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 Information sur la ville de Les Marches

Les Marches est une commune française, située dans le département de la Savoie et la région Rhône-Alpes.

Cette commune nommée Les Marches est située en Savoie dans le canton de Montmélian. C'est un village savoyard de vallée, implanté à la jonction des grands axes de communication que sont la vallée du Grésivaudan, la Combe de Savoie et la Cluse de Chambéry. Le territoire de la commune, de 1 535 hectares, est situé entre 254 m et 1 134 m d'altitude. Son relief est caractérisé par trois types de formes naturelles, façonnées pendant le Quaternaire et la période historique.

Tout d'abord, depuis un million d'années, les quatre grandes glaciations ont creusé les larges vallées de la Cluse de Chambéry, de la Combe de Savoie et du Grésivaudan (l'Isère). La dernière grande glaciation, celle de Würm, a laissé sur la commune des Marches, il y a 13 000 ans, un relief typique du Quaternaire alpin : les moraines glaciaires. Les anciennes moraines, qui représentent 25 à 30 % du territoire, forment au nord-est de la commune le « Seuil des Marches ». Des communes limitrophes de Myans et de Francin il s'étend en talus aux bords escarpés surplombant la vallée de l'Isère de 30 à 40 mètres. C'est sur cette colline naturelle que se trouvent les plus anciennes traces d'occupation humaine.

La plaine alluviale de l'Isère, qui occupe la moitié sud-est de la commune est un espace plat, voué à l'agriculture. Occupée par des lacs postglaciaires au XI ème millénaire avant aujourd'hui, puis par des étangs et des marécages, ce n'est qu'au XIX ème siècle que la plaine est drainée et l'Isère endiguée.

Enfin, le tiers nord-ouest de la commune est composé des éboulis historiques du Mont Granier. Qu'il se soit éboulé en une fois (le 24 novembre 1248) ou en plusieurs fois (époques préhistoriques), l'ensemble du volume décroché de la montagne représenterait 500 millions de mètres cube, répandus dans la vallée sur 30 km² et sur une épaisseur pouvant atteindre 140 m. C'est dans cette zone que depuis les années 1970 se sont constitués les vignobles AOC d'Apremont et des Abymes. La caractéristique majeure de ce sol est la présence de gros blocs de calcaire urgonien, telle « la Pierre hachée ».

Préhistoire et antiquité

La présence humaine débute évidemment après la dernière glaciation (-11 000 ans). Même si la présence humaine n'est pas encore attestée pour les périodes épipaléolithique et mésolithique, on peut toutefois supposer que les moraines étaient fréquentées à cette époque.Les premières traces attestées d'occupation du sol datent du Néolithique, soit - 2500 ans avant J.-C . Une pierre à cupules témoigne de cette présence ainsi qu'un site chasséen du IVème millénaire avant J.-C. sur la commune voisine de Francin. Bien plus tard, vers -500 avant J.-C., la tradition ferait s'implanter sur la commune les Allobroges, peuplade celtique du Second Age du Fer (La Tène). Toujours suivant la tradition locale, de nombreux toponymes seraient issus du vocabulaire celtique : Seloge, la rivière de Bondeloge, le toponyme Nant, la racine Meillan (Myans, Montmélian). En -120 avant J.-C., les Romains conquirent l'Allobrogie, qui au tout début fit partie de la cité de Vienne (province de Narbonnaise). Puis au IVème siècle, elle fut divisée entre les cités de Vienne, de Genêve et de Grenoble. C'était à cette dernière que fut rattaché le territoire de l'actuelle commune de Les Marches. Un site gallo-romain a été fouillé en 1977 par le G.R.A.C.S. Les fouilles ont démontré l'existence d'une villa, bâtie au Ier siècle après J.C., étendue au IIème (creusement de puits vers l'an 150), et abandonnée au milieu du IIIème siècle (aux alentours de l'an 259). Les « invasions barbares » amenèrent, à partir de l'année 443, l'installation en Savoie et plus particulièrement, sur la commune de Les Marches, de 25 000 Burgondes. Mais cette Burgondie sera annexée une première fois par les Francs de Clovis en 534, puis une deuxième fois par les Francs de Charlemagne en 771. Le territoire repassa au IXème siècle aux mains d'un « Royaume de Bourgogne », puis fut intégré au Saint-Empire Romain germanique de Conrad II en 1033.

L'heure de Gloire de Saint André

A partir du III ème siècle s'ouvre une période de troubles, qui sera favorable à la christianisation : les évangélisateurs, venus de l'évêché de Grenoble, qui fut fondé au IVème siècle, aboutiront rapidement à la création de la paroisse de Saint-Maurice de Murs, ancêtre de la paroisse des Marches actuelle (année 406). C'est aussi entre le Vème et le IXème siècle que fut fondé le décanat de Saint-André. Ce décanat, géré par un doyen, était une subdivision du diocèse de Grenoble et administrait une soixantaine de paroisses de la « Savoie Propre ». Saint-André est aujourd'hui un petit hameau de la commune des Marches, sans chapelle, ni église ' tout ayant été détruit par l'éboulement du Granier en 1248. C'est l'abbé François Trépier, qui dans son ouvrage Recherches historiques sur le décanat de Saint-André et sur la ville de ce nom (1879), révéla le premier, avec nombre de détails, toute l'ampleur du Saint-André haut-médiéval. Il s'appuya pour cela sur un document exceptionnel : le Cartulaire de Saint Hugues, établi entre 1107 et 1132 par l'évêque de Grenoble Hugues de Châteauneuf (1082-1132).

Eboulement du Granier

Le 24 novembre 1248 (date conventionnelle), le Mont Granier s'effondra formant une coulée de boue de 7 km de large et de 11 km de long. Toute la région fut ravagée et de nombreuses localités disparurent. Parmi elles : Cognin, Saint-Pérange, Villard-Gérald, Chat-Villard, Puseis, Reculat, Gentian, Jardinc, la Combe d'Arebold, et l'Aisins. Les chroniqueurs contemporains de la catastrophe (mais pas témoins), tels le dominicain Etienne de Bourbon, le franciscain Fra Salimbene , le bénédictin anglais Mathieu Paris ou encore le dominicain Martin le Polonais, relatèrent de manière divergente l'événement et évaluèrent le nombre de victimes entre 1000 et 9000 personnes. La zone dévastée fut appelée depuis lors « les Abymes ».

La Période Savoyarde, fondation de Les Marches.

Se dégageant progressivement de l'emprise du Saint-Empire germanique, une famille de seigneurs mauriannais donnèrent naissance à la dynastie des comtes de Savoie, qui s'affirmèrent à partir du XIIème siècle. En rivalité avec le Dauphine alors aussi en expansion, la famille de Savoie décida de fortifier ses positions, notamment dans la zone récemment dévastée par le Granier. C'est Amédée V le Grand (1285-1323), qui décida de la création d'un bourg fortifié pour défendre les limites méridionales de la Savoie. De manière logique, ces limites furent appelées « les marches de Savoie », d'où le nom actuel de la commune. De nombreux travaux seront menés à partir de 1301, continués par Aymon le Pacifique (1329-1343), par Amédée VI, le « Comte Vert » (1343-1383) et terminés par Amédée VII, le « Comte Rouge » (1343-1391) pour créer ex nihilo un important château fort et un long bourg fortifié. Y participèrent entre autres Jean Bon, maître maçon, Trolliet, maître charpentier et les terrassiers Belleville et Magant. Le bourg des Marches est ainsi une des dernières « villes neuves » construites en Savoie, avec Conflans et Thônes en 1350. Sa longueur est de 240 m et sa largeur de 70 m.

En tant que frontière de vallée, les Marches fut victime de toutes les invasions : incursion dauphinoises au XIV et XIV ème siècle ; de 1536 à 1559 invasion des troupes de François Ier ; 1600 ' invasion française des troupes d'Henri IV ; 1630 ' Richelieu ; 1690 à 1696 puis 1703 à 1713' occupation française ; 1742 à 1749 ' occupation espagnole ; 1792 ' entrée des troupes révolutionnaires françaises aux Marches. La frontière (et donc la limite de la commune) changea au grè des traités : le Traité de Paris de 1355 ; l'Accord de 1433 ; le Traité du 27 avril 1672 de Saint-Germain-en-Laye ; le Traité de Turin du 24 mars 1760 ; le Traité de Paris de 1815.

Période Sarde puis française.

La période sarde (1815-1860) se caractérise par une croissance rapide de la commune : route, chemin de fer, assainissement des zones marécageuses, école, nouvelle église, ' et l'heure de gloire du sanctuaire de Myans. En 1860, le plébiscite organise par Napoléon III sur la question : « La Savoie veut-elle être rattachée à la France ' » donne le « oui » gagnant avec 100 % des suffrages exprimés. Les Marcherus participeront par la suite à la guerre franco-prussienne de 1870-1871, à la grande guerre de 1914-1918 et en 1939-1945, à la Deuxième guerre mondiale. Le village est libéré en août 1944 par les FTP et les FFI.

Dans les années 1970', le village se spécialise dans la viticulture profitant d'abord des appellations VDQS (Vin De Qualité Supérieure), puis des labels AOC Apremont, AOC Abymes et AOC Vins de Savoie (à partir de 1973). Ainsi, au début du XXIème siècle, la commune des Marches était devenue la première commune viticole de Savoie produisait près de 20 000 hectolitres de vin avec 250 hectares de vignoble. 30 % des sols agricoles de la commune sont ainsi consacrés à la vigne et 90 % de ses exploitations agricoles sont orientées vers la production viticole. Mais c'est la zone du « Plan Cumin », qui représente le poumon économique le plus important des Marches. Décidé en 1968, le projet d'une zone artisanale de 6 hectares n'a cessé, en 25 ans, de se développer dans une perspective de plus en plus ambitieuse sous les maires Roulet, Berthollet, puis Gayet. Le plan Cumin I de 1978 est suivi d'un plan Cumin II de 1986 et 1988, puis d'un Plan Cumin III en 1990. La zone comportait en 2005 trente-six entreprises employant plus de 300 personnes. Les Marches s'est officiellement jumelé avec Stepps, une ville d'Ecosse le 29 septembre 2002.

Tout d'abord châtellenie (et marquisat à partir de 1682) regroupant le Bourg des Marches, Myans et Chacusard, le village des Marches fut progressivement découpé en deux paroisses, puis en deux communes. La paroisse de Myans et de Chacusard, intégrée au tout début aux Marches, devînt autonome à partir de 1801 et il fallut attendre 1881 pour que le village se divise en deux communes distinctes: Les Marches et Myans. Au contraire le hameau de Saint André appartenant à l'origine à Chapareillan, c'est le traîté de Turin de 1760 qui l'attribue aux Marches. A noter, Les Marches fut Canton sous la Révolution française de 1792 à 1801, rassemblant Chignin, Saint Jeoire, Saint Baldoph, Apremont, et Entremont le Vieux.

Voici trois listes des administrateurs civils et religieux de la communauté des Marches, d'après l'Histoire des Marches de Ghislain GARLATTI

1.Liste des curés de la paroisse des Marches de 1301 à nos jours,

Rd Jacques Favre ' 1340 ' 1399

Martinus de Mota '. 1408 '

Jean Bouvier 1429 à 1434

Jean Arragon 1457 à 1490

Aymonet Fabreis ' 1494'.

Pierre Noyel de Bellegarde '1600'

Guillaume d'Oncien 1667 à 1673

François Clerc 1686 à 1691

Anthelme Velet 1691 à 1715

Gaspard Basset 1715 à 1739

Antoine Tro'lle 1740 à 1758

Joseph Bataillard 1758 à 1781

Claude Louis Gotteland 1781 à 1792

Mathias Huysens 1802 à 1803

Pierre Fortin 1803 à 1807

Joseph Pollet 1807 à 1815

Robert Chapperon 1815 à 1860

Claude Antoine Vionnet 1860 à 1881

Claude Paul Bottero 1881 à 1885

Gaspard Marie Martin 1885 à 1912

Georges Ménarié-Descotes 1912 à 1922

Jean Marie Michellier 1922 à 1952

Augustin Martin 1952 à 1966

Eugêne Ducret 1966 à 1992

A partir de Louis Robert (1992) les Curés ne résident plus aux Marches.

2 Liste des châtelains et seigneurs des Marches

Amédée V (1285-1323) fondateur du Bourg en 1301 Les comtes de Savoie délèguent leur autorité à :

Hugues de Chandée, bailli de Savoie et châtelain de Montmélian '1301'

Pierre de Villeneuve 1305'

Pierre de Montfalon et Cognard de Verdun '1356'

Jean de Verdun '1363-1364'

Pierre de la Fontaine du Creux 1379 à 1398

Hugues Rode 1398-1403

Aymon de la Balme d'Apremont 1403-1418

Délègue à Portier de Chignin

Guigues de la Balme 1418-1422

Guigonne de la Balme 1422 ' 1442 (ép. Gaspard de Montmayeur en 1417) 21 août 1421 Catherine de la Ravoire, veuve d'Aymon de la Balme institue son petit fils Jacques de Montmayeur comme héritier

Les Montmayeur de 1442 à 1487

Gaspard II ( 1442-1443 )

Jacques ( 1443-1487)

Jacques délègue la gestion à Jean de Médici 1482-1483

à Aymon Panice 1485-1486

Le 27 août 1486 Le duc de Savoie Charles Ier attribue la châtellenie à Gilberte de Polignac épouse d'Anthelme de Miolans de 1487 à 1522

Anthelme de Miolans ( 1487-1489)

Jacques II (1489-1496) qui lui même envoie

Claude Ruffi bourgeois de Montmélian 1493-1494

D. Claude Jacques de Miolans (1496-1497)

Louis de Miolans (1497-1513)

Son intendant : Gaspard de la Challandière '1502'

Jacques III de Miolans (1513-1523)

François Noyel (fils de Jean Noyel) 1530 - 1556

Jean François I Noyel de Bellegarde 1556 '1623

Claude André Noyel de Bellegarde 1623- '

Guillaume '. ''..

Jean François II de Bellegarde '. - 1663

Janus de Bellegarde 1663-1712

Jean François III 1712-1742

Dom Joseph Fran'ois 1742-1759

François Eugêne Robert 1759-1790

Frédéric 1791-1816

Adèle 1816-1830

Le château est ensuite acheté par les Costa de Beauregard.

Claude Chevallier '. 1814

Carret 1814-1815

Benoit Chevallier 16 janvier 1816-1818

André Falcoz 3 mai 1818

Jacques Droguet 23 mars 1824

Claude André Falcoz 14 mars 1827

Joseph Falcoz 7 mars 1833

Charles Vincent 3 mai 1840

Joseph Falcoz 9 mai 1848

François Rey 10 novembre 1849

Claude Chevallier 9 mai 1850

Camille Gouvert 8 novembre 1851

Pierre Vivian 28 décembre 1854

Auguste Vernaz 27 juillet 1860

André Falcoz 26 juillet 1864

Camille Gouvert septembre 1870 (président du Comité provisoire puis Maire)

Charles Mermet 12 juin 1881

Charles Viviand 15 mai 1904

Eug'ne Viviand 5 novembre 1911

Louis Vacher 30 décembre 1919

Anthelme Martin 25 mai 1925

Maurice Bouvier 19 octobre 1940

François Perceval (Délégation) 11 septembre 1941

Maurice Bouvier 29 août 1944

Marcel Pegaz 18 mai 1945

Marcel Boniface 7 mai 1953

Roulet Gabriel 20 mai 1965

Bertholet André 25 mars 1977

Lambert Alphonse 21 mars 1989

Gayet Henri 13 juillet 1989

Joly Serge 16 mars 2001

On peut noter 4 grandes phases démographiques : 1) L'époque moderne : Depuis sa fondation jusqu'à la révolution française Les Marches connaît une croissance stable et continue malgré les épidémies, les famines et les invasions : 300 habitants au XIV ème, 360 au XVI ème, 660 au XVIII ème

2) L'âge d'or du XIX ème siècle : En raison de la modernisation et l'assainissement de la commune, ainsi que de l'amélioration de la situation alimentaire savoyarde (dernière famine savoyarde en 1847), la population s'accroît très vite : 1000 habitants en 1810, 1868 habitants en 1865

3) Le siècle noir 1860-1960 : Il s'ensuit un siècle noir de crise démographique et économique. Durant cette période 1860-1960, le village perd la moitié de sa population : 1131 habitants en 1886, 1007 en 1926 et 909 en 1954

4) Le Renouveau Depuis les années 1950, la commune grâce à la vigne, la zone d'activité et l'attractivité de Chambéry (à 15 minutes en voiture) renoue avec la croissance démographique (très largement exogène) : 1108 habitants en 1976, 1233 en 1982, 1416 en 1990, 2135 en 1999 et sans doute plus de 2300 en 2005

La commune des marches possède des atouts naturels reconnus comme les « Abymes » et le Lac de Saint-André (de 7-10 ha) qui fait l'objet d'une protection et d'une mise en valeur particulière. Parmi les nombreux monuments historiques, outre « Le Bourg médiéval » et les nombreuses maisons fortes de la commune, l'imposant château des Marches recèle un trésor particulier. C'est la Salle des fêtes. En effet en 1785-1786 le marquis Eugêne de Bellegarde rénova la pièce aujourd'hui classée monument historique en raison des fresques et trompes l'oeil peints par les frères Galliari (Fabrizio 1709-1790 et Bernardino 1707-1794) qui venaient de l'Académie de Turin. Bien que ne faisant plus partie de la commune des Marches le Sanctuaire de Myans, est un vestige incontournable de l'histoire marcherue.

La plus célèbre des Marcherue est sans doute Adèle de Bellegarde, fille du marquis Eugêne de Bellegarde. En 1792, avec sa s'ur, elles pactisèrent avec les révolutionnaires français venus « libérer la Savoie ». Adèle de Bellegarde se lia avec le Commissaire conventionnel Hérault des Séchelles (un des quatre commissaires français chargés de révolutionner la Savoie et partit à Paris pour applaudir aux guillotinages des contre-révolutionnaires. Echappant de peu elle-même à la guillotine elle se lia alors avec le peintre Jacques-Louis David (1748-1825) pour qui elle posa lors de la création de son tableau « Les Sabines » en 1799. Le tableau de 385 x 522 cm est aujourd'hui exposé au Musée du Louvre. C'est le profil de cette Sabine qui servit il y a quelques années à élaborer la Marianne d'un timbre de La Poste. Redevenue royaliste à la restauration Adèle mourut le 7 janvier 1830 à Paris


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