierry Alix, président de la chambre des comptes du Duc de Lorraine désigne dans son chapitre publié en 1594 la commune sous le nom de Almon Rombach [14]. La Cosmographie de Sébastien Munster publiée à Bâle en 1550 appelle le village par son nom latin Germanicum Rumpach .
Dès 1383 le prieuré Sainte Foi de Sélestat entre en possession de terres et de forêts à Rombach-le-Franc. Il devient ainsi propriétaire de la forêt du Hantchy ou Hantché que les germanophones appellent le Langerain. Le village est appelé Thuescherumbach par les moines de Sélestat, ce qui est la traduction du mot Allemand Rombach qui était la forme primitive du nom de la commune à partir du XIVe siècle. C'est peut-être là l'explication du nom du village et il ne faut sans doute pas y voir d'autres explications. D'autant plus, que contrairement à ce qui a pu être dit il n'y a jamais eu dans le village une importante communauté d'Allemands. D'après les archives, Rombach-le-Franc a toujours eu une importante population d'origine française. En 1585 et 1588 sur 64 noms d'un côté et 49 de l'autre, on ne relève à peine que trois noms d'origine allemande à Rombach-le-Franc, ce qui semble indiquer une très forte proportion d'habitants de langue française [15] Tous les anciens documents de cette époque qui se trouvent aux Archives de Meurthe-et-Moselle (puisque Rombach-le-Franc a fait partie du Duché de Lorraine) évoquent les lieux-dits par des noms à consonance française : la Hingrie, la Vaurière, la Chambrette, Prérébois auxquels viennent s'ajouter de nombreux noms en goutte qui désignent une petite vallée : Hargoutte, Naugigoutte, Biagoutte, Vougnigoutte, Pierreusegoutte, Vourogoutte, etc. [16]. Le chat pendu dont l'origine n'est toujours pas connue a sans doute une relation avec le patois vosgien et pourrait s'expliquer par essain perdu provenant du mot chapture [17]. On retrouve d'ailleurs des similitudes dans l'autre partie du versant vosgien et dans le Val d'Orbey où plusieurs lieu-dits ont des noms qui se terminent en goutte». Dépendant administrativement des ducs de Lorraine à partir du XVe siècle, Rombach-le-Franc fait partie d'une enclave lorraine jouxtant la frontière avec l'Alsace. Certains lieux rappelle cette annexion : le chemin de Lorraine qui relie la Hingrie au département des Vosges vers Lubine (Vosges) ou encore le Pré de Lorraine, une ancienne propriété enclavée dans la forêt communale qui appartenait pendant très longtemps à des lorrains et qui se trouve au lieu dit de Degelingoutte d'une superficie de 3,38 hectares. Cette propriété a ensuite été vendue après la Révolution à des particuliers. Depuis le 9 avril 1933 cette propriété appartient à la commune.
Lors du rattachement de l'Alsace et de la Moselle au Reich Allemand en 1871 et en 1940 le village prend le nom de Deutsche Rumbach au grand désarroi de la population francophone du village. C'est pour mettre un terme à cet embrouillement, et ayant pu mesurer ce qu'il y avait d'inexact et de blessant dans une pareille appellation, que dans sa séance du 2 décembre 1918 le conseil municipal décida de rebaptiser l'Allemand Rombach en Rombach-le-Franc pour bien réaffirmer son attachement à la France [18].
La localité est fort ancienne puisqu'elle est pour la première fois citée dans un acte de donation de Charlemagne signé le 18 des Calendes d'octobre, la sixième année de son règne (14 septembre 774) signé depuis le palais de Duren, près d'Aix-la-Chapelle. Dans ce parchemin qui se trouve aux Archives nationales de France, il lègue à l'abbé Fulrad tout le Val de Lièpvre dont Rombach-le-Franc faisait alors partie [19]. Les terres appartenaient d'abord au fisc royal de Kintzheim (appelé anciennement Quuninishaim). Issu d'une famille noble apparentée aux Welfs (Gueldes), l'abbé Fulrad a longtemps été considéré comme originaire de l'Alsace parce qu'il possédait d'immenses propriétés et parce qu'il a mis en valeur la région. Fils de Riculfe, comte d'Alsace, franc d'origine et d'Emengarden, qui possédaient des terres à Saint-Hippolyte confisqués aux Etichonides et données par Pépin-le-Bref.Issu d'une famille ayant aussi de riches propriétés entre Meuse et Moselle il est intimement lié aux Pippinides (687-768). Son fils, Fulrad fut l'instigateur du coup d'État de 751 qui mit fin au règne des Mérovingiens en Europe et à la naissance de la dynastie carolingienne avec Pépin-le-Bref et Charlemagne. La patrie d'origine de l'abbé Fulrad est la région comprise entre la Meuse et la Moselle (le berceau des Welfs), l'Austrasie Méridoniale et non l'Alsace comme on l'a longtemps supposé. Fulrad est donc mosellan et « compatriote » des Carolingiens et aussi originaire de la même région que Pépin-le-Bref.[20]. C'est sans doute pourquoi Pépin-le-Bref l'a choisi pour des missions délicates. Fulrad meurt le 17e des Calendes d'août selon l'ancien nécrologue de l'Abbaye de Saint-Denis) soit le 16 juillet 784. Son corps aurait d'abord été inhumé à Saint Denis puis transféré à l'abbaye de Lièpvre. Sa fête se célèbre le 17 février, jour anniversaire de sa translation. Selon la légende son corps aurait été inhumé dans l'église du prieuré de Lièpvre et aurait sans doute disparu en 1445 à la suite de l'attaque des Armagnacs qui saccagèrent le couvent. L'épitaphe que lui dressa le moine-savant Alcuin, mentionne que son corps fut d'abord inhumé à Saint-Denis. On peut y lire que Fulrad fut le plus illustre de tous les abbés qui gouvernèrent l'abbaye de Saint-Denis. Il vécut dans la plus haute estime et dans une approbation quasi générale, chéri par cinq papes, trois rois et des plus illustres personnages de son siècle.
Pendant dix siècles, les villages de Rombach-le-Franc et de Lièpvre ne formèrent qu'une seule et même communauté, subordonnés toutefois aux autorités de Lièpvre. En 1587 les deux gouverneurs sont mis à l'amende pour avoir levé la dîme sur les habitants sans l'aval du maire de Lièpvre. Au début du XVIIIe siècle on trouve un juré qui représente son village aux plaids annaux de Lièpvre et deux himbourgs, c'est-à-dire deux comptables [21]. À la fin du XVIIIe siècle, Rombach-le-Franc commencera à disposer d'un statut particulier et disposera de ses propres revenus.
Le duc de Souabe s'empare d'une partie des terrains situés à Rombach-le- Franc pour affaiblir le pouvoir castral des moines du prieuré de Lièpvre. Jusqu'à la fin du XIe siècle l'ensemble des terrains situés à Rombach-le-Franc dépendent encore du prieuré de Lièpvre. À cette époque le territoire est encore quasiment recouvert de forêts. Les moines avaient obtenu en 774 de Charlemagne le droit de pâturage pour le bétail et la possibilité d'exploiter la forêt et de chasser le gibier. Dans la deuxième moitié de la décade la maison dite d'Alsace prend possession du Val de Lièpvre vraisemblablement à la suite de la découverte des riches mines d'argent dans la région qui avaient commencé à être exploitées par les moines de l'abbaye d'Echéry au Petit Rombach situé à 5 km de Rombach-le-Franc. Ces terres appartenaient depuis le VIIIe siècle à Luitfried I né en 715 décédé en 767 comte d'Alsace [22]. Les terres passèrent ensuite à son fils Luitfried II (745-802). Il avait deux fils, Leuthard et Hugue qui accordèrent vers l'an 835 une partie des terrains à la fille de cette deuxième, Irmengarde qui fit construire un petit sanctuaire. Elle se mariera plus tard à Lothaire I, roi de Lorraine qui fera cadeau plus tard de ces terres à l'abbaye de Gorze (Moselle). Son successeur Lothaire II confirmera ses biens à l'abbaye de Gorze dans un diplôme envoyé de Strasbourg le 15 octobre 859. Presque un siècle plus tard, un moine de l'abbaye de Gorze se retirera avec quelques moines dans ce lieu sauvage réputé pour ses mines d'argent [23]. C'est sans doute en vertu de cet acte que les ducs de Lorraine s'emparèrent progressivement du Val de Lièpvre. Grâce à l'exploitation des mines d'argent les moines de Gorze purent développer et agrandir le petit sanctuaire qui deviendra un prieuré rattaché à l'abbaye de Gorze et vers le XIIe siècle à l'abbaye de Moyenmoutier.
Au début du XIIe siècle, Rombach-le-Franc fait l'objet de convoitises. Frédéric II dit le Borgne, duc de Souabe depuis 1105, dont relevait l'Alsace s'empare d'une partie des terrains situés sur la rive gauche du Rombach. Un vidimus daté du 26 avril 1095 et reproduit au XIIIe siècle (l'original ayant disparu) confirme un acte de donation de Frédéric II en faveur du Prieuré de Saint Foi de Sélestat. Dans ce document il mentionne qu'il donne aux moines de Sélestat de vastes domaines forestiers situés entre le Giessen et la Lièpvrette, proche de Fouchy, dont l'église dotée par Otton évêque de Strasbourg et de prairies (Almend) à Rombach-le-Franc [24]. Ainsi les moines de Lièpvre sont peu à peu spoliés par un nouveau concurrent, sans que le duc de Lorraine n'élève sa voix. A l'époque c'est Simon Ier, duc de Lorraine qui règne sur la Lorraine
C'est Mathieu Ier de Lorraine, dit le débonnaire (1110-1176), duc de Lorraine de 1139 à 1176 qui lui succède. Il était le fils de Simon Ier, duc de Lorraine et de Adélaïde de Supplimbourg. Il succède au moment de la dynastie des Hohenstaufen qui s'installe sur le trône impérial. Il va d'ailleurs renforcer les liens entre la Lorraine et le Saint Empire Romain en épousant Judith de Hohenstaufen, appelée Berthe (1123-1195), nièce de l'empereur Conrad III et s'ur du futur Frédéric Barberousse vers 1138. Mathieu Ier fit d'importantes donations à l'Eglise et fonda plusieurs abbayes en Lorraine
Durant le règne de Mathieu I (fils de Simon), duc de Lorraine, surnommé aussi le pieux à cause de ses libéralités envers l'église, celui-ci remet vers 1172 à l'abbaye de Bongart (Baumgarden) tous les terrains situés à Fouchy et une partie de la forêt à Rombach-le-Franc. Pour parer à ces spoliations venues de divers horizons, l'empereur Frédéric II dit le Borgne publie un décret en 1214 dans lequel il déclare que les terres situés dans la ville et hors de la ville vulgairement appelées Almend ne doivent en aucun cas être attribués à qui que ce soit sans le consentement de l'évêque qui reconnaît tenir ces terres de l'empire et de son autorité .
Cette mise en garde ne visait semble-il pas le duc de Lorraine, mais plutôt l'abbaye de Saint-Denis qui intervenait régulièrement auprès du roi de France pour faire restituer les terres spoliées aux moines de Lièpvre dont Rombach-le-Franc faisait alors partie. C'est probablement vers 1114 que le duc de Souabe s'intéresse à la vallée et s'accapare d'une partie des terres de Rombach-le-Franc. À la même époque ce même duc fait main basse sur le Staufenberg qui n'est autre que le Haut Koenigsbourg. Dans un manuscrit écrit par Odon de Deuil, chapelain de Louis VII et successeur de l'abbé Suger de Saint-Denis, il formule une demande au roi de France l'implorant d'intervenir auprès du roi Conrad III de la lignée des Hauhenstaufen afin de faire restituer aux moines de Lièpvre des terrains injustement volés. Dans ce manuscrit le Haut Koenigsbourg est appelé Castrum Estuphin.[25].
Par la suite, en 1222, Mathieu II duc de Lorraine renouvelle ses largesses et accorde à l'abbé Lichard de l'abbaye de Baumgarden [26] située près d'Audlau quelques autres pâturages situés sur la commune. Baumgarden en latin est nommé Pomatium qui signifie verger. Dans le même diplôme il confirme que le noble chevalier Wirric dit Gorger cède à l'abbé Lichard de Baumgarden d'autres terrains sur le ban de Rumbèche (Rombach) avec le consentement de sa femme et de son fils Philippe, moyennant trente sous de toulois payables par l'abbaye en plus d'une vache blanche et 10 fromages [27]. L'abbaye de Baumgarden à Honcourt, près d'Andlau, fut entièrement détruite en 1523 lors de la guerre des Rustauds.
Au XIIe siècle, un tiers des terrains et bois situés à Rombach-le-Franc appartiennent encore au prieuré de Lièpvre ainsi que les dîmes qui y sont rattachés. Les deux autres tiers dépendent des comtes de Nordgau qui passent ensuite au monastère Sainte-Foi de Sélestat [28].
Les moines de Lièpvre disposaient de vastes terres, non seulement à Rombach-le-Franc, mais également à Lièpvre, Sainte Croix-aux-Mines, et aussi à travers l'Alsace et la Lorraine.
Vers 1259 l'abbaye de Lièpvre jouissait encore de toute la juridiction temporelle dans le Val de Lièpvre. Mais petit à petit les ducs de Lorraine s'emparèrent de ses droits.
Cunon de Bergeim en guerre depuis plusieurs années envahit à plusieurs reprises le Val de Lièpvre et fait des incursions sauvages jusqu'en Lorraine. Il est en conflit avec le duc de Lorraine, Mathieu. Vers 1250 il signe la paix et se reconnaît vassal du duc de Lorraine. Comme récompense pour ses efforts, il reçoit en fief le château du Koenigsberg (l'ancêtre du Haut Koenigsbourg) sur les terres des moines du prieuré de Lièpvre. Toutefois une clause stipule que si le duc revenait sur son engagement pour rendre le fief à Henri Sigebert de Werd (né en 1238) il dédommagerait le chevalier Cuno de Bergheim pour le préjudice subi [29].
Vers 1338, l'évêque Conrad de Liechtemberg se joint au baron de Hohenstein, landvogt d'Alsace pour investir le Val de Lièpvre. Les troupes ennemies mettent le feu à Rombach-le-Franc et à Lièpvre. Ils attaquent le prieuré de Lièpvre qui est partiellement détruit et se rendent ensuite au château d'Echéry situé au Petit Rombach sur la commune de Sainte Croix-aux-Mines pour l'attaquer. Jean Senn évêque de Bâle prend part à l'expédition dont le château appartient au Seigneur d'Echéry dont le dernier de la lignée s'éteindra en 1381.
Vers la moitié du XIVe siècle le chapitre de Saint-Dié se plaint d'un routier qui a son repaire dans le Val de Lièpvre et qui de là vient piller et rançonner la population [30].Cette pièce qui se trouve aux archives de Meurthe-et-Moselle ne comporte pas de date. Peut-être que ce Johel n'est autre que le célèbre capitaine anglais, Jean Jouel, qui sera tué à la bataille de Cocherel en 1364.
Le 4 juillet 1365, Arnaud de Cervolle, un capitaine de routiers, petit seigneur périgourdin, envahit à la tête de ses 40 000 mercenaires, le nord de l'Alsace en passant par le col de Saverne. Il est au service du comte de Blamont en guerre avec l'évêque de Strasbourg. Ils envahissent la vallée et font des ravages aux villages de Lièpvre , Rombach-le-Franc ainsi qu'à Sainte Croix-aux-Mines.
Des razzias ont lieu également en 1486 contre les villages de Lièpvre et de Rombach-le-Franc par des soldats qui ne sont pas identifiés formellement : ils emmènent des chevaux et même des hommes dont un moine du prieuré de Lièpvre [31].
Vers mai 1516, le duc de Lorraine, Antoine, est en conflit avec le seigneur de Géroldseck, près de Saverne de la maison des Wangen, à propos des mines situées au Val de Lièpvre [32]. Incapable de faire triompher sa cause avec ses propres forces, il appela à son secours François de Sickingen un fameux aventurier. Celui-ci apporta son soutien en engageant une bande de 6000 hommes qui s'empara de Saint-Hippolyte par surprise. Le duc Antoine acheta la neutralité de Sickingen et entra dans le Val de Lièpvre où les troupes de Geroldseck qui leur barrèrent le passage fut défait. Il reprit ensuite Saint-Hippolyte et fit trancher la tête à un habitant de cette ville qui avait favorisé l'entrée de l'ennemi. Le nom de Géroldseck paraît fréquemment dans l'histoire de l'Alsace et les archives du Moyen Âge. L'une des familles s'est éteinte au XIVe siècle et on l'a connaissait sous le nom de Géroldseck-ès-Vosges (In Vosaso, am Wasichim) à cause de ses châteaux situés dans les Vosges, au-dessus de Saverne. L'autre famille tirait son nom du château du Hohen Géroldseck, établi sur l'une des cimes de la Forêt Noire, près de Lahr [33]. Cette guerre fut baptisée la guerre des brebis (Schaafkrieg) à cause de la grande quantité de moutons qui y fut enlevée par les bandes de Géroldseck qui ne subsistaient que par le pillage et les rapines [34]. Le duc de Lorraine a également un différent avec l'empereur Charles Quint dans les années 1519 à 1721 pour le même motif. Ces difficultés sont réglées à l'amiable par une sentence arbitrale en 1521. Les délibérations de ce procès verbal sont renfermées dans un gros registre de 440 pages qui se trouve aux archives départementales de Meurthe-et-Moselle.
Le seigneur Walter de Géroldseck en engageant un aventurier allemand, Franz de Sickingen, qui était réputé pour commettre de nombreux brigandages sous prétexte de défendre les faibles et les opprimés, avec ses 6000 hommes en se rendant dans le Val de Lièpvre avec ses troupes provoquent des dégâts assez importants dans la vallée [35]. Ils se livrent à toutes sortes d'exactions envers la population.
En mai 1574, des soldats traversent la vallée par escadrons de 100 à 200 hommes, mais ne commettent pas de dégâts [36].
En 1591 ce sont des déserteurs italiens qui passent par Sainte-Marie-aux-Mines. On cherche à les arrêter, mais ils s'enfuient en abandonnant leurs chevaux, armes et hardes qui sont saisis et vendus au profit du duc de Lorraine [37].
Rombach-le-Franc, mais aussi Lièpvre bourg situé à 2 km sont envahis en 1592 par les troupes du Marquis de Durlach de la maison de Bade en hostilité avec le duc de Lorraine. Ils occupent le Val de Lièpvre durant l'hiver de la même année et mettent à sac la vallée qui est en partie incendiée. Il avait jadis servi le duc de Lorraine avec un régiment de lansquenets et l'avait quitté en 1590 pour un différent au sujet de la solde de ses soldats. Il espérait ainsi se faire payer en envahissant le Val de Lièpvre. Le duc de Lorraine ne fut avertit de cette invasion que le 12 janvier 1593. Il prit aussitôt des mesures et le 16 janvier un régiment conduit par L. de Bonnayde arrivait à Lièpvre. D'autres troupes se joignirent ensuite sous les ordres du bailli de Nancy, Renaud de Gournay. La guerre dura jusqu'en 1604. Pendant l'occupation des troupes du Marquis de Durlach, un mercier nommé Laurent guidait l'ennemi dans les villages de Rombach-le-Franc et Lièpvre pour leur indiquer les maisons opulentes. Il sera condamné pour crime de lèse-majesté et une maison lui appartenant à Sainte-Marie-aux-Mines sera confisqué. Les habitants du Val de Lièpvre seront exemptés pendant huit ans de l'impôt pour les dédommager de ces mises à sac répétées. Le marquis de Durlach en se retirant de la vallée emporte avec lui le sceau de la mairie de Lièpvre [38].
Les Armagnacs appelés aussi les routiers sous la conduite du Dauphin Louis entrent en Alsace vers 1444 forçant les villes à capituler en leur faisant subir les pires brutalités. Ces routiers appelés Armagnacs parce que la cause royale qu'ils servaient se rattachait au parti des Armagnacs de la maison d'Orléans. Ils sont aussi nommés Ecorcheurs ou Schinder parce qu'il leur arrivait de découper la peau des victimes en lanières. Les bandes d'Armagnacs étaient composées de Français, d'Espagnols de Lombards et d'Écossais. Son chef était Bernard VII d'Armagnac, beau-père du duc Charles Ier d'Orléans, dont le père Louis Ier avait été assassiné par le duc de Bourgogne, Jean sans Peur en 1407.
Vers Septembre 1444 les Armagnacs occupèrent Châtenois, Saint-Hippolyte, Lièpvre et Rombach-le-Franc. Lièpvre et Rombach-le Franc se soumettent au Dauphin pour ne pas endurer les dégâts et les atrocités.
Au printemps 1445 les Armagnacs décident d'évacuer le Val de Lièpvre et l'Alsace où il n'y avait plus grand chose à prendre et qui du reste se soulevait toute entière. Charles VII inquiet des mauvaises nouvelles venant d'Alsace ordonna aux Armagnacs d'évacuer la région le 20 mars 1445. Une de leur colonne remonta le Val de Lièpvre à la sortie de Lièpvre au lieu dit le rocher des violons (que les Alsaciens appellent le Geckenfelsen ou Geigenfelsen) en direction de Musloch où ils se rendent vers la Lorraine. Les Armagnacs sont surpris à l'improviste par les troupes de la ville de Sélestat emmené par Gunther l'intendant du prieuré Sainte-Foi de Sélestat auxquelles prennent part des habitants de Lièpvre, de Rombach-le-Franc et de Sainte Croix-aux-Mines et même du Val de Villé. Ulric de Rathsamhausen, le prévôt d'Obernai et ses paysans grossirent les rangs de Gunther pour organiser la résistance. Du haut des rochers, camouflés dans les buissons, ils voient remonter d'interminables colonnes de cavaliers et de chariots. Gunther et ses troupes jettent leur dévolu sur l'arrière de la colonne où se trouvent les chefs et une partie du butin amassé dans la région de Dambach-la-ville, Rosheim et Niedernai. Ils firent rouler d'énormes quartiers de rochers sur les Armagnacs qui causèrent d'énormes pertes dans leur rang. Sébastien Munster dit dans sa Cosmograhie que les Armagnacs perdirent jusqu'à 300 hommes, dont un landgrave qui était écossais et le maréchal du palais du dauphin qui était le beau-frère du roi de France et qui pourrait être Jean de Montgoméry. La résistance contre les Armagnacs est dirigée par Henri Gunther intendant du prieuré Saint Foi de Sélestat qui avait reçu le sobriquet de Lang en raison de sa grande taille. Il est à la tête de 400 hommes courageux et de centaines de paysans qui reprennent aux Armagnacs le butin qu'ils avaient amassé : 9 canons, 400 chevaux, 9 bannières dont une appartenait aux Suisses. De jolies femmes sont également capturées. Ribaudes ou femmes légitimes ' La chronique ne le dit pas. Il y a en outre 80 armures, 6000 florins en or et une grande quantité de vaisselles plates, plusieurs tonneaux de poudre et des outils de toute sorte. Charles VII apprenant la nouvelle du désastre de Lièpvre se mit dans une colère terrible en accusant de traitrise et de perfidie ceux qui l'avaient si prestement conseillé pour la traversée des Vosges, et en particulier le margrave de Baden responsable de ses bouches à feu qui se trouvaient maintenant entre les mains des bourgeois de Sélestat. Ce fameux margrave par son mariage avec une princesse de Lorraine possédait le bailliage de Saint-Dié [39].
En 1525, les villages de Lièpvre et de Rombach-le-Franc sont attaqués par les Rustauds. Lors de ces révoltes, encouragés par les Protestants, les paysans du Val de Lièpvre opprimés, se soulèvent contre la noblesse. On leur promet la liberté. Les Rustauds reçoivent le renfort des paysans de Ribeauvillé, de Riquewihr, de Bergheim, de Sigolsheim, d'Ammerschwihr et de Kaysersberg. Un habitant de Lièpvre nommé le Grand Hannezo, entraîne quelques habitants des deux localités à l'attaque du prieuré. Ils défoncent les portes et les fenêtres, jettent les ouvrages, cassent les vitraux. Après avoir occasionné d'importants dégâts au prieuré, ils invitent les femmes et enfants des villages de Lièpvre et Rombach-le-Franc à participer aux festins. Ils boivent et mangent autant qu'ils le peuvent. Encouragés par un nommé Jacque de Lusse, le Grand Hannezo fait sonner la cloche du prieuré pour rassembler la population et faire jurer par acclamation la haine aux prêtres et aux Seigneurs, la suppression des dîmes, la mise en commun de la chasse, de la pêche et des forêts. Ils emportèrent le blé, le foin, la paille et l'avoine que les moines avaient stockés ainsi que divers aliments.
Un jeune prévôt de Senonville qui se rendait chez un marchand de vin à Raon-l'Étape est fait prisonnier par les habitants de Sainte-Marie-aux-Mines, Sainte-Croix-aux-Mines, Lièpvre et Rombach-le-Franc et l'emmène à Lièpvre. Ils firent jurer par acclamation la haine aux prêtres et aux seigneurs, la suppression des dîmes, la mise en commun de la chasse de la pêche et des forêts. Ils créèrent une nouvelle justice sous les ordres du maréchal Jehan accompagné par le Grand Hannezo [40].
Le Grand Hannezo et ses compagnons se dirigèrent ensuite vers le Val de Villé espérant emporter le même succès, mais la population refuse de les suivre. Ils se rendent ensuite à Saint-Hippolyte où ils reçoivent un meilleur accueil.
Les Rustauds qui se soulèvent pillent et brûlent pour mieux régénérer l'Eglise et la société Le duc de Lorraine Antoine à la tête d'une armée bien aguerrie met un terme à ce soulèvement et rétablit l'ordre. S'apprêtant à rentrer en Lorraine, le duc est prévenu que 16000 récalcitrants se regroupent près de Sélestat pour attaquer le Val de Villé. Le duc et ses combattants font aussitôt demi-tour et repassent à l'offensive. Les fuyards qui croyaient s'échapper à la faveur de la nuit se regroupent à Scherwiller où la population leur est favorable. Le duc fit mettre le feu au village de Scherwiller, près de Sélestat le 20 mai 1525. Plus de 5000 insurgés sont massacrés impitoyablement par les troupes lorraines.
Le Grand Hannezo est arrêté et incarcéré dans une prison de Saint Dié où il passera quatre mois. Il sera gracié par le duc à la suite de la supplication de sa famille [41].
L'un des meneurs, le curé Wolfgang Schuh (1493-1525), de Saint-Hippolyte, abjure la foi catholique et se marie, suivi par nombre de ses paroissiens. Après les émeutes il fut arrêté par Gaspard d'Haussonville, gouverneur de Blamont. Il est condamné à mort par un tribunal de l'inquisition et brûlé vif à Nancy le 21 juin 1525. D'autres sont emmenés en captivité en Lorraine et ne sont libérés que sur paiement de rançons. Après la défaite des Rustauds, le duc de Lorraine envoya un détachement dans le Val de Lièpvre avec pour mission de faire rentrer la population dans le rang. Les habitants du Val de Lièpvre, dont certains de Rombach-le-Franc, et de Lièpvre qui s'étaient joints aux émeutes anticatholiques n'obtinrent le pardon qu'à de très dures conditions. Ils furent notamment contraints de marcher, à travers la forêt, pieds nus en procession jusqu'au sanctuaire de Dusenbach (Ribeauvillé). Quant aux habitants de Saint-Hippolyte ils durent endurer la punition la plus grande puisque le duc Antoine tenait ses sujets comme particulièrement hérétiques. Ils avaient non seulement sympathisé avec les Rustauds, mais aussi vis-vis de la Réforme.
A partir de 1632 l'Alsace est parcouru par des bandes de soldats impériaux et lorrains qui pillent les campagnes et s'emparent des villes. En septembre 1633, ils attaquent le Val de Lièpvre. Lièpvre et Rombach-le-Franc sont pillés en novembre et plus de 70 maisons sont brûlées à Lièpvre. Rombach-le-Franc connaît un début de peste qui est vite circonscrit et le village échappe de peu au feu. Les Suédois s'emparent le 12 décembre 1632 de Sélestat, puis en juin 1633 de Villé. En juillet de la même année ils attaquent le Haut Koenigsbourg qui capitule le 7 juillet. Ils font ensuite des incursions dans tout le Val de Lièpvre et pour comble apportent la peste. Le prieuré de Lièpvre est à nouveau dévasté. Lièpvre est pillé et plus de 70 maisons sont brûlées. Rombach-le-Franc échappe au feu. Depuis quelques mois, Charles IV (duc de Lorraine) n'est plus en mesure de venir en aide aux populations du Val de Lièpvre car ses propres troupes doivent affronter les Suédois et Français. Cependant les lorrains font de fréquentes incursions et Charles IV (1624-1634) lui prend part à ses expéditions en s'approchant des crêtes vosgiennes. En 1634 les habitants de Rombach-le-Franc sont exemptés de la taille en raison des ravages de la peste et des guerres. De 1635 à 1641 le Val de Lièpvre est occupé par la France. Un an plus tard les lorrains sont de nouveau maîtres de la région pour quelques mois seulement. Puis la France occupe à nouveau la Lorraine de 1641 à 1659 et de nouveau entre 1670 et 1697.
Entre temps en mars 1635 des détachements lorrains franchissent par surprise la vallée de Thann qui occupent les lieux jusqu'en 1646.Le Val de Lièpvre lui reste toujours aux mains des français depuis juin. A cette époque, Richelieu ordonne de nettoyer le pays et de rechercher tous ceux qui ouvertement ou secrètement soutiennent Charles IV de saisir tous les biens et de les poursuivre comme criminels. La guerre de trente ans et surtout les épidémies de peste bubonique et de typhus provoquent une immense catastrophe économique et démographique dans la vallée. La vallée est exsangue et la population chute dans des proportions vertigineuses. À Rombach-le-Franc la population diminue de 2/3 ainsi qu'à Lièpvre situé à 2 km du bourg. L'économie rurale est complètement désorganisée. Le traité de Ryswick rend le duché de Lorraine à Léopold Ier à partir de 1697.
Du IXe au XIIIe siècle, le territoire de Rombach-le-Franc est quasiment inhabité et couvert de bois. À partir de 1383 les bénédictins du monastère Sainte-Foy de Sélestat prennent possession de la forêt du Hantchy, baptisée le Langerain par les germanophones, et de quelques terrains. Les quelques habitants n'ayant pas de terre arables s'adressent aux bénédictins du monastère de Sainte-Foy propriétaires des lieux, pour leur demander de défricher la forêt afin de les mettre en culture contre une redevance annuelle.
Les comtes de Nordgau possédaient, avec le prieuré de Lièpvre et l'abbaye d'Andlau, les dîmes de la cour seigneuriale de Kintzheim et d'une partie des forêts faisant aujourd'hui parties de Rombach-le-Franc avec ses dépendances, et terrains notamment. Un tiers des terrains et bois situés dans cette commune appartient encore au monastère de Lièpvre, ainsi que les dîmes qui y sont rattachées. Les deux autres tiers appartiennent aux comtes. Les dîmes des comtes de Nordgau passent au monastère de Sainte-Foi de Sélestat en 1095.
Un vidimus datée du 26 avril 1095 et reproduit au XIIIe siècle (l'original ayant disparu) confirme un acte de donation fait par le duc Frédéric de Souabe, neveu de Henri V, en faveur du prieur de Sainte-Foi de Sélestat. Dans ce document Frédéric de Souabe énumère les biens qu'il donne aux moines de Sélestat, parmi lesquels de vastes domaines forestiers situés entre le Giessen et la Lièpvrette, proche de Fouchy (Groba) dont l'église, dotée par Otton, évêque de Strasbourg et de prairies à l'Allemand Rombach [42].
Durant le règne de Mathieu I, dit le Débonnaire (1110-1176) duc de Lorraine, fils de Simon Ier et de Adélaïde de Supplimbourg, restitue vers 1172 à l'abbaye de Bongart (= Baumgarden), tous les biens situés à Fouchy et une partie de la forêt située près de Rombach-le-Franc. Il épouse Judith de Hohenstaufen, appelée aussi Berthe (1123-1196) qui est aussi la nièce de l'empereur Conrad III et s'ur du futur Frédéric de Barberousse. Il accompagne Frédéric de Barberousse à de nombreuses reprises, notamment en 1155 pour le couronnement de l'empereur par Adrien IV. A l'intérieur du duché il fit d'importantes donations à l'église et fonda plusieurs abbayes. Il va renforcer les liens entre la Lorraine et le Saint Empire Germanique. Aussi ne voit-il aucun inconvénient à ce que les moines de Lièpvre soient dépouillés d'une partie de leurs terrains situés à Rombach-le-Franc pour faire plaisir à son beau frère.
Le grand ruisseau qui passait à travers le village partageait le finage pour la dîme. Dans la partie qui se trouvait à gauche de ce ruisseau, la dîme appartenait au prieuré de Lièpvre.Elle était d'environ d'un tiers. Les deux autres tiers appartenaient aux bénédictins de Sélestat du monastère de Sainte-Foi depuis 1383, puis aux Jésuites à partir de 1615. La prévôté de Sainte-Foy touchait des habitants un cens annuel de 2 florins 8 sols en monnaie strasbourgeoise dès la fin du XIVe siècle.
Par la suite les quelques habitants de Rombach-le-Franc signent d'autres traités avec les Jésuites de Sélestat qui ont succédé aux bénédictins En vertu de ce traité du 22 octobre 1624 ils règlent une somme de cinquante neuf francs et six gros annuellement ;
Un document datant de 1222 déposé aux archives départementales de Meurthe-et-Moselle et signé par Mathieu II duc de Lorraine, confirme l'existence de pâturages à Rombach (Rumbèche) remis gracieusement à l'abbaye de Baumgarten.
En 1606 une transaction est fait entre Jean de Bossolis, prévôt du couvent de Sainte Foi à Sélestat et les habitants de la vallée au sujet de la forêt dite du Langerain que les francophones appèlent le Hantchy. Il a été convenu entre les deux parties:
1) que les habitants de Rombach-le-Franc et de Lièpvre puissent à l'avenir entrer en possesion de la forêt du Hantchy pour leur usage personnelle à condition de payer chaque année à la Saint-Martin d'hiver deux sols en monnaie de Strasbourg et de fournir et livrer à temps opportun le gros et le menu bois dont la communauté des moines de Sélestat pourrait avoir besoin pour l'entretien des bâtiments.
2)Ils doivent aussi tenir la forêt en bon état
3)La communauté de Rombach-le-Franc doit aussi s'engager pendant les périodes d'abondance des glands, laisser paître les porcs du couvent de Sélestat et ceux de Lièpvre ainsi que ceux des habitants de Grube (= Fouchy). Cet acte est signé par Jean de Botzheim, Schultheiss de Sélestat qui a opposé son sceau.
Les habitants de Rombach-le-Franc ont l'habitude de transiger avec les bénédictins, puis avec les Jésuite de Sainte-Foy pour les dégradations commises dans cette forêt, ce droit résultant d'une transaction intervenue entre le monastère de Sélestat et la communauté de Rombach à qui ils ont amodié le Hantchy contre une redevance annuel de 59 francs et 6 « gros », selon un décret du duc Henri de Lorraine, daté du 1er mai 1616. Le monastère de Sainte-Foi de Sélestat possédait en outre un acte de donation de l'archiduc Leopold rédigé le 23 mars 1616 par lequel il confirma les « droits et privilèges » pour les Jésuites du champ de Baumgarden dans le ban de Sélestat, la dîme du ban de Burner (village aujourd'hui disparu), les prés, les champs et le droit de péage du Schnellenbuhl, et enfin les cens provenant de la forêt du Hantchy de Teutsche Rumbach (Rombach-le-Franc). Cet acte est signé du 3 septembre 1618 [43]. À l'époque le supérieur fut le père Henri Meschede, puis de 1617 à 1623 le père Adrien Horn.
Le 13 avril 1620 le litige opposant la commune de Rombach-le-Franc avec les Jésuites du prévôté de Sélestat est porté devant Pierre Fournier à Sainte-Marie-aux-Mines qui est appelé à trancher le différent. Ce dernier est super intendant du Val de Lièpvre et conseiller d'État. La prévôté de Sainte-Foi de Schlestatt (Sélestat) est représentée par le révérend père Adrien Horn, assisté de père Lucas Lestingins, procureur du collège de Molsheim. Rombach-le-Franc est représenté par Michel Le Bech et Demenge, bourgeois et himbourgs. Dans sa plaidoirie la communauté de Sainte Foi reconnaît que la forêt du Hentché a bien été consentie aux habitants de Rombach-le-Franc moyennant une rétribution forfaitaire annuelle décidée d'un commun accord. Cette rétribution étant jugée insuffisante les Jésuites demandent une revalorisation des baux qui est refusé par la communauté de Rombach-le-Franc. Les religieux de Sélestat portent l'affaire devant la justice.
Au XVIIe siècle les Jésuites de Sélestat achetèrent les districts forestiers du Grand Haut, du Raigai et de Vounangoutte. Le reste de la forêt appartient depuis des temps immémoriaux à la commune de Rombach-le-Franc.
En 1684, la commune de Rombach-le-Franc, demandera aux Jésuites de pouvoir payer le cens en monnaie de Lorraine. Les Pères refusent d'abord, puis acceptent ce mode de payement à titre provisoire, pour une durée de huit ans.
Puis les Jésuites, en examinant leurs vieux titres de propriété, découvrent qu'ils ont également droit à la dîme de Rombach-le-Franc, succursale de la paroisse de Lièpvre. Le curé de Lièpvre et de Rombach, Jean-Baptiste Morel, s'empresse de faire connaître ces exigences du collège aux chanoines de l'église collégiale de Saint-Georges à Nancy, collateurs et décimateurs de Lièpvre et de Rombach. D'où un très long procès, d'abord devant le tribunal du Val de Lièpvre, puis devant la Cour de Metz, et enfin devant le Conseil Souverain de Nancy. Devant l'énormité des frais qu'entraînait le procès, les deux parties cherchèrent à trouver une solution de compromis. En 1700, trois chanoines de Saint-Georges vinrent au Collège et proposèrent de partager la dîme en deux parties. Hélas, le procès continuera encore longtemps. Un arrangement à l'amiable fut conclu en 1719.
Mais il ne dura pas très longtemps, puisque dès le 27 novembre 1723, sur la requête du maire de Rombach et des habitants demandent des explications au sujet d'une polémique qui a éclaté sur le partage des dîmes. La communauté s'adresse à Georges Mihiel, avocat du recteur des Jésuites de Sélestat pour examiner la requête qui leur a été adressée. Deux habitants de Rombach-le-Franc se déplacent exceptionnellement auprès des Jésuites de Sélestat pour essayer de trouver un arrangement. Devant le refus de transiger, Rombach-le-Franc s'adresse à un avocat de Lunéville, maître Georges Simon pour défendre les intérêts de la commune.
Mais des décisions des cours de Nancy et de Lunéville en 1723 refusèrent au Collège tout droit à des cens à Rombach. En 1732, la cour de Lunéville attribua toute la dîme au curé de Lièpvre. Ainsi les procès longs et couteux engagés par les Jésuites se terminaient par un échec complet qu'ils attribuèrent aux sentiments « antijésuites » des juges lorrains.
L'exploitation de la forêt a joué de tout temps un rôle économique considérable à Rombach-le-Franc. C'était l'un des postes qui rapportait au Moyen Âge le plus d'argent. Il n'est donc pas étonnant que ces forêts occasionnent de temps à autres des litiges.
Le couvent de Lièpvre possède une grande partie de la forêt qui entoure le Val de Lièpvre, et comme les habitants des diverses localités y ont des droits d'usage, il en résulte quelques difficultés : en juin 1441 pour prévenir les dégâts que les habitants de Lièpvre et de Rombach-le-Franc font dans les bois du prieuré, un règlement complet est élaboré par l'officier du duc de Lorraine, seigneur d'une partie du Val, par le sire de Hattstatt, seigneur de l'autre partie, par le prieur, par le maire, les jurés et les notables de Lièpvre et l'Allemand Rombach [44].
Ainsi de 1519 à 1520, les habitants de Rombach-le-Franc sont en procès avec le conseil ducal du chapitre Saint-Georges au sujet du bois de Chastychêne qui est revendiqué par chaque partie. Sur l'ordre du conseil, une enquête est ouverte à Lièpvre et à Rombach-le-Franc. Les enquêteurs sont très hauts personnages, Gaspard d'Haussonville, gouverneur de Blâmont, Jean Champenoix, procureur général de Lorraine, Jacques Reynette, lieutenant du bailli de Saint-Dié. Une vingtaine de personnes déposent devant eux, et par les soins du conseil, qui joue ici un rôle d'arbitre plutôt que de juge, on aboutit le 2 février 1520 à un compromis : le chapitre aura droit de couper des arbres dans les bois de Chastychêne pour réparer le prieuré de Lièpvre, mais pour cet usage seulement et dans une mesure raisonnable [45].
Un an plus tard, c'est un autre bois, celui de Chesnemont, qui est au centre d'un litige entre et la commune de Rombach-le Franc et le chapitre Saint-Georges de Nancy. Le duc de Lorraine intervient par lettres patentes du 13 juin 1571, pour autoriser le chapitre à nommer des forestiers qui dresseront des procès-verbaux aux mésuants.
Plus favorisé que Lièpvre, la commune de Rombach-le-Franc possède l'avantage de posséder d'immenses forêts communales. Elles sont tellement immenses qu'en 1787, Rombach-le-Franc paie 93 livres de France pour l'impôt du vingtième sur ces bois. Il paie également une rente annuelle de 60 livres aux Jésuites de Sélestat pour l'exploitation d'une forêt leur appartenant. Cette forêt tenue à cens est appelée dans les anciens documents, Hentché, Hantchy [46].
Aux XVIIe et XVIIIe siècles on pouvait encore apercevoir de nombreux loups dans les forêts de la région. Ils étaient impitoyablement pourchassés et pour lesquels les communes payaient même des primes. Le dernier loup à Rombach-le-Franc fut tué en 1712 et la prime à cette époque s'élevait à 2 francs. Le chasseur avait naturellement droit à la bête, qui se vendait quelquefois de douze à quinze francs [47].
En 1708, les habitants déclarent posséder 430 arpents de bois plantés en chêne et en sapin, mais ajoutent qu'ils n'en tirent pas grand profit, car difficilement accessibles. Ils disent ne pas avoir de pâquis communaux. Ces forêts occasionnent souvent des litiges. En 1733, la commune déclare posséder 2644 arpents de futaie et 88 arpents de taillis. Un arrêt de la cour de Lorraine du 15 décembre 1722 confirme la propriété de 412 arpents de futaie, moyennant une redevance de 7 francs, non rachetable, à payer aux Jésuites de Sélestat, suivant le traité de 1383 et une transaction de 1624. La commune de Rombach-le-Franc possède toutes les autres forêts depuis un temps immémorial, suivant les lettres d'Henri II duc de Lorraine du 10 mai 1619 et du 28 mars 1619.
En 1824, le conseil municipal de Rombach-le-Franc est saisi par le préfet du Haut-Rhin au sujet d'un différent opposant la commune et la ville de Schlettstadt (Sélestat). Les deux communes se disputent depuis de longues années la forêt du lieu-dit le Grand Haut au-dessus du col du Petit Haut jouxtant la crête du Haut de La Vancelle. Rombach-le-Franc estime que cette forêt lui appartient depuis des temps immémoriaux alors qu'au contraire la ville de Sélestat affirme détenir ce bois depuis la Révolution. Ce bois appartenait avant la Révolution aux moines du prieuré Sainte Foi de Sélestat qui a été saisie et donné à la ville de Sélestat. Rombach-le-Franc reproche à la ville de Sélestat d'avoir fait couper 11 gros arbres au Grand Haut et fait porter l'affaire devant les tribunaux. Le préfet souhaitant trouver un arrangement entre les deux communes demande aux deux parties de trouver un terrain d'entente afin d'éviter des frais inutiles qui risquent de grever leur budget. Le conseil municipal de Rombach-le-Franc suivant les propositions du préfet retire alors sa plainte [48]. Par la suite la forêt le Grand Haut est revenue à la commune de Rombach-le-Franc à la suite d'une décision préfectorale de 1888.
En 1836 la commune de Rombach-le-Franc refuse le passage dans sa forêt communale aux voituriers du Comte-Ban (Bas-Rhin) pour acheminer les coupes de bois. Le conservateur des eaux et forêts adresse une lettre à son homologue Haut-Rhinois pour dénoncer ce coup de force. Le conservateur du Bas Rhin fait remarquer que de temps immémorables, les coupes de bois du Comte-Ban ont toujours été acheminées par la forêt communale de Rombach-le-Franc. Il demande les bons offices du préfet pour débloquer la situation [49].
D'autres litiges seront occasionnés entre la commune de Rombach-le-Franc et des particuliers. En 1835 un habitant de Fouchy, M. Jean Baptiste Fonmosse qui possédait des terrains au lieu dit de Noirceux reproche à la commune de s'être accaparée d'une partie de la forêt établit sur sa propriété. Il demande à Maître Ackerman de faire valoir ses droits auprès du tribunal. Il réclame notamment qu'on lui rende une partie de la forêt de haute futaie qui se trouve sur ce lieu. Dans un premier temps il est débouté.Entre temps il vend ses propriétés à la veuve Humbert de Lalaye qui attaque à son tour la commune de Rombach-le-Franc au motif que les bornes cadastrales empiètent sur ses propres terres et qui passent par le pré de Noirceux et la ferme dite de Degelingoutte, près de l'ancien pré de Lorraine au dessus de la Hingrie. Madame Humbert pour faire valoir ses droits exhibe un ancien plan établi par M. Vautrinot, arpenteur qui semble lui donner raison. Le tribunal déboute la commune une première fois le 31 mai 1838 qui fait immédiatement appel pour contester la décision. Rombach-le-Franc fait remarquer que selon un ancien titre qui se trouve au bailliage de Châtenois le terrain litigieux a toujours fait partie des biens de la commune et comme preuve elle avance que d'après ce plan la propriété indiquait une contenance de quatre jours, qui était une ancienne mesure de Lorraine. Elle poursuit que l'emplacement de ces bornes sont au contraire sur ses propres terres et que si contestation il y a, elles proviennent de l'ancien propriétaire qui a déplacé les anciennes bornes de la commune. Elle attaque à son tour l'ancien propriétaire, le sieur Fonmosse pour voie de fait, choisissant pour l'occasion Maître Belin pour porter l'affaire devant les tribunaux et demandant un sursis pour produire les pièces nécessaires à sa défense. Cependant, malgré les nouvelles pièces apportées, la commune de Rombach-le-Franc est de nouveau déboutée par un arrêt de la cour royale du 8 juin 1839 et condamné à ses dépends entraînant pour sa part de lourds frais [50] .
À partir de 1661 le duc Charles IV revient à la tête de ses états dont le Val de Lièpvre et lance des mesures pour restaurer la démographie et l'économie sans que le roi de France ne s'y oppose espérant pour ce dernier ainsi devenir un jour le maître absolue de cette province.
Parmi les mesures destinées à relancer l'activité, Charles IV apporte un large soutien aux manufactures de draps et de soie. Les artisans qui s'installent dans la vallée bénéficient de la dispense du droit de bourgeoisie (c'est-à-dire d'entrée dans la ville), des impôts pendant six ans, du logement, etc. Dans la vallée on voit arriver des populations savoyardes, suisses et d'autres régions françaises ou même de Mulhouse qui était encore rattaché à la Suisse. Plus tard des hommes d'affaires venant de cette ville s'installent à Sainte-Marie-aux-Mines où ils montent des usines de textiles et de soie, ce qui procure du travail à une partie de la population de la vallée. Par la suite d'autres industriels s'installent dans les autres villages de la vallée dont notamment Lièpvre et Sainte-Croix-aux-Mines. Rombach-le-Franc reste momentanément à l'écart de cette industrialisation. Comme Rombach-le-Franc et Lièpvre avaient beaucoup souffert des guerres du XVIIe siècle, le duc Léopold essaya de relever l'économie locale. Par lettres patentes du 28 septembre 1711, il créa dans le bourg voisin situé à 2 km un marché tous les jeudis et trois foires par an, les 11 mars, 26 juillet, 22 octobre jours où il n'y avait dans aucune localité à six lieues à la ronde aucune manifestation. Ces foires avaient les mêmes privilèges que celles de Saint-Dié ou Bruyères dans les Vosges. Par ailleurs, il accorda un an de franchise d'impôts à tous les étrangers qui bâtiraient dans les deux bourgs [51]. Grâce à ces mesures, Rombach-le-France et Lièpvre retrouveront quelque prospérité et les deux bourg se repeupleront assez rapidement.
Des anabaptistes venus de Suisse sont encouragés à s'installer dans la région pour reprendre les fermes abandonnées et pour défricher les forêts. Le duc Léopold impose que chaque commune fasse un bilan et une déclaration des biens abandonnés avec autant que possible des témoignages des plus anciens habitants pour s'assurer que les habitations sont bien vacants. À la Hingrie, un hameau dépendant de Rombach-le-Franc les fermes sont peu à peu appropriées par les Anabaptistes et des paysans venus d'Orbey, de Fréland, du Bonhomme, de Savoie ou du Val d'Aoste. C'est ainsi qu'on voit apparaître de nouveaux noms comme les Valentin, les Finance originaires du Bonhomme, ou les Roudot, les Barlier, Bourgeois de Fréland. D'autres familles venant des Vosges s'installent comme les Demange, Reynette ou d'Orbey comme les Cottel ou les Bâtot. Jusqu'en 1730 les Anabaptistes construisent des fermes ou les rénovent jusque dans les coins les plus reculés du vallon de la Hingrie ou loue leur service à des bourgeois fortunés qui apprécient leur compétence dans le domaine agricole. Une première vague de Suisses (Mennonites) frappés par la crise économique et la Jacquerie s'était déjà installée à la Hingrie vers 1653 développant les chaumes et le système de transhumance vers les hauteurs entre mai et octobre. De fréquents contacts s'opèrent d'ailleurs entre les habitants de la Hingrie, du Grand et du Petit Rombach, de la Chaume de Lusse et même jusqu'à Lubine dans les Vosges ou le Val de Villé.
Pendant la Révolution Rombach-le-Franc est le théâtre d'une vaste chasse à l'homme. Des bandes armées portant le bonnet phrygien, et vêtus d'habits à rayures, chaussés de sabots bourrés de pailles montaient de la vallée de Lièpvre en direction du Col de la Hingrie. On leur avait indiqué que des prêtres réfractaires se cachaient dans les fermes des alentours. Les paysans révolutionnaires étaient à la recherche de trois prêtres qui avaient trouvé refuge dans la montagne : l'abbé Boulanger, curé de Rombach-le-Franc depuis 1786 ; le curé Seck de Fouchy et aussi l'abbé Schaal de Ste Croix-aux-Mines. Ce dernier disait souvent la messe à la chapelle de la Goutte, pas très loin du Creux-Chêne faisant partie de la Hingrie. Il n'est pas impossible que les trois curés se rencontraient secrètement au début de la Révolution dans les environs de la Hingrie. Au commencement de la Révolution, Rombach-le-Franc est un bourg assez ignoré de l'administration centrale ce qui permet à l'abbé Boulanger de mener une vie active et paisible dans le village. Les Révolutionnaires mettront d'ailleurs assez longtemps à s'apercevoir de l'existence de l'abbé Boulanger. Dès lors il ne pourra plus exercer le culte ni prêcher dans l'église et sera contraint à la clandestinité. Il passera d'une ferme à une autre. Il s'ajournera souvent chez un certain Didierjean de la Longire (ou tantôt à la Vaurière à la ferme d'un certain Tourneur) près de laquelle on peut encore apercevoir le rocher où il disait la messe. Il se cachera aussi chez les familles Tourneur et Mosse. C'est dans ces deux fermes que l'abbé Boulanger célébrait la messe, confirmait, baptisait et célébrait les mariages. Dans la maison de Jean Joseph Mosse, située dans le village même, il y avait une cachette où les prêtres pouvaient se mettre à l'abri. Dans une autre maison située dans le village on a trouvé un confessionnal qui avait servi pour confesser les paroissiens pendant le règne de la terreur. Cette maison était autrefois habitée par François Réling.
Dès l'apparition des révolutionnaires dans les parages, les fidèles et les curés se sauvaient dans la forêt voisine. Pour ne pas mettre en péril les fidèles restés loyaux envers la religion catholique, le curé de Rombach-le-Franc s'exilera dans le pays de Bade à partir du 17 novembre 1792 jusqu'en 1800. Il fera de temps en temps des retours inopinés pour s'assurer de la loyauté de la population. Le curé de Lièpvre, Louis Guérand, soumis aux mêmes tracas trouvera refuge à la Vaurière ou près du rocher appelé Rocher des réfractaires sur la crête du Haut de La Vancelle. Lui aussi a dû s'exiler le 16 septembre 1792 après avoir refusé de prêter le serment civique [52]. Pour assister au culte clandestin les paroissiens étaient invités grâce à l'emploi du patois vosgien que les soldats et les gendarmes ne comprenaient pas et en disant ; « venez à la soupe ».
C'est au cours d'une belle journée d'août 1792 que des soldats arrivés en renfort essaient de traquer l'abbé Boulanger dont un villageois avait indiqué l'endroit où il se trouvait. C'est dans une ferme située à Grandgoutte que Nicolas Million et sa femme avaient donné refuge aux prêtres réfractaires. Voyant arriver de loin les soldats, le couple va les cacher dans des bottes de foin. Arrivé sur les lieux, l'officier ordonne la perquisition de la ferme en promettant la guillotine au fermier en cas de découverte des fugitifs. Ils montent au grenier et commencent à transpercer une à une les bottes de foin, à l'exception des deux dernières où se trouvaient effectivement les prêtres. On en saura sans doute jamais si les soldats avaient aperçu les fugitifs, mais cela n'est pas impossible. On trouve en effet dans les chroniques de l'époque des soldats qui mettent peu d'empressement à persécuter les prêtres. L'un des deux prêtres cachés dans une botte de foin était l'abbé Stackler de Neuve Eglise qui mourra d'ailleurs sur l'échafaud quelques mois après, et l'autre était l'abbé Boulanger. Ce dernier ne retrouvera sa paroisse qu'à partir de juillet 1800 peu après la chute de Robespierre [53].
En 1789 la Révolution confisque les biens du chapitre de la cathédrale Saint-George de Nancy dont les domaines forestiers du Grand Haut, du Raingai et de Vounangoutte qui avaient été achetés au XVIIe siècle sur les terres de Rombach-le-Franc. La forêt du Hantché appartenant depuis 1383 aux moines de Sélestat est également confisquée. Tous les ans les habitants de Rombach-le-Franc devaient régler aux moines de l'église Sainte-Foi de Sélestat 24 florins, monnaie de Strasbourg et fournir un millier d'échalas en sapin, plus trois sacs d'avoine ou un chariot de planches. Les habitants de Rombach-le-Franc tenaient ce bois en admodiation par ascensement perpétuel et payaient la dîme à la Saint-Martin de chaque année (11 novembre).
Le Chapitre Saint George de Nancy était propriétaire du Chalmont. Ce bois appartenait déjà depuis le début aux moines de Lièpvre. Vers 1441 la vaine pâture, appelée ainsi, car il s'agissait de la partie dénutée ou défrichée du Chalmont est louée à la communauté de Lièpvre et de Rombach-le-Franc pour une période de 70 ans moyennant une redevance annuelle de 38 sols de Strasbourg. En 1499 le droit de glandée y est autorisée pour les paysans de Lièpvre pour 9 ans à raison de 3 florins du Rhin et par an afin qu'ils puissent y amener des porcs [54].
Le 16 juin 1791 eut lieu à Colmar la vente des biens du prieuré de Lièpvre. Sont vendus notamment deux moulins, des prés, des terres, y compris la petite chapelle à divers habitants de Rombach-le-Franc et Lièpvre pour environ 40 000 livres [55].
Le 4 fructidor de l'an 9 (22 août 1801), un terrible incendie détruit quarante-trois maisons, situées entre la rue de l'Eglise et le centre du village jusqu'à la bifurcation du chemin qui mène vers le col de Fouchy. L'église qui avait été construite en 1746 pour remplacer l'ancienne chapelle Sainte-Rosalie construite au XIIIe siècle par les moines du prieuré de Lièpvre ainsi que le presbytère sont détruits par le feu. Une seule maison située à côté du presbytère échappe aux flammes. La maison commune (mairie) est également détruite entièrement. On déplore la mort de plusieurs personnes dont l'instituteur du village, Jean Baptiste Hestin. Il sera remplacé par Jean Nicolas Henri et Joseph Bournique comme adjoint qui officiera de 1895 à 1828. L'année scolaire commençait à la Saint-Martin et se terminait à la Saint-Georges. À cette époque Rombach-le-Franc compte 1500 habitants. 100 garçons et 90 filles fréquentent l'école du village dont 64 élèves admis gratuitement. En été les effectifs ne sont plus que de 20 garçons et 20 filles qui doivent participer alors aux travaux des champs avec leurs parents.
Les habitants de Rombach-le-Franc doivent se rendre à Lièpvre pour le culte catholique et le conseil municipal ne dispose plus d'aucun endroit pour tenir ses séances. Le curé Boulanger qui venait à peine de se remettre de ses émotions liées à la Révolution se trouve complètement désemparé. Il y voie la main de Dieu et rappelle que ce feu était peut-être lié au non respect de l'engament des cierges de l'Assomption. En effet lors de la création d'une paroisse autonome le 16 février 1786, l'évêque de Strasbourg, monseigneur Louis René Guéméné (1779-1801) avait ordonné que tous les ans, à la fête patronale (15 août), deux notables du village délégués par leur communauté, portent deux cierges de cire blanche d'une demi-livre chacune et se rendent en procession jusqu'à l'église de Lièpvre. Ce geste devait marquer la prééminence de la paroisse de Lièpvre sur celle de Rombach-le-Franc. Mais au bout de quelques années, avec l'interdiction de mener le culte pendant la Révolution, cette noble habitude fut abandonnée.
Pour accélérer le processus de reconstruction du village, le conseil municipal décide de faire des prélèvements exceptionnels de bois dans diverses parcelles de ses forêts : des coupes ont lieu au lieu-dit du Barançon (trois hectares); au Naltérin (deux hectare et demi);au Volbeucheux aujourd'hui le Volbach (1 hectare et demi) au Gange et à Vourogoutte (un hectare et demi). Ces deux endroits sont peuplés de taillis de chêne de 30 à 40 ans d'âge et sont particulièrement recommandés pour la charpente [56]. La première pierre angulaire de la nouvelle église est bénie le 15 août 1805 par Jean Baptiste Boulanger, curé de Rombach-le-Franc et du maire Nicolas Mettemberg (maire et réélu de nouveau le 28/08/1801) ainsi que de son adjoint Jean Dominique Collin en présence de tout le village. Le 7 décembre 1807 le curé Doyen de la paroisse de Sainte-Madeleine de Sainte-Marie-aux-Mines présidera à la cérémonie de la bénédiction des deux cloches. La grande cloche d'un poids de 800 kg est bénie sous l'invocation de la Sainte Vierge et la plus petite de 450 kg sous le nom de Saint Blaise et de Saint Quirin les patrons secondaires de l'église Sainte-Rosalie Les maisons détruites par le feu sont peu à peu reconstruits [57].
Napoléon Ier depuis Mayence fait part aux français de soustraire la patrie aux dangers qui la menacent: un décret impérial daté du 11 novembre annonce une augmentation du prix du sel de 20 centimes par kilogrammes et un impôt supplémentaire sur les portes et fenêtres est institué.
Par ailleurs tous les citoyens les plus aisés sont appelés à participer financièrement à l'effort de guerre et à supporter le 10e des dépenses extraordinaire. À Rombach-le-Franc 58 citoyens sont appelés à participer à cet effort, en plus de leur contribution foncière et nobiliaire.
Les 10 personnes les plus imposées sont dans l'ordre : Nicolas Chenal, Sébatien Pairis, Michel Philippe, Georges Philippe, Jean Baptiste Chenal, Dominique Collin (père), François Chenal, Joseph Lamaze, Jean Baptiste Lamaze, Nicolas Guiot. Même l'abbé Boulanger, curé de Rombach-le-Franc est tenu de participer à l'effort de guerre. [58].
De janvier à avril 1814, Napoléon Ier doit faire face à des troupes coalisées comprenant la Russie, la Prusse, l'Angleterre, la Suède, l'Autriche et plusieurs états allemands, anciens alliés de Napoléon, notamment la Bavière et le Wurtemberg pour ne citer que les plus puissants. Les Autrichiens, au nombre de 120 000 hommes pénètrent en France en passant par la Suisse dont ils avaient acheté ou violé la neutralité. Les Prussiens et les Russes passent le Rhin Les autres unités commandées par le Bernadotte sont composées de Suédois, Russes, Prussiens, Anglais, tous ennemis jurés de la France et envahissent l'Empire par la Belgique. Le 25 janvier 1814, Haguenau, Épinal, Nancy sont aux mains des coalisés. Les troupes coalisées occupent Paris le 31 mars 1814. Le 6 avril Napoléon Ier abdique à Fontainebleau. Dès les premiers jours de janvier des soldats franchissant les Vosges commencent à s'établir dans la vallée établissant des campements de fortune.
Le même mois de l'année 1814 la commune reçoit le passage des troupes de la coalition qui combattent les troupes de Napoléon. Les troupes bavaroises du général Deroy commandant 5000 hommes sont les premiers à franchir la crête des Vosges. Ils vont se retrancher sur le haut de Saint-Dié. L'essentiel de la brigade est cantonnée à Sainte-Marie-aux-Mines et le reste est réparti dans les autres villages de la vallée. Une garnison siège à Rombach-le-Franc entre 1815 et 1818 occupant l'immeuble qui fait aujourd'hui partie de la poste et une autre occupait l'ancienne poste aux chevaux de Lièpvre. Plusieurs garnisons traversèrent la vallée : 25 cosaques avec à sa tête le général russe, le baron d'Ellinghausen, le général bavarois et sa division et un régiment de hussards autrichiens. Une division d'Infanterie et de cavalerie estimée à 9000 hommes,commandée par les généraux autrichiens Frimont et Volckman traverse également la vallée le 12 janvier. Le capitaine Zitzmann du 9e de ligne bavarois fut nommé commandant de la place de Sainte-Marie-aux-Mines et y exerça ses fonctions jusqu'au 25 janvier et de nouveau du 22 mars au 19 mai. Le 24 janvier 1814 un équipage du prince Charles de Bavière, avec une escorte de 400 hommes franchit la vallée pour se rendre en Alsace. La route entre le col de Sainte-Marie-aux-Mines était d'ailleurs l'un des principaux axes de communication qu'empruntaient de nombreuses troupes alliées pour se rendre en Alsace. À la suite de la seconde Restauration, la vallée de Lièpvre eut une garnison de chasseurs autrichiens qui séjourna de 1815 à 1818 commandée par le colonel comte de Cassassa qui avait son cartier général à Sainte-Marie-aux-Mines. Le 21 avril les princes Nicolas et Michel, frères de l'empereur Alexandre Ier de Russie arrivèrent à Sainte-Marie-aux-Mines et y séjournèrent une nuit dans les appartements de la famille Risler. Ils se rendirent dans la matinée du 22 avril chez J.G. Reber âgé de 83 ans et l'invitèrent à venir visiter les jardins de Saint Petersbourg. L'escorte était en grande partie composée de cosaques qui bivouaquèrent toute la nuit dans les environs de la maison Reber. Pendant la campagne de 1814, la route du col de Sainte-Marie-aux-Mines fut très fréquentée par les troupes de la coalition avec de nombreux généraux. Le 2 mai une compagnie de gardes russes franchit la vallée à pied, puis le 19 mai on assiste au passage de 300 hommes d'infanterie de la région du Wurtemberg et d'un détachement de dragons. Le 20 mai un détachement de dragons de Knesezwicht et de l'infanterie de l'archiduc Rodolphe passe par la vallée. Le 21 ce sont les généraux Frimont et Hartdegg accompagnés de chasseurs à pieds qui prennent possession autour de la vallée. Le 31 mai c'est au tour du général Jett commandant la cavalerie avec un régiment de wurtembourgeois du prince Adam de chasseurs à pied et à cheval commandé par le comte Lippe de se positionner dans la vallée.
Un soir du mois d'octobre 1814, le duc de Berry fait halte à l'Allemand Rombach où il déjeune. Six ans plus tard, dans la nuit du 13 au 14 février 1820, il est poignardé par un nommé Louvel alors qu'il sort de l'opéra de Paris. Un hommage est rendu par le conseil municipal à la personnalité du duc de Berry « victime d'un lâche attentat ».
Après le départ des troupes alliées dans la vallée en 1818 on voit apparaître un nouveau départ de l'industrie. Après une interruption de 12 ans, l'exploitation des mines fut reprise en 1824. Une nouvelle compagnie parisienne racheta l'ancienne société Vallet et Leclerc ainsi que les bâtiments et terrains et commença à entreprendre des transformations. Cette société fut reprise par Cor-Larigaudelle et Cie avec à sa tête M. de la Rochelle qui résidait à Sainte-Marie-aux-Mines.
Les 27, 28 et 29 juillet 1830 éclate à Paris des troubles qui ne furent connus dans la vallée que le premier août suivant. La diligence qui apportait le courrier n'arrivait que trois fois par semaine. On attendait donc avec impatience les nouvelles de Paris. Le premier soin de l'administration française fut d'organiser une garde nationale. En septembre 1830 est annoncé le passage dans la vallée d'un bataillon de 400 hommes qui avait participé à la bataille de Paris.
Un décret du 22 mars 1831 institue la création d'une compagnie de gardes nationaux dans chaque commune. Les articles 31 et 32 de ce décret obligent chaque mairie à mettre en place une telle compagnie. Au prétexte que la population de la commune est éparpillée, tant à cause du hameau de la Hingrie et des fermes isolées, la municipalité opte pour trois compagnies et une subdivision de sapeurs pompiers. La première compagnie composée de jeunes gens du chef lieu et des fermes rapprochées, est composée d'hommes âgés de 20 à 35 ans au nombre de 117. La 2e compagnie est composée d'hommes âgés entre 35 et 55 ans habitant également le chef lieu du canton et des fermes rapprochées au nombre de 87 hommes. La 3e compagnie se compose de tous les individus âgés entre 20 à 55 ans habitant le hameau de la Hingrie et des fermes isolées au nombre de 76 hommes. La subdivision des sapeurs pompiers se compose de 25 hommes. Une réserve instituée pour la circonstance instaure un contingent de 11 hommes et celle de la 2e compagnie de 19 hommes et la 3e de 10 hommes. La garde nationale est appelée à maintenir l'ordre.
Au siècle dernier, une bonne partie des habitants de Rombach-le-Franc parlait encore un ancien parler rural vosgien qui en Alsace est appelé le welche (ou Welsch en allemand), un terme utilisé par les peuples germaniques et anglo-saxons pour désigner le monde celtique, puis roman. L'origine du nom pourrait provenir du mot latin Volcas qui était le nom de la tribu des Volques qui remonte à la Gaule indépendante. Le nom est aussi cité par Jules César qui définissait ainsi une population celtique. Par la suite le sens de ce nom aurait évolué pour désigner les populations de langue romane [59]. Ce parler roman était couramment utilisé par les habitants de l'autre côté des Vosges, puis avec l'arrivée des moines au VIIIe siècle, qui ont amené avec eux des serfs des vallées vosgiennes, il s'est propagé dans le Val de Lièpvre. Au XVIIe siècle le mot Velche était désigné pour évoquer la barbarie, la grossièreté, l'ignorance, le manque de goût roman. Voltaire fut l'un des premiers à utiliser le terme francisé en welche dans le français littéraire. Le Littré de 1874 donne la définition suivante : nom que les Allemands donnent aux Français et aux Italiens. Homme ignorant et superstitieux. En 1876 le Larousse donne une autre définition : de l'anglais Welch, Gallois, nom d'un ancien peuple celte. Pour les Alsaciens, les Welches sont des protestataires, qui par opposition au dialecte alémanique, parlent une langue romane. Les Romans appelaient Tudesque tout ce qui n'était pas germanique et les germaniques nommaient Welsch tout ce qui était roman. Aujourd'hui, le pays welche désigne la population francophone des vallées vosgiennes situées en Alsace et en Lorraine. On trouve un prolongement même en Suisse, puisque la population romane est désignée par les germanophones sous le terme Welschschweitzer. Le parler roman est sans doute très ancien. Il existe deux hypothèses dont l'une affirme qu'elle est due aux peuplades gallo-romaines venues de la plaine d'Alsace qui auraient fuit les invasions germaniques au IIIe siècle et au IVe siècle pour se réfugier dans les vallées isolées des montagnes vosgiennes. Des toponymes romans datant de l'époque carolingienne semblent confirmer cette hypothèse. Une autre version insiste sur le fait que ces terres situées en Alsace aient été envahies par des Lorrains. Comme on y parlait déjà un patois roman, les lorrains se sont sentis chez eux sans rencontrer trop d'hostilités de la part de la population locale qui par la langue leur était très proche. C'est sans doute pourquoi, des moines venues de Lorraine, notamment de la Mosellane, plus tard appelée la haute Lorraine, se sont installés dans la vallée au VIIIe et au Xe siècle emmenant avec eux des serfs de cette région, notamment de la région du Val de Galilée (Saint-Déodat ou Saint-Dié).
Aujourd'hui ce dialecte roman est en voie d'extinction dans la vallée. Il a pratiquement disparu à Lièpvre et Sainte-Marie-aux-Mines, mais il subsiste encore quelques poches à Rombach-le-Franc et Sainte-Croix-aux-Mines.
Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à l'Allemagne. Le 2 septembre les troupes françaises sont anéanties à Sedan. Le 28 la France capitule.
Une circulaire du préfet adressée à tous les maires demande que soient installés des hôpitaux provisoires dans chaque commune pouvant accueillir les blessés ou malades. Un effort financier est demandé à chaque mairie. Rombach-le-Franc débloque sur ses fonds propres une somme de 1000 francs. Un local pouvant accueillir 6 lits est affrété à cet effet, de même que dans la commune voisine de Lièpvre [60] . À partir du 26 décembre 1870 le conseil est appelé à prendre des mesures sociales pour venir en aide aux familles malheureuses et aux ouvriers sans travail. La commune débloque en outre une somme de 1500 francs pour venir au secours des indigents et pour faire une distribution de soupe et de pain aux enfants des écoles et aux familles les plus nécessiteuses. Une distribution de pommes de terre et de légume est également prévu au programme [61].
Le traité de Francfort du 10 mai 1871 attribue l'Alsace et une partie de la Lorraine à l'Allemagne. L'article 1 de la convention additionnelle du 11 décembre 1871 prévoit que les personnes nées dans les territoires annexés puissent avoir la faculté de choisir la nationalité française ou allemande. Ceux qui voudraient conserver la nationalité française doivent être domiciliés en France ou dans les territoires d'outre-mer. Opter pour la nationalité française signifiait souvent quitter sa région d'origine et laisser sa famille. Entre 1871 et 1872 plusieurs habitants préfèrent quitter la commune et se refugier en France. D'autres partent pour l'Algérie ou d'autres destinations, ou d'autres préfèrent rejoindre l'armée française. Rombach-le-Franc opte à 80% pour la France mais la plupart des habitants préfèrent rester sur place pour ne pas abandonner leur famille. La liste des personnes optant pour la nationalité française se trouve aux archives nationales. On y trouve par exemple André Charles né le 26 octobre 1839 à Rombach-le-Franc qui a opté pour la nationalité française le 8 août 1872 et qui est parti à Fort-de-France en Martinique. Il y a aussi Joseph Réling né le 27/07/1861 qui est inscrit sur cette liste de changement de nationalité.
La frontière entre les deux états suit la ligne des crêtes du massif vosgien. Au village de Rombach-le-Franc sont installés des douaniers allemands. Les occupants changent autoritairement le nom du village qui est baptisé Deutsche Rumbach, ce qui provoque l'indignation unanime des villageois qui considèrent, qu'au vu de l'histoire plus que millénaire, cette dénomination est contraire à la vérité.
Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Le 7 août des troupes françaises pénètrent en Alsace. Un petit détachement se dirige vers Rombach-le-Franc et campe du côté de la Hingrie, plus précisément au col de Schlingoutte. Les français sont alors surpris par une patrouille allemande alors qu'ils se reposent à cet endroit. Ils doivent faire face à un feu nourri très important. Après la cessation des tirs, on dénombre de nombreux morts du côté français. 19 cadavres sont enterrés sur place et une autre partie est entassée sur un charriot. Les Allemands voulant sans doute impressionner la population traversent tout le village de Rombach-le-Franc sur un char à b'uf où sont entassés les autres cadavres, semant un grand émoi auprès de la population francophile, et accentuant encore un peu plus l'hostilité de la présence allemande dans la vallée. Devant une attitude aussi hostile, les Allemands soupçonneux à l'égard de la population font surveiller le village. Un Zeppelin avec une nacelle évoluera au-dessus de la Chambrette pour surveiller les va-et-vient de la population, mais aussi pour repérer les fugitifs qui essaient de passer de l'autre côté de la frontière, à Lubine dans les Vosges.
En 1918 les Allemands réquisitionnent toutes les cloches des églises pour les faire fondre. Tous les jeunes écoliers de Rombach-le-Franc participent au départ de ces cloches, mais avec la fin de la guerre elles n'auront pas le temps d'être fondues.
Le 15 novembre 1919, les cloches de l'église Sainte Rosalie réquisitionnées par les Allemands sont restituées. La commune réclame à l'administration allemande un dédommagement pour les avaries des cloches et les frais de montage. Un devis porte ces frais à 306,25 francs pour la cloche pesant 70 kg. Le conseil de fabrique restitue à la caisse communale une somme de 4375 francs qu'elle avait provisionnée pour les 2 cloches de l'Église. Pendant la guerre, le conseil municipal avait été obligé de céder au fisc allemand 49,7 kg de tuyaux provenant de l'orgue de l'église destinés à être fondu pour fabriquer de nouvelles armes.
[62] Les Allemands font leur entrée à Rombach-le-Franc le 19 juin 1940 en chantant. Ils se déplacent sur la route en file indienne en deux colonnes. Les Français reculent en direction du col de Fouchy en faisant sauter la route au niveau du virage derrière le lieu-dit appelé la Rochette.La route devient alors impraticable. Pour contourner l'obstacle, les allemands se rendent alors vers le vallon de la Hingrie où se trouvent encore des éléments de l'armée française. Un feu nourri accueille les troupes allemandes qui ripostent. Mais les Allemands prennent aussitôt le dessus et contrôlent entièrement le vallon de la Hingrie. Rombach-le-Franc est entièrement entre leurs mains. Un décret du 2 août 1940 place l'ensemble de l'administration civile sous l'autorité militaire allemande qui nomme ensuite le Gauleiter Wagner. L'Alsace est rattachée de fait au Gau de Bade. Le Gauleiter Wagner expulse dès le 21 juin 1940 le préfet du Haut-Rhin et ses principaux collaborateurs. Toutes les administrations françaises sont rattachées aux administrations allemandes. L'allemand devient obligatoire dès le 16 août 1940 sauf dans les villages alsaciens francophones où des cours d'allemand sont dispensés dès septembre 1940. Le français est toléré dans les régions francophones d'Alsace, dont Rombach-le-Franc jusqu'au 1er janvier 1943. Le 16 décembre 1940 les habitants de la vallée jugés trop francophiles par les Allemands, ou des handicapés moteurs ou mentaux sont expulsés en zone libre. Une trentaine de personnes de Rombach-le-Franc sont concernées par ce décret. L'instituteur du village, Monsieur Roland Lamarche avait pris les devants et quittera le village avant l'arrivée des Allemands.
L'Alsace et la Moselle sont annexées par le Reich allemand le 28 novembre 1940. Rombach-le-Franc baptisé Deutsche Rumbach devient en peu de temps un important lieu de passage, puisque la frontière française est toute proche. Il suffit de traverser la chaîne montagneuse du Col de la Hingrie et de bifurquer en direction de Lubine dans les Vosges. Plusieurs habitants de Rombach-le-Franc vont jouer un rôle très important - souvent au péril de leur propre vie - pour faire passer des prisonniers de l'autre côté de la frontière. Cette aide se fait d'abord de plusieurs manières : accueil, nourriture, hébergement dans les fermes de montagne. Les prisonniers ou les fugitifs voulant échapper à la conscription obligatoire vont avoir recours à des passeurs. Trois d'entre eux, décédés depuis, vont se distinguer particulièrement : Paul Maurer, Édouard Verdun et Jean-Baptiste Munier. Mais d'autres passeurs méritent aussi d'être cités : René Gauer, Joseph et Jean Gasperment, Édouard Hinsinger et Joseph Tonnelier. Ce dernier a à son actif plus de 100 passages de prisonniers qu'il conduisait de nuit en empruntant les petits sentiers de la montagne. Il ne s'est jamais fait prendre. Joseph Gasperment de la Hingrie commençait à cacher des prisonniers dès décembre 1940 dans sa ferme un peu à l'écart de Bestégoutte près d'un sentier qui va à la Vif Roche.IL convoyait souvent les prisonniers, cachés au milieu des vaches jusqu'au pré de Lorraine, appelé aujourd'hui Degelingoutte, puis vers le col de Schlingoutte ou au col d'Urbeis. De là les prisonniers recevaient des consignes et devaient se rendre par leurs propres moyens jusqu'à Lubine.
Paul Maurer habitant à l'époque à la ferme de Pierreusegoutte, pas loin du col de Fouchy, connaissait parfaitement la forêt, puisque chasseur, aucun petit sentier lui échappait. Édouard Verdun, habitant à l'époque la Hingrie exploitait une ferme où les douaniers allemands venaient souvent s'approvisionner en lait et en fromage. Le troisième, Jean-Baptiste Munier, habitait lui aussi à la Hingrie au lieu-dit le Creux-Chêne. Tous les trois utilisèrent toutes sortes de stratagèmes pour échapper aux douaniers qui sillonnaient les alentours à la recherche d'éventuels fugitifs. Jean-Baptiste Munier, débardeur, habillait toujours les évadés en bûcherons puis les faisaient passer sur son charriot, attelé de chevaux. Il passait ainsi tout simplement devant le poste de douane allemand qui se trouvait dans l'école de la Hingrie réquisitionnée pour l'occasion. Édouard Verdun connaissait parfaitement les habitudes des douaniers allemands, ce qui était bien utile pour déjouer les pièges des Allemands ; grâce au fameux schnaps dont raffolaient les allemands il parvenait à leur arracher quelques petits secrets. Ainsi Édouard Verdun peut en toute tranquillité faire passer un nombre important de déserteurs et de prisonniers. Leur héroïque manège dura jusqu'en janvier 1944 lorsque trois prisonniers qui avaient bénéficié de l'aide efficace et désintéressée se font prendre de l'autre côté de la frontière par la Gestapo allemande. Sous les coups de leur interrogatoire, l'un d'eux parla et désigna deux passeurs qui étaient Jean-Baptiste Munier et Édouard Verdun. Ils prirent alors le chemin de la prison de Colmar. Ils nièrent farouchement avoir aidé à l'évasion des trois hommes, malgré les nombreux coups reçus et en présence des fugitifs. Comme les Allemands n'avaient pas de preuves et qu'ils étaient favorablement considérés par les douaniers allemands, ils furent relâchés le mois d'après.
Dès le 3e trimestre 1940 et le début de l'année 1941 la résistance s'organise. Des filières clandestines se mettent en place chargées de venir en aide aux prisonniers et aux fugitifs qui veulent se rendre de l'autre côté de la frontière. C'est à l'entrée du village qu'aboutissait une de ces filière où les fugitifs étaient pris en charge au Café de la Paix des époux Guerre où l'un des personnes domiciliée à Lièpvre, Joseph Guillaume guidait les personnes jusqu'à Rombach-le-Franc.
Joseph Guerre (1895-1971), propriétaire du Café de la Paix remettait les fugitifs aux époux Langlaude qui vivaient à l'écart du village dans une ferme située à la Chambrette. Mlle Jeannette Langlaude (1915-1992) fut un personnage de premier plan pour évacuer tous les hommes vers la France. Elle était aidée par son frère Jean Langlaude qui n'avait que 12 ans à l'époque et leurs voisins Jean (13 ans) et André Conreaux (16 ans). Je viens de la part de tante Jeanne. Ce mot de passe était connu de tout Rombach-le-Franc et permettait aux évadés de bénéficier de la complicité de tout le village. Le premier évadé à bénéficier de la filière de la Chambrettte sera durant l'été 1941 un nommé Charles Belon originaire de Saint-Etienne. Après être passé par l'épicerie du village, il sera conduit à la Chambrette, puis traversera la frontière guidé par André Conreaux âgé de 16 ans et de Jean Langlaude (12 ans).Une autre évadé à bénéficier de l'aide efficace sera Lucien Bauer qui réussira à franchir la frontière le 24 janvier 1942. Après la guerre il deviendra un brillant universitaire strasbourgeois. Mlle Langlaude faisaient filer ainsi les prisonniers entre deux patrouilles de douaniers qui faisaient des rondes régulières dans les bois tout le long du village. Plusieurs centaines de personnes ont passé par la filière de Mlle Jeannette Langlaude. Il arriva même que plusieurs personnes arrivâmes en même temps ce qui compliquait un peu les choses, car ce n'était pas le meilleur moyen de rester discret. En plus il y avait un problème de ravitaillement, car il fallait trouver de quoi manger. Heureusement qu'il y avait beaucoup de fermes dans la région qui permettaient de fournir la nourriture sans éveiller les soupçons des autorités allemandes. D'autres personnes ont également passé par cette filière clandestines tels par exemple Raoul Dedieu de Toulouse et de ces deux compères dont l'un nommé Bébert et l'autre De Gaulle. Ils étaient tous les trois inséparables et avaient réussi à s'échapper d'un stalag. D'autres prisonniers sont venus les rejoindre, dont huit d'un seul coup. Il y avait parmi eux un certain Wladimir Walkowsy qui avait 22 ans. Il parlait un français parfait. Il affirmait avoir fait des études en Belgique et voulait devenir prêtre lorsque la guerre a éclaté. Il fut incorporé dans l'armée polonaise pour défendre son pays contre l'invasion nazie en 1939. Il se retrouva en France lorsqu'il fut fait prisonnier à Saint-Dié en 1941. Parmi les prisonniers évadés du tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines, il y avait un certain Adrian Bakker qui se réfuguera à la Chambrette du 14 juillet 1944 jusqu'à la libération. Il réside aujourd'hui à Den Haag. André Conreaux (16 ans) qui habitait à l'époque à la Chambrette réussira à lui tout seul à faire passer entre juin 1942 et mai 1943 plus de 60 personnes. Convoqué le 1er mars 1943 au Conseil de révision à Sainte-Marie-aux-Mines pour être incorporé de force dans l'armée allemande en compagnie d'autres personnes de la vallée, il manifeste sa mauvaise humeur en chantant la Marseillaise à haute voix dans les rues de Sainte-Marie-aux-Mines. Il est arrêté, sur dénonciation, et arrêté à la sortie du train à Lièpvre par la gendarmerie aidé d'un agent de la gestapo, en compagnie des autres collègues qui l'accompagnaient. Ils sont ensuite transférés au camp de Schirmeck et devront se soumettre à des séances de rééducation et de travail forcé. Il sera cependant libéré mais recevra sa feuille de route pour aller à la Wehrmacht. Il en profitera pour se cacher et rejoindra alors le maquis de la Chambrette dont l'un des mouvements connus sous le nom d'ORA (Organisation de résistance armée) opérait dans le secteur sous le commandement d'Auguste Schmitt et de Francis Artz qui était responsable de section ferme de la goutte. Les époux Langlaude aidés par leur frère Jean (12 ans) et leurs voisins Jean (13 ans) et André Conreaux (16 ans) ont ainsi fait passer durent la guerre plus de 500 prisonniers de l'autre côté de la frontière.
Une autre filière dirigée par le Dr Paul Flesch de Haguenau aboutissait dans la vallée. Les fugitifs étaient alors dirigés vers l'hôtel central de Sainte-Croix-aux-Mines où M. Émile Hoffmann et son épouse Juliette les prenaient en charge d'où ils étaient dirigés ensuite vers la boulangerie tenue par Marthe et Stéphanie Chapel de Rombach-le-Franc. Les fuyards s'arrêtaient en face de la cheminée de l'usine Lamotte et frappaient doucement à la porte de la boulangerie. La famille Chapelle dirigera ainsi plus de 150 prisonniers vers trois passeurs : Paul Maurer, Édouard Verdun et Jean Munier. De 1941 à 1944 plus de 2000 personnes sont passées ainsi par Rombach-le-Franc et on pu passer à travers les filets des griffes nazies. Les personnes qui cherchent à trouver refuge de l'autre côté de la frontière sont souvent renseignés par une employée des chemins de fer, Mme Joséphine Truntzler qui les dirigent vers la boulangerie-tabac tenue par Marthe Chappel (1888-1967) et sa belle-s'ur Stéphanie (1890-1978). Chez les deux femmes, ils y trouvent un lieu d'hébergement avant d'être dirigés vers les différents passeurs qui étaient Paul Maurer (1901-1979) qui habitait une ferme à Pieureusegoutte près du col de Fouchy,ou vers le hameau de la Hingrie ou Edouard Verdun (1900-1961) et Jean Munier (1900-1972) leur faisaient traverser la frontière vers Lubine. Jean Munier habillait toujours les évadés en bûcherons puis les faisaient passer sur sa voiture, attelée de chevaux devant le poste de douane allemand installé à l'école de la Hingrie.Mais un jour de l'année 1944 trois prisonniers de guerre furent repris vers Baccarat. L'un des trois sur le coup des interrogatoires désigna les deux passeurs de la Hingrie qui furent arrêtés à enfermés dans une prison de Colmar. Ils furent cependant relâchés assez rapidement car les Allemands ne disposaient pas d'assez de preuves et de plus ils étaient favorablement considérés par les douaniers allemands. Fin 1942 la femme de Joseph Guerre, Pauline, qui tenait le Café de la paix à l'entrée du village fut aussi arrêtée et internée à Colmar. Paul Maurer sera aussi accusé d'avoir aidé les prisonniers. Alors qu'il revenait de la forêt après un débardage, une escouade de gendarmes prit possession de la ferme de Pierreusegoutte pour le séquestrer. Ainsi il se retrouvera prisonnier en compagnie de Pauline Guerre, de son frère Louis et de trois autres prisonniers de Lièpvre. Paul Maurer sera libéré au bout de cinq jours ayant nié jusqu'au bout avoir aidé les fugitifs dans leur évasion. Paul Maurer tout au long de son périple se garda bien de donner son identité de peur que le prisonnier sous la torture livre le nom de son passeur. Parmi les prisonniers aidés par Paul Maurer il y avait un nommé Michel Perrotti qui était policier, un autre Jean Bona s'est malheureusement fait prendre à Saint-Dié par les allemands et interné à Schirmeck, mais heureusement il en réchappera. Un autre prisonnier aidé par Paul Maurer s'appelait Saget et était originaire de la région parisienne où il montera un atelier d'outillages après la guerre.
La population de Rombach-le-Franc est souvent venue en aide aux prisonniers de guerre ou autres évadés du tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines. On peut citer entre autres, Marie Thérèse Hinsinger (mariée à Gérard Martin) qui en 1943 a caché deux prisonniers évadés du tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines. Le tunnel ferroviaire de Sainte-Marie-aux-Mines à Lusse était bloqué depuis novembre 1940 et avait été transformé par les nazis en annexe de camp de concentration de Dachau. Des déportés en grande partie des Yougoslaves, mais aussi des Grecs, italiens, Slovènes, Hollandais, Belges, Ukrainiens, Russes, Polonais, Tchèques, Autricheins, Français (une trentaine), ainsi que des STO provenant de ce camp et de celui de Strudhof (Bas-Rhin) ont été contraints de participer dans les pires conditions à la construction d'une usine souterraine de fabrication de pièces pour engins de guerre (V1, V2). C'est pour la Bayerische Motor Werke (BMW) que travaillaient les 800 déportés du Strudhof et de Dachau lesquels étaient logés dans l'usine Diehl & Cie située à la sortie nord de Sainte-Marie-aux-Mines sur la route qui mène à Echéry. Travaillant par deux équipes de 12 heures (6h à 18 heures et 18h à 6 heures) les déportés employés au plus profond du tunnel à des tâches épuisantes recevaient pour toute nourriture, une fois par jour, une soupe avec quelques pommes de terre au fond de l'assiette.
Parmi les habitants de Rombach-le-Franc qui ont aidé les prisonniers il y avait Émile Finance (1901-1947) et Jeanne Idoux qui ont caché d'un seul coup six prisonniers dont les prénoms étaient : Roger, Cyrille, Achille et Gaston. Achille était néerlandais, tandis que René était pied noir. Une autre habitante de Rombach-le-Franc, Jeanne Guerre (1897-1977) née Philippe a caché pendant trois mois dans sa demeure un prisonnier évadé du tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines dans sa maison située au-dessus du village. Sa cousine, Marie Guerre a fait de même en cachant deux autres prisonniers. Paul (1900-1970) et Marcelline Marchal née Jacquot, ont caché quelques prisonniers français dans leur ferme qui était située sur les hauteurs de Grandgoutte. Parmi les prisonniers cachés dans cette ferme il y avait Jacques Baucheux habitant aujourd'hui à Allainville (91) ainsi qu'un autre prisonnier originaire de Bordeau appelé Victor Chevalier qui avait comme sobriquet le nom de Toto, ainsi qu'un nommé Jacques Jaget qui réside maintenant dans la région parisienne. Les évadés du tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines étaient souvent guidés par Clovis Velcin (1912-1980) et sa femme Mariette (1915-1966). Parmi les cachettes très prisées par les prisonniers du tunnel il y avait les mines de baryte situées non loin de la ferme de Grandgoutte que les allemands ne connaissaient pas. Les travailleurs du tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines profitaient généralement de leur jour de repos (dimanche) pour s'évader. Le plus souvent, ils atterrissaient à Lièpvre ou Rombach-le-Franc où ils trouvaient toujours des personnes pour leur porter secours. Parmi les évadés il y avait de nombreux russes et de yougoslaves qui se cachaient le plus souvent dans les anciennes galeries de baryte et aussi au Grand Haut dont la topographie leur offrait une cachette idéale. D'autres prisonniers se cachaient dans le secteur du Haut de La Vancelle vers la zone qui mène au rocher du coucou où se trouvent de grands rochers supersposés qui leurs offraient un abri en cas de mauvais temps. La nuit, ils descendaient du secteur pour aller se ravitailler dans les fermes des environs de Rombach-le-Franc et particulièrement à Grandgoutte. Paul Marchal de la ferme de Grandgoutte leur donnait des nouvelles toutes fraîches de l'avance des troupes alliées et des défaites des troupes allemandes. Plusieurs habitants de Rombach-le-Franc envoyaient les prisonniers à Grandgoutte. Parmi ces personnes on peut citer Martin Gérard (1922-1999). Paul Marchal ne cachait pas seulement des prisonniers dans sa ferme de Grandgoutte mais convoyait souvent lui-même les prisonniers de l'autre côté de la frontière. Certains prisonniers russes se cachaient dans un lieu appelé la pierre tuile entre Pieureusegoutte et la ferme de Paul Marchal située à la Rochette.Ils se ravitaillaient souvent chez la famille de Paul et Marcelline Marchal de Grandgoutte.
Le 13 juillet 1944 un avion américain est abattu entre Bendfeld et Erstein par la chasse allemande. Tous les occupants réussissent à sauter en parachute. Cependant les allemands avaient lancé une vaste opération de ratissage pour récupérer les rescapés. Certains sont capturés par les Allemands. L'un d'entre eux, Robert Martin réussira cependant à se soustraire aux recherches et à se camoufler. Il parviendra à se cacher au-dessus de la montagne du Chalmont qui domine les villages de Lièpvre, Rombach-le-Franc et de La Vancelle. De la montagne apercevant le village de Rombach-le-Franc, qui lui semble plus sûr, il attendra la nuit pour descendre et se repérer grâce aux panneaux indicateurs. Les rescapés américains avaient reçu pour consigne, en cas de problème, de rejoindre l'Espagne par leurs propres moyens afin d'être rapatriés par la suite. C'est ainsi que le 18 juillet affamé et amaigri par les longues heures de marches à travers la forêt, Robert Martin s'écroulera de fatigue et ira se cacher à la Vaurière. C'est là que Victorine Idoux, née Hug (1904-1982) mariée en 2e noces avec Jean Idoux, qui passait un peu par hasard dans les environs le débusque et le présente à Louis Tourneur qui le prend en charge et le cachera dans une ferme de la Vaurière. Il y restera jusqu'à la libération de la commune le 29 novembre 1944. Au cours de son séjour forcé dans la vallée, Robert Martin apprendra quelques rudiments de français. Il sera bientôt rejoint par d'autres prisonniers évadés du tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines. Robert Martin né en 1922 a travaillé jusqu'à sa retraite comme ingénieur chez le fabricant d'avions de la firme Lookeed en Californie et est revenu trois fois à Rombach-le-Franc, en 1966, 1976 et 1992 pour rendre visite à ses amis qui l'avaient hébergé. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, Robert Martin échangeait régulièrement de la correspondance avec les héros de cette belle histoire. Louis Tourneur n'est plus en vie aujourd'hui et Robert Martin n'a plus donné signe de vie.
Le 25 novembre 1944 les soldats de la première armée française entrent au camp de concentration du Strudhof, dont 7 à 8000 détenus ont été évacués en septembre 1944 au camp de Dachau. Dans ce camp de concentration il y avait plus de 40 000 personnes de toutes nationalités. 12 000 y auraient laissé la vie entre 1941 et 1944. Il y existe aussi un camp de travail à Schirmeck où s'entassent des détenus. Parmi les Rombéchats qui ont séjourné dans ce camp on peut citer Jean et André Stouvenot, Jean et André Conreaux, René Didierjean et sa s'ur Jeanne, Paul Philippe, Mathilde Villemin, André Benoît, Adrien Fréchard. Ce dernier, malade, faute de soins périra dans les camps le 6 avril 1943. Né le 10 septembre 1925 il n'a que de 17 ans lorsqu'il meurt dans le camp. Très peu de personnes ont pu s'échapper de ces camps. Pourtant le 4 août 1942 Martin Winterberger, un Alsacien réussira à s'évader en compagnie de quatre autres détenus, Karl Haas un Autrichien, Alfons Christmann un Allemand, Joseph Chichosz un Polonais et Joseph Mantner un Tchèque. Ils réussissent à rejoindre la Hingrie et de là ils sont guidés par des habitants de ce lieu en direction de la Chaume de Lusse. À Lusse ils sont arrêtés par les gendarmes français qui les relâchent aussitôt. Mais Christmann prit de panique part seul de son côté. Il sera repris quelques jours plus tard par les Allemands et exécuté au camp de Stuthof dans les pires conditions. Il sera accroché à des crochets de boucher et suspendu jusqu'à ce que mort s'en suive. Un gendarme français de Moussey, originaire de Rombach-le-Franc, Paul Teyber (né le 9 juin 1913 à Rombach-le-Franc) sera lui aussi pendu de la même manière. Arrêté le 19 août 1944 à Moussey dans les Vosges il fait partie d'un réseau de résistance, le Groupe mobile d'Alsace, et sera pendu au camp du Struthof le 2 septembre 1944.
Mais les choses commencent à se gâter pour les Allemands qui vont battre en retraite un peu partout en Europe. Le 20 septembre les américains sont dans les Vosges. Ils font face à une très forte résistance de la part de l'armée allemande appuyée par une colonne de partisans cosaques. En novembre 1944 l'armée allemande reçoit des renforts en provenance de Colmar et de Mûlheim. Les Américains arrivent cependant à enfoncer les lignes allemandes. La 36e DIUS est surtout composée de recrues issues de l'Oklahoma et du Texas d'où le nom de Texas Division. Ils ont commencé à débarquer en avril 1943 depuis l'Afrique du Nord. Le 15 août 1944 ils débarquent dans la baie de Fréjus, d'où elle progresse vers le nord. L'offensive américaine se poursuit cependant, malgré une très forte résistance allemande favorisée par le relief accidenté des Vosges. Des avions américains lancent des tracts appelant la population à rester chez-eux et à ne pas prendre des risques inutiles afin d'avoir la voie libre pour pourchasser les troupes allemandes et leurs auxiliaires. Une colonne américaine réussira à atteindre les hauteurs de la Chambrette ainsi que de la Collinière dans la matinée du 27 novembre 1944. Un poste d'observation est installé par les américains au-dessus de la grotte de Notre Dame de Lourde à Hargoutte permettant de repérer les va-et-vient d'une compagnie allemande qui s'est repliée à la Vaurière avec son poste de commandement. Des tirs de mortiers, d'abord espacés sifflent au-dessus des maisons d'habitation. Cela dure toute la journée des 27 et 29 novembre. Il y a aussi quelques rafales de mitrailleuses qui crépitent sporadiquement dans le village, mais aucun accrochage sérieux n'est à déplorer. Pendant que le vallon de la Vaurière subit un déluge de bombardements, les américains venus de la Chambrette s'engagent par Vourogoutte et la colline du Raingai et prennent la route de Fouchy. Ils sont accueillis à la bifurcation, vers le chemin qui va à Naugigoutte, par un tir nourri des mitrailleuses allemandes embusqués au Feignet. Les américains arrivent alors en renfort pour déloger les allemands et les cosaques installés sur cette colline. Les premiers américains commencent à patrouiller dans le village à la recherche des allemands cachés dans les maisons d'habitation. Le premier GI's arrive à la boulangerie Chapelle suivis par d'autres où ils partagent le repas avec les propriétaires. Le 29 novembre 1944, Rombach-le-Franc est libéré par la 36e division des fantassins américains qui débarquent à pied depuis la colline du Raingai, près du château d'eau, vers le chemin de la Hingrie. Ils sont accueillis triomphalement par la population de Rombach-le-Franc où on leur offre le repas et du schnaps. Les américains distribuent du chocolat aux enfants qui s'agglutinent en grand nombre autour des hommes de troupe pour recevoir leur friandise. En début d'après-midi, ils parviennent à la sortie sud du village. La libération du village est totalement achevée le 29 novembre 1944 vers 15h30.
Pendant très longtemps les habitants s'adonnent à la culture, mais en 1924, MM. Schaeffer et Corne, pionniers se lancent dans le tissage en créant de petits ateliers de tissage. Des familles entières sont employées, ce qui procure aux habitants un supplément de revenu en tissant surtout du coton de la laine et de la fibranne. En 1963 il y a une fabrique qui fait tourner environ 215 métiers (400 en 1947). L'usine a été fermée et déclarée en faillite en février 1964 entraînant 150 licenciements. La plupart des ouvriers ont trouvé du travail ailleurs. Le lieu de travail est souvent très éloigné (Sélestat, Andlau, Mulhouse). Quelques habitants tissent à domicile, c'est-à-dire à la maison. Ils ont un ou deux métiers, parfois plus. Le rez-de-chaussée de leur maison ressemble souvent à un petit atelier. Il existe alors dans le village plus de 130 métiers. Il y a peu de métiers dans les fermes du fait de leur éloignement et de la mauvaise qualité des chemins qui accèdent aux fermes. On tisse toutes sortes de dessins. Les métiers marchent à l'électricité. Un tisserand peut surveiller six métiers à la fois. Un camion apporte les bobines de fil au dépôt ou à domicile et reprend le travail fini. En plus du tissage à domicile, il y a l'industrie du bois (scierie) qui emploie peu d'ouvriers. La commune dispose aussi d'immenses forêts dont 11 ou 12 bûcherons travaillent à temps complet. Après la guerre quelques prisonniers de guerre allemands étaient affectés à l'entretien de la forêt. Des voituriers amenaient le bois à la scierie ou chez les personnes avec des « voitures à échelles » tirées par une paire de b'ufs. Souvent ce sont les cultivateurs eux-mêmes qui s'occupent de convoyer le bois. Par la suite les débardeurs amenèrent le bois avec de puissants tracteurs. Il existait depuis 1840 une scierie-auberge qui a été pendant très longtemps le rendez-vous des villageois, des propriétaires forestiers, des charpentiers, des ébénistes, qui venaient faire scier les planches de toutes épaisseurs, les poutres pour les charpentes, ou des paysans qui venaient entre autres faire scier leur plus beau arbres fruitiers, cerisiers, pommiers, poiriers à l'occasion d'un mariage d'une de leur fille. Le bois servait à fabriquer le lit ou l'armoire de la jeune mariée. Il y avait un va-et-vient incessant dans cette scierie-auberge. Les voituriers amenaient le bois de tout le monde à la scierie avec des charrettes tractées par des b'ufs. Avant la grande guerre, la scierie appartenait à Augustin Aubry, puis à sa succession en 1927 elle sera reprise par Joseph Guerre un des charpentiers du village. Mais la maison de style Rombéchat, allongée a été détruite par un incendie en 1933. Joseph Guerre a construit par la suite une grande maison qui existe encore aujourd'hui dans le village. Il a ajouté une grande salle ou l'on projetait des films. Cela marchait assez bien. On y organisait aussi des petits bals et le carnaval. On s'y retrouvait aussi à l'occasion des enterrements. La scierie a été démantelée après le décès accidentel des époux Guerre en 1976 et les héritiers ne désirant pas reprendre l'activité ont vendu l'ensemble et les terrains.
Tout juste après la guerre il y avait encore quelques sabotiers dans le village, mais en 1964 il n'en existait plus que deux. Il existait encore plusieurs menuiseries dans le village dont encore 4 en 1964. A cette époque l'industrie du bois n'était pas aussi florissante que l'industrie textile. Les autres artisans sont rares : il existe 1 serrurier, 1 plombier, 1 maçon, 2 cordonniers, 1 peintre à Rombach-le-Franc et immédiatement après la guerre 2 garde-forestiers.
Après la première guerre mondiale, de petits ateliers de tissage qui travaillaient à la tâche pour des fabricants textiles ont été la principale source de revenus pour de nombreux habitants du village. Ils ont fermé les uns après les autres après la crise du textile. Ces petits ateliers étaient composés d'un bâti en bois ou en fer qui porte toutes les pièces. En arrière se trouve un cylindre autour duquel sont entourés les fils de chaîne qu'une opération spéciale a rendu plus fort et plus résistant que les fils de trame. Cette opération s'appelle « ourdissage ». On a encollé les fils d'amidon et on les a séchés par contact sur les cylindres de cuivre chauffés à haute température. À gauche et à droite de la nappe de la chaîne sont disposés des fils plus forts qui forment la lisière de l'étoffe. À l'intérieur des métiers sont les lames. Chaque lame se compose de 2 barres horizontales unies par des chaînes portant en leur milieu un maillon. Dans chacun des maillons de la lame on fait passer des fils impaires de la chaîne et dans chacun des maillons de la lame les fils pairs. Entre les lames passe la navette.
On retrouve des réminiscences d'anciennes coutumes dans les anciennes enclaves lorraines en Alsace dont le Val de Lièpvre a fait parti jusqu'en 1766. L'une de ces anciennes coutume est le jour de la bure ou des fête des brandons qui se déroule généralement à la fin de l'hiver ou au début du printemps. La fête de la bure que les alsaciens nomment Burefassenach (carnaval des paysans)est mentionnée dans les montagnes des Vosges dès le 13e siècle. Cette fête est avant tout une fête agricole qui a traversé les siècles et qui continue d'être en vigueur à Rombach-le-Franc.
Dès le mois de février, les enfants et jeunes gens faisaient le tour du village avec une charette pour ramasser tout ce qui pouvait servir à allumer le feu, puis à l'entretenir: vieux papiers, cartons, paille, fagots de genêts.. On s'arrêtait devant chaque maison en criant en patois lorrain du bois pour la bure. Le bûcher se dressait généralement sur une hauteur dominant le village. Le bûcher était surmonté d'un sapin ou d'une longue perche de paille.
Une autre étape importante est la fabrication des disques de bois appelés en dialecte roman-lorrain chidônes ou chidôles . Il s'agissait de bûches d'un diamètre de 10 à 12 cm qui était taillées en disques d'où l'expression lancer de disques en Lorraine. On employait si possible du hêtre déjà germé, ce qui favorisait la combustion. Les disques percés d'un trou dans leur milieu avaient un pourtour émincé qui facilitait leur envol.C'étaient des soucoupes volantes en miniature. Des gaules de bois vert de 2 cm de long (de préférence en coudrier) appelés corées permettaient de les placer dans le feu.
Il était constitué exclusivement d'hommes ou de jeunes garçons. Le jour des bures, tout était prêt et le soir il se formait un cortège. En tête, les musiciens suivis des buriers qui devaient garder le feu , donc l'entretenir comme dans les temps immémoriaux où l'on n'avait pas la possibilité de rallumer facilement. C'étaient les lanceurs de disques quui portaient les chidîles en bandoulière. Derrière eux la jeunesse fermait la marche. Tout le monde se dirigeait allégrement vers la hauteur où devait se dérouler la fête proprrement dite.
La mise à feu du brandon par le plus âgé des buriers était le signal du départ de la fête. Pendant que les flammes s'élevaient, les jeunes gens dansaient autour du bûcher en chantant. Lorsqu'il devenait possible de s'approcher du feu , les enfants sautaient à travers les flammes, tandis que les lanceurs de disques se mettaient en place conformément à la tradition. Chacun introduisait alors sa corée dans le trou de la chidôle et la plaçait dans le brasier où elle flambait instantanément. On la saisissait alors rapidement à l'aide de la baguette pour la faire tournoyer en l'air avant de la lancer avec des cris de joie sur une planche posée obliquement et surplombant le vide. La chidôle semant des étincelles, après avoir rebondi sur la planche, était propulsé dans le ciel nocturne où elle décrivait une longue courbe lumineuse, vant de rebondir plusieurs fois sur le sol comme un feu follet. Pendant ce vol éphémère les buriers finançaient les jeunes gens qui s'étaient sou
