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 Information sur la ville de Pommerit-le-Vicomte

L'origine romaine supposée n'est pas attestée par l'archéologie. Dès le XIIe siècle, les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, de la commanderie du Palacret, possèdent sur le territoire de sa trève Saint-Gilles, le membre de Kerdanet, et la chapelle Saint-Jean qui en dépend. Les hospitaliers sont sans doute à l'origine d'une léproserie, dont les lieux-dits Cracoussery (du breton kakous, lépreux), Parc-ar-C'hlandry (de klanvdi, maladrerie) et La Corderie conservent le souvenir. Au Moyen Âge, l'histoire locale est liée à celle de la famille du Châtelier, dont un des membres se voit attribué, au plus tard à la fin du XIIIe siècle, le titre de vicomte.

Pommerit-le-Vicomte (en latin : Pomerit Vicecomitis) est cité dès 1330 au diocèse de Tréguier, lors du procès de canonisation de Saint-Yves. La paroisse de Pommerit-le-Vicomte, avec sa trève de Saint-Gilles, est mentionnée en 1426.

En janvier 1489, à l'époque de la prise de Guingamp par les Français, un combat opposa, près du pont de Squiffiec, les troupes commandées par Jean, vicomte de Rohan, et celles de la Duchesse Anne, lors duquel périrent beaucoup de seigneurs bretons. Une petite lande, aux confins de Pommerit et de Pelet, porterait encore, selon la tradition, le nom de Placen-traou-bataille ou « Lieu bas de la bataille ».

Le 20 mai 1571, par un mariage entre Claude (ou Claudine) du Châtelier et Charles Gouyon de la Moussaye, (marquis de la Moussaye en 1615), la vicomté de Pommerit échut aux Gouyon de la Moussaye.

Cette branche, issue de Claudine et Charles, s'étant éteinte sans prospérité masculine, le marquisat de la Moussaye passa à une branche cadette des Gouyon.

Le 29 septembre 1681, Henri Gouyon, marquis de la Moussaye, comte de Quintin, vendit le comté de Quintin et la vicomté de Pommerit à Guy-Aldonce de Durfort, comte de Lorge et maréchal de France.

Par lettres données à Versailles en mai 1691, la vicomté de Pommerit fut incorporée au comté de Quintin et celui-ci érigé en duché en faveur du maréchal de Lorge.

En 1715, Saint-Gilles, qui était une paroisse succursale de celle de Pommerit, devient paroisse indépendante.

Le 15 janvier 1790, sur les conclusions de l'abbé Sieyès, député du Tiers, l'Assemblée Nationale, redécoupant les circonscriptions territoriales issues de l'Ancien Régime et la féodalité, décréta que la France serait partagée en 83 départements. Le département des Côtes-du-Nord fut divisé en districts et chaque district en cantons. Pommerit, sous le nom de Pommerit-les-Bois, fut donc érigée en chef-lieu de canton.

Cette commune élit sa première municipalité au début de 1790.

Le canton de Pommerit fut compris, le 30 avril 1790, dans le district de Pontrieux. Les autres cantons étant : Lézardrieux, Paimpol, Lanvollon, Plouha, La Roche-Derrien, Saint-Gilles-les-Bois et Yvias.

Le canton de Pommerit incluait les communes de Gommenec'h, Le Merzer, Trévérec et Pommerit. Dans celui de Lanvollon : Lannebert, Pléhédel, Pludual, Tréméven et Lanvollon.

Cette multiplicité entraînait bien des dépenses, chaque district ou canton ayant son administration spéciale et sa juridiction. Certains étaient d'une superficie minuscule. Le Consulat modifia les subdivisions départementales en arrondissements plus étendus que les districts et réduisit aussi le nombre de cantons. D'autres changèrent de chef-lieu pour raison de commodité des communications.

Pommerit-le-Vicomte disparut alors de la liste des cantons pour redevenir simple commune en 1801.

Le nom de la commune devint Pommerit-le-Bescond à partir d'octobre 1793. Mais cette modification, adoptée par la municipalité, parut insuffisante au district de Pontrieux, Bescond voulant dire vicomte en breton. Le district, qui par son arrêté du 28 nivôse en II (17 février 1794), imposa à la commune le nom de Pommerit-les-Bois.

L'ordonnance royale du 8 juillet 1814 prescrivit aux communes qui avaient changé de nom pendant la révolution de reprendre celui qu'elles avaient antérieurement à 1790. Ce fut fait et le nom de Pommerit-le-Vicomte fut rétabli. Il est vrai que ladite ordonnance fut annulée par un décret impérial du 14 avril 1815, mais ce décret cessa d'avoir effet à la fin des Cent-Jours (25 juin 1815) et n'eut guère le temps d'être appliqué.

Le 8 février 1800, en revenant de la région de Plouha, les Chouans de la région de Tréguier-Lannion, sous les ordres du chef Taupin (ancien valet de chambre de l'évêque de Tréguier) s'emparèrent du château du Restmeur où ils s'établirent.

Informé, le cantonnement de Pontrieux (composé d'une partie de la compagnie franche et d'une partie de la Garde Nationale) marcha vers le Restmeur. Alertés et préparés au combat, les Chouans affrontèrent les Bleus, dès leur arrivée près du château.

Après un dur combat, les Républicains battirent en retraite après la perte de trois hommes et la blessure du capitaine Daniel.

Le jardinier du château du Restmeur, étant allé fêter la victoire au cabaret, rentra ivre au Restmeur et répondit imprudemment Républicain au Qui-vive du factionnaire, qui tira et fit de lui l'une des dernières victimes de ces journées tragiques.

Le lendemain, 9 février, vers 7 heures du matin, les Chouans abandonnèrent le Restmeur et, par le pont de Squiffiec, se dirigèrent vers le bourg de Tréglamus, où ils furent attaqués, le 1er mars au matin, par la troupe de Belle-Isle-en-Terre. Le chef Taupin fut tué. Les combats du Restmeur et de Tréglamus furent les deux derniers des Chouans avant la pacification définitive de la région.

L'industrie importante de la commune était l'industrie du lin. Beaucoup de familles pauvres étaient venues y chercher un travail. Mais la concurrence des fils belges et anglais, préparés mécaniquement, anéantit l'industrie linière locale.

La misère s'installa alors et Pommerit ne comptait pas moins de cinq cents mendiants, sur une population de 3 000 âmes. Le lin, encore cultivé un certain temps, fut exporté et non plus préparé sur place.

La commune exportait, par le port de Pontrieux, des grains à destination du midi de la France, et de la graine de trèfle pour la Belgique. Elle expédiait aussi des graisses et du bois de chauffage pour Paimpol et les environs.

Il y avait également, dans la partie sud-ouest de Pommerit, un gisement assez étendu d'argile à poterie. La couche supérieure de cette argile était grossière mais, au dessous de deux ou trois mètres, on trouvait une argile fort belle qui pouvait être employée pour la fabrication de la faïence fine. Ce gisement allait alimenter les nombreuses poteries de la commune de Pabu.

En 1880, on ramassait encore des miséreux morts de froid et de faim sur la route de Pabu. L'hiver fut si long et si fort qu'il aurait permis le passage d'une charrette sur le Trieux ! La glace était si épaisse qu'elle résistait à la chute des arbres et l'on vit des riverains tailler des troncs et fagoter sur cette rivière gelée.

En 1904, la misère reste grande et s'il arrive aux artisans d'être momentanément riches, ils possèdent peu et leur métier ne leur permet pas d'économiser pour les mauvais jours. Dès que leur santé les empêche de poursuivre leur activité, ils viennent automatiquement grossir les rangs des indigents.

Les laboureurs (propriétaires exploitants), vivant dans une aisance toute relative, sont fort peu nombreux et les fermiers des terres nobles ou bourgeoises sont accablés de charges puisqu'ils supportent le paiement pour compte de l'impôt foncier et remettent aussi à d'autres tout le profit de leur labeur. Ils sont par conséquent presque aussi malheureux que ceux qu'on leur demande de secourir.

Les populations de certains villages, comme Pabu et Plouisy par exemple, se connaissaient parfaitement, se fréquentaient, se mariaient, cousinaient et s'amusaient ensemble. Ces localités n'entretenaient pratiquement aucune relation affective avec Pommerit-le-Vicomte, seules existaient celles dictées par les nécessités du labeur. Quand les gars de Pommerit s'aventuraient à Pabu, dans l'espoir de courtiser une belle Pabuaise, ils étaient arrêtés au Lann où, formés en deux groupes, Pommeritains et Pabuais se flanquaient de belles raclées. On dit même que, lorsqu'il arrivait que les gars de Pommerit soient vaincus, on les reconduisait chez eux en leur lançant des cailloux. Il arrivait même qu'ils furent refoulés au-delà du bois, jusqu'à Kermilon ! Là, avec l'arrivée des renforts des deux côtés, les choses devenaient plus sérieuses et faisaient surtout du bruit car on s'empoignait généralement à la lutte, mais rares étaient les mauvais coups.

Au terme de ces combats, tout redevenait calme... jusqu'à une prochaine fois !

L'église Notre-Dame a conservé son clocher, inscrit aux monuments historiques, de 34 m du XVIIIe siècle où l'on peut déchiffer une curieuse inscription rédigée à rebours « cette tour fut faite par un irlandais en 1712 ». De très beaux confessionnaux du XVIIe siècle, des albâtres du XVe siècle et des statues anciennes de St-Michel et St-Antoine attirent l'attention dès l'entrée dans l'édifice. Un superbe if de 1 700 ans orne le parc de l'église, ainsi qu'une chaire extérieure originale du XVe siècle. Depuis le 15 février 2007, un éclairage met en valeur le clocher.

Cet édifice a été reconstruit en 1839. La chapelle précédente, datant du XVe siècle, avait été donnée à la fabrique (Conseil de Paroisse) le 26 décembre 1826, par Pierre et Yves Le Tanaff-Le Corvoisier (ce serait peut-être Le Corvaisier) et leurs héritiers. Par délibération du 12 mars 1827, le Conseil avait accepté cette donation avec les gages qu'elle comportait. Le 6 juin 1827, l'édifice était érigé en chapelle de secours.

Contrairement à ce qu'il en est pour la chapelle du Paradis qui appartient à la commune, la chapelle du Folgoat est propriété du Centre communal d'action sociale. La toiture a été entièrement refaite en 1959, puis en 2006 ; la remise en état du ch'ur, du dallage et de l'autel a été réalisée en 1986-1987 et les vitraux ont été restaurés en 1998.

Autrefois, de nombreux pèlerins y accouraient et parfois même de fort loin. Les enfants qui tardaient à marcher y étaient conduits et placés sous la protection de la Vierge du Folgoat.

Il est également raconté que, d'après les dires d'un ancien recteur de Trévérec, il existerait un baril d'or enfoui dans un champ tout proche, dénommé Parc ar Chapel. Une pierre plate, enterrée à faible profondeur, désignerait son emplacement. Des fouilles y ont été faites, mais en vain !

Cette chapelle aux multiples gargouilles (classée Monument Historique en 1912) fût fondée par les du Châtelier, seigneurs de Pommerit, dont l'écu figure au-dessus de la porte principale. Édifice rectangulaire du début du XVe siècle, la chapelle du Paradis est remarquable. Commencée en 1398, elle fut achevée en 1405. Cette chapelle, d'une jolie architecture, est entièrement en pierres de taille et l'on remarque sur la porte sud ainsi que sur la tour les armes des Duchâtel, anciens seigneurs de Tonquédec et Vicomtes de Pommerit.

Érigée en chapelle de secours le 17 octobre 1818, elle fut restaurée en 1819 (à l'aide d'une souscription qui donna environ 4 000 francs). Vers 1720, elle menaçait ruine et on la rebâtit en partie. Elle fut restaurée à nouveau en 1931, époque où l'on déboucha et vitra le fenestrage du chevet.

Sous la seconde restauration, le 25 mai 1818, Marie-Mauricette de Cremeur, qui habitait le château de Munehorre, en Pabu, fit don à la paroisse de Pommerit-le-Vicomte de la magnifique chapelle du Paradis, située en la même commune ; chapelle qu'elle avait achetée pour la sauver lors de sa vente comme bien national le II frimaire An III (30 novembre 1794).

Le château de Restmeur (XVIIIe siècle) est inscrit aux monuments historiques. Il est fait mention d'un manoir dès 1450. Le logis est reconstruit à partir de 1770. Les écuries datent de 1730. La chapelle privée date de 1755. Il est successivement la propriété de la famille de la Monneraye (en 1723), de Mme de Boissard (en 1802), d'Amédée de Kerfariou, de la baronne de Lespinasse (en 1824), du marquis de Keroüartz (en 1871). Les chouans commandés par Taupin, ancien valet de chambre de l'évêque de Tréguier, campent au château le 8 février 1800.

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