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Information sur la ville de La Rochelle
La Rochelle[1] est une commune française, capitale de l'Aunis et préfecture du département de la Charente-Maritime, dans la région Poitou-Charentes. Ses habitants sont appelés Rochelais.
Située en bordure de l'océan Atlantique, au c'ur du pertuis d'Antioche, et protégée des tempêtes par la barrière des îles de Ré, d'Oléron, d'Aix et Madame, la ville est avant tout un complexe portuaire de premier ordre depuis le XIIe siècle.
Cité millénaire et dotée d'un riche patrimoine, La Rochelle est aujourd'hui devenue une ville administrative et tertiaire qui conserve son titre de Porte océane. Depuis le 19 mai 1988, elle est reliée à l'île de Ré par l'élégante courbe du plus long pont de France.
Faute de trouver des traces d'occupation des lieux antérieures à la fondation de la ville au Xe siècle, le site marécageux de La Rochelle a parfois été considéré comme inhabité avant cette époque.
Pourtant, d'après l'historien Louis-Étienne Arcère, des Alains venus de l'Est se seraient implantés dans cette région déserte et marécageuse au Ve siècle, habitant dans des huttes et vivant de la pêche, du cabotage et de la viticulture.
De récentes découvertes ont permis d'établir que tous les promontoires de la côte d'Aunis avaient été habités à l'époque gallo-romaine. On a ainsi retrouvé des traces de marais salants de grande taille datant de -8 à -2 et les fondations de deux imposantes et luxueuses villas romaines. Ces villas, dont l'une se trouve à Saint-Éloi et l'autre aux Minimes, constituaient le centre d'un vaste domaine agricole du Ier siècle au IVe siècle. Leur découverte a confirmé que les Romains occupaient le site, exploitant les ressources de la baie de La Rochelle.
Un petit hameau appelé Cougnes, dont l'origine reste imprécise, et vivant de l'exploitation de marais salants, est vraisemblablement le quartier le plus ancien connu de la cité de La Rochelle[2]. En se développant, les habitations de Cougnes se rapprochent progressivement de la mer, jusqu'à ce qu'aux environs du IXe siècle, une cité de pêcheurs appelée Rupella (petite roche) soit fondée sur un promontoire rocheux au milieu des marais, origine du nom de la ville de La Rochelle[3]. Une tour de défense carrée, appelée tour Maulevault, ainsi qu'une église, l'église Notre-Dame-de-Cougnes, sont construites à cette époque.
Au Xe siècle, en l'an 961, Guillaume d'Aquitaine octroie à La Rochelle une charte concernant le droit d'ancrage et de lestage des navires. À cette époque, le port primitif se situe à proximité de l'actuelle place de Verdun, au pied d'une tour, berceau du château Vauclair, et autour duquel la ville se développe. Il sera déplacé plus tard à son emplacement actuel.
Situé au fond d'une baie abritée des fureurs de l'océan par les Île de Ré et d'Oléron, alimenté par des sources d'eau douce, le lieu convient parfaitement à l'implantation d'un port. Ce faisant, le port de La Rochelle joue dès le XIIe siècle, et durant tout le Moyen Âge, un rôle de premier ordre.
En 1130, Guillaume X, duc d'Aquitaine, fait édifier une première enceinte autour de La Rochelle, et en 1137, il affranchit la ville des tutelles féodales, faisant de son port un port libre. Fort de cette caractéristique, le port devient le plus grand de toute la côte atlantique, et connaît trois siècles ininterrompus de prospérité, commerçant principalement du vin de La Rochelle, qui est une importante production régionale[4] s'étendant jusqu'à Cognac et qui est alors très réputé, ainsi que du sel.
Aux XIIe siècle et XIIIe siècle, les routes des Templiers convergent toutes vers La Rochelle, faisant ainsi de la ville leur port sur l'Atlantique[5]. Le XIIe siècle est également marqué par l'influence d'Aliénor d'Aquitaine, qui après s'être séparée du roi Louis VII de France, épouse en secondes noces le futur roi Henri II d'Angleterre en 1152, faisant de l'Aquitaine, ainsi que de La Rochelle, une province anglaise en 1154. De par sa situation géographique et son importance, le Vieux-Port voit s'ouvrir à lui les marchés de l'Angleterre et de l'Europe du Nord, très demandeurs des vins régionaux et du sel des marais du littoral.
Une nouvelle enceinte de protection est érigée autour de la ville entre 1160 et 1170, tandis que le château de Vauclair est construit par Henri II d'Angleterre un peu avant la fin du XIIe siècle[6]. L'enceinte du château, qui couvre plus d'un hectare, est protégée par un rempart orné de quatre grosses tours d'angle, reliées entre elles par des courtines au parapet crénelé, et entourée de profondes douves. Le château domine alors le port primitif de La Rochelle, situé à l'estuaire des cours d'eau de La Moulinette à l'Est, de Rompsay au Nord-Est[7] et le chenal de la Verdière au Nord.
En 1196, l'armateur rochelais Alexandre Aufrédy décide d'envoyer les sept navires de sa flotte commerciale à l'aventure vers les côtes africaines, chargés de sel et de vin. Les années passent mais ses navires ne reviennent pas. Ruiné, Alexandre Aufrédy se voit obligé de vendre l'intégralité de ses biens, dont son hôtel particulier, pour payer ses dettes, et est réduit à la mendicité. En 1203, il est sauvé de la misère par le retour inespéré de sa flotte commerciale qu'il croyait perdue, et dont la cargaison d'or, d'ivoire, d'épices et de bois précieux refait sa fortune. En remerciement au Ciel, il décide de consacrer sa vie et sa fortune aux pauvres, et fonde un hôpital portant son nom où, avec sa femme, il soignera les malades jusqu'à sa mort.
Entretemps, en 1199, Aliénor d'Aquitaine a renouvelé la charte de commune octroyée par son père, Guillaume X d'Aquitaine, et concédé à la ville des exonérations de taxes royales, ainsi que des pouvoirs politiques et judiciaires étendus. Démocrates bien avant l'heure, les habitants de La Rochelle en profitent pour procéder à la première élection d'un maire dans l'Histoire de France, en la personne de Guillaume de Montmirail. Les extensions de la charte communale autorisant également la ville à battre la monnaie, Jean d'Angleterre y fait établir en 1215 un atelier monétaire. La monnaie royale qui y est frappée porte la lettre H comme marque de fabrique.
En 1222, le roi d'Angleterre Henri III décide de renforcer l'influence anglaise en Aunis. Ainsi donc, le 4 décembre, il édicte une charte prescrivant aux Rochelais d'établir un port dans l'ouest de la ville et de la fortifier, et le 8 avril 1223, il leur ordonne de commencer les travaux. De son côté, Louis VIII, roi de France, prend prétexte du fait que les conditions du traité de 1217 n'étaient toujours pas remplies pour lancer une campagne destinée à s'emparer des possessions anglaises en France.
En effet, après sa victoire sur Jean sans Terre à la bataille de la Roche-aux-Moines, en 1214, les barons anglais lui avaient promis la couronne d'Angleterre. Cependant, ces derniers revinrent sur leur décision le 11 septembre 1217 en signant le traité de Lambeth, qui octroyait la couronne à Henri III moyennant certaines compensations, dont le paiement d'une forte somme d'argent au roi de France.
Ainsi, sur les ordres du roi Louis VIII, Mathieu II de Montmorency entame le siège de La Rochelle le 15 juillet 1224, et la libère de la domination anglaise le 3 août 1224. La ville revient alors sous la couronne de France, tout en conservant ses privilèges. En représailles, Henri III signe à Londres une charte communale à Bordeaux, qui jusqu'à présent devait passer par La Rochelle pour exporter son vin de Bordeaux, et qui désormais prend la prédominance du commerce du vin avec l'Angleterre.
En 1241, une nouvelle guerre éclate entre la France et l'Angleterre. Henri III d'Angleterre débarque à la tête de son armée, mais est vaincu par Louis IX, nouveau roi de France, et est contraint de céder l'île de Ré à la couronne de France par un traité en date du 7 avril 1243.
Au cours de la guerre de Cent Ans, la ville change régulièrement de mains, passant des Anglais aux Français et inversement, au gré des traités. De ce fait, elle se voit octroyer dès 1338, par le roi d'Angleterre, des lettres de sauvegarde l'autorisant, malgré la guerre entre les deux Couronnes, à trafiquer librement avec toutes les possessions anglaises.
En 1356, le roi Jean II de France, dit le Bon, est vaincu et fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Emmené à Londres, il est forcé en 1360, en plus de verser une rançon de 3 millions d'écus d'or (soit 11,64 tonnes d'or), de signer le traité de Brétigny en échange de sa libération. Le traité cède de nombreux territoires à la couronne d'Angleterre, dont la ville de La Rochelle. Ce nouveau passage sous la domination anglaise est très mal perçu, et la ville manifeste une importante résistance à cette annexion. Finalement, suite aux pressantes interventions du roi de France et à l'assurance donnée par le roi d'Angleterre que les privilèges seront maintenus, les Rochelais déclarent « Nous aourerons (honorerons) les Anglais des lèvres, mais les c'urs ne nous mouveront pas ».
La Rochelle est pillée en 1370 par une chevauchée anglaise. Le 22 juin 1372, la bataille de La Rochelle marque le début du siège de La Rochelle, commandé par le connétable Bertrand du Guesclin sur ordre de Charles V. La flotte anglaise de Jean de Hastings, comte de Pembroke est détruite par la flotte franco-espagnole, le roi de France ayant obtenu l'appui du roi de Castille. Le 15 août 1372, les Rochelais chassent la garnison anglaise de leur ville grâce à une ruse du maire Jean Chaudrier[8]. Cependant, ils refusent de laisser entrer le connétable Bertrand du Guesclin dans les murs de la ville, désirant négocier leur retour dans le Royaume de France moyennant une extension de leurs anciennes chartes. Le roi Charles V accepte finalement de confirmer les privilèges de la ville, lui donnant ainsi une grande indépendance vis-à-vis du pouvoir royal. Les rochelais laissent alors entrer Bertrand du Guesclin dans leurs murs le 23 août 1372, faisant de La Rochelle une ville définitivement française.
Le 8 janvier 1373, désireux de remercier les Rochelais d'avoir chassé les Anglais de la ville, Charles V confère au maire, à ses échevins et à leurs successeurs, un droit de noblesse héréditaire et perpétuel. Il crée également le gouvernement d'Aunis, distinct de la Saintonge. Néanmoins, il fait détruire le château Vauclair, symbole de pouvoir, et dont les pierres servent à édifier la muraille du Gabut. Le Corps de Ville fait également construire la tour de Moureiles, destinée à conserver les papiers consacrant les privilèges et les registres[9]. Le port de La Rochelle est quant à lui transféré à son emplacement actuel.
En 1376, après 31 ans de travaux interrompus par la rupture des fondations dans les premières années de la construction et par l'occupation anglaise ensuite, la tour Saint-Nicolas est achevée. Destinée à défendre la passe du port, elle héberge son premier capitaine ainsi que les soldats préposés à sa garde en 1384. Quelques années après la tour Saint-Nicolas, la tour de la Chaîne est édifiée sur l'autre rive. Elle est ainsi nommée en raison du fait qu'elle a pour fonction de tendre la chaîne fixée dans la tour Saint-Nicolas et fermant l'accès au port. Les deux tours deviennent emblématiques du Vieux-Port de La Rochelle, dont elles constituent la majestueuse porte d'entrée.
En 1422, la charpente d'une maison où se tient une réunion s'écroule, tuant et blessant de nombreuses personnes. Le Dauphin Charles, futur Charles VII, qui y participait, s'en sort miraculeusement indemne.
En octobre 1429, Jeanne d'Arc confond la supercherie de sa plus célèbre émule, Katherine de La Rochelle, qui prétendait qu'une inspiration sacrée l'avait invitée, non pas à aller à la guerre, mais à exhorter le peuple à apporter son argent au roi pour délivrer le pays[10].
Dans les années 1530 et suivantes, la population de La Rochelle se convertit au protestantisme, pour être entièrement huguenote au début des guerres de religion[11].
Dans le cadre de la politique générale de centralisation du gouvernement menée par François Ier. Charles Chabot, seigneur de Jarnac et gouverneur de La Rochelle sous l'autorité de Henri d'Albret, 'uvre à anéantir les privilèges de La Rochelle. En 1530, il supprime notamment le corps de ville et la mairie élective, héritage de 1199, et réduit le nombre d'échevins, au prétexte que la ville se servait des recettes de l'octroi pour renforcer ses fortifications. Le 1er avril 1536, Charles Chabot s'attribue un mandat de maire perpétuel de La Rochelle, ce qui lui attire la haine de la population. Des émeutes éclatent, que Charles Chabot tente de mater en faisant procéder à des exécutions publiques.
Le 12 avril 1541, un édit royal étend l'impôt de la gabelle à La Rochelle et au pays d'Aunis, qui en étaient jusque là exemptés par leurs privilèges. Les habitants protestent, et de nouveaux troubles et émeutes éclatent en 1542. Le gouverneur Charles Chabot fait alors venir une garnison de 200 soldats afin de se protéger du peuple, mais ces derniers se livrent à de nombreux abus et ne font qu'exacerber la colère de la population, qui se soulève et les chasse des la ville, obligeant Charles Chabot à s'enfuir et à retourner sur ses terres de Jarnac. Le 30 décembre 1542, c'est François Ier lui-même qui, arrivant de Cognac, se rend à La Rochelle. Le 1er janvier 1543, il rencontre les notables rochelais et pardonne finalement la ville en la maintenant dans ses privilèges.
Entre 1562 et 1598, l'Aunis et la Saintonge sont déchirées par huit guerres de religion successives. Les terres sont dévastées, les églises et abbayes détruites, et les pillards foisonnent dans les campagnes. De terribles épidémies éclatent.
Le 14 septembre 1565, à l'occasion de son tour de France royal (1564-1566), le roi Charles IX accompagné de sa mère Catherine de Médicis, de sa Cour et précédé par le connétable Anne de Montmorency, fait son entrée dans la ville de La Rochelle, où il reçoit un accueil hostile de la part des habitants[12]. En représailles, il prend des mesures pour brider l'indépendance des rochelais : il réduit le corps de ville à 24 échevins, destitue tous les officiers de la ville et confie les défenses de la ville au gouverneur Charles Chabot, précédemment chassé de la ville.
En début d'année 1568, poussé par l'intense propagande menée par les pasteurs, le maire protestant François Pontard, nommé par Charles Chabot, soulève la ville contre les catholiques. Ces derniers fuient hors des murs, mais 13 prêtres sont arrêtés, égorgés et jetés à la mer du haut de la tour de la Lanterne, qui prendra à l'occasion le surnom de « tour des Prêtres ». Les églises Notre-Dame-de-Cougnes, Saint-Sauveur et Saint-Barthélemy sont détruites, leurs pierres servant à renforcer les murailles. Les troubles se répandent dans la région, où les pillages et les massacres se multiplient. Des catholiques de Luçon sont massacrés par des Rochelais, tandis que des catholiques massacrent des calvinistes à Mirambeau, à Saintes et à Saint-Sorlin.
L'île de Ré se range aux côtés de La Rochelle, qui se proclame république indépendante et calviniste, en adoptant officiellement les idées réformistes et en rejoignant le parti protestant, ce qui ne manque pas d'inquiéter le pouvoir royal, et qui a d'importants retentissements dans le monde protestant. En effet, avec ses 22 000 à 23 000 habitants, la ville est parmi les plus grandes du Royaume de France, et elle est également riche du commerce développé avec l'Espagne, l'Angleterre et les pays d'Europe du Nord, ce qui en fait une cité d'une importance exceptionnelle pour l'époque.
Charles IX charge alors Blaise de Montluc et Charles Chabot de Jarnac de reprendre le port de l'Atlantique. Blaise de Montluc arme une flotte de 500 arquebusiers d'élite dans le port de Brouage, et l'envoie prendre l'île de Ré, où après de terribles combats, les protestants sont massacrés. Il envoie ensuite ses troupes à Saint-Jean-d'Angély faire la jonction avec celles de Chabot de Jarnac et du comte de Lude, gouverneur du Poitou. Leurs troupes s'apprêtent à marcher sur La Rochelle lorsque la paix de Longjumeau est signée entre Charles IX et le prince de Condé le 23 mars 1568, et publiée à La Rochelle le 27 mars 1568. Dès son retour dans la ville, le gouverneur Chabot de Jarnac fait bannir François Pontard, mais furieux que le roi ait rendu de nouveau la mairie élective, il quitte La Rochelle.
En novembre 1568, Jeanne d'Albret prend la tête du mouvement protestant et emmène son fils, Henri de Navarre, rejoindre les chefs protestants à La Rochelle, qu'elle administre dans tous les domaines, à l'exception des affaires militaires. Elle assure la communication avec les princes étrangers alliés, dont elle tente de conserver le soutien, surtout après la mort de prince de Condé, assassiné le 13 mars 1569. Elle refuse de se rendre après la défaite de Moncontour, et se montre intraitable lors des négociations de Saint-Germain-en-Laye, mais s'incline devant la volonté de négocier de ses coreligionnaires. Elle quitte La Rochelle en août 1571, pour revenir sur ses terres.
Le 5 août 1570, la paix de Saint-Germain-en-Laye, signée entre le roi Charles IX et l'amiral Gaspard de Coligny, octroie aux protestants quatre places fortes : La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité-sur-Loire. La Rochelle devient le « Boulevard de la Réforme ». Théodore de Bèze, qui arrive de Genève, vient présider le second synode protestant, lors duquel le texte fondateur de l'Église réformée de France est rédigé.
Deux ans plus tard, dans la nuit du dimanche 24 août 1572, a lieu le massacre de la Saint-Barthélemy, qui met un terme à la paix et plonge le royaume de France dans l'horreur du fanatisme religieux, que le roi Charles IX ne parvient pas à endiguer. De nombreux huguenots s'enfuient vers La Rochelle, place forte protestante.
Charles IX charge alors François de La Noue, qui a échappé au massacre, d'une délicate mission de conciliation entre les habitants de La Rochelle et le pouvoir royal. Les rochelais, ulcérés par la tragédie qui vient de se jouer, refusent toute négociation. N'oubliant pas ses convictions huguenotes et sentant que la guerre est proche, François de la Noue démissionne de ses engagements royaux et organise la défense de la ville. En novembre 1572, La Rochelle refuse de recevoir le gouverneur royal Armand de Gontaut-Biron et sa garnison.
Le 2 février 1573, le duc d'Anjou, frère du roi et futur Henri III, incite François de La Noue à se rendre dans des conditions favorables, tout en exigeant une reddition sous trois jours. Faisant face au refus de ses coreligionnaires extrémistes, qui pour certains l'accusent de traîtrise, François de la Noue quitte la ville pour attendre l'issue du siège de La Rochelle au camp royal, sans prendre part aux combats. Le roi Charles IX ordonne alors au duc d'Anjou de faire le siège de La Rochelle, ce qu'il entreprend dès le 11 février 1573, à la tête d'une armée de 28 000 hommes. Après huit assauts infructueux, des pertes énormes, et ayant été élu roi de Pologne entretemps, il signe la paix de La Rochelle le 24 juin 1573 et abandonne le siège.
Le 11 juillet 1573, la paix de Boulogne met fin à la quatrième guerre de religion en remettant en vigueur les clauses d'Amboise. Elle permet aux protestants d'obtenir la liberté de conscience, mais ils perdent Cognac et La Charité-sur-Loire et n'obtiennent la liberté de culte que dans trois villes : La Rochelle, Montauban et Nîmes. François de La Noue, occupe alors la fonction de général de La Rochelle de 1574 à 1578.
En 1590, les Rochelais obtiennent du roi Henri IV l'autorisation d'ériger une nouvelle enceinte, baptisée « enceinte huguenote » ou « enceinte Henri IV », et plus fortifiée que la précédente[13]. Entre 1596 et 1612, six grands bastion royaux sont édifiés, ce sont les bastions des Grands-Lapins, des Petits-Lapins, de Cougnes, des Fonderies ou des Fours-à-chaux, de Maubec ou du Petit-Genève, et de Saint-Nicolas. La porte Maubec est reconstruite en 1611, suivie par la porte de Cougnes en 1613, et la porte Neuve renforcée en 1622[14].
La ville ayant conquit son statut de ville libre devient un centre de ralliement pour les Huguenots, et initie une période de liberté, de prospérité et d'épanouissement qui s'étend jusqu'en 1620. Elle n'échappe cependant pas aux épidémies de peste, qui ravagent le continent européen. Frappée à plusieurs reprises en 1585, en 1602 et en 1604, elle voit sa population être décimée. Les malades sont transportés dans le quartier de Mireuil, lieu consacré aux pestiférés[15].
Le 29 mars 1614, le corps municipal de La Rochelle entérine une charte dont les 29 articles édifient l'administration de la ville. Les Rochelais s'insurgent contre Jean Louis de Nogaret de la Valette, Duc d'Épernon, et représentant du roi.
De 1620 à 1628, Louis XIII, qui entend mettre fin aux privilèges politiques dont bénéficient les protestants depuis les guerres de religions, mène une politique de rétablissement de l'autorité militaire de l'État. En réaction, de 1621 à 1625, les provinces de Saintonge, de Guyenne et de Languedoc se soulèvent, menées par Henri II de Rohan, et de véritables opérations militaires ont lieu autour de La Rochelle, Saint-Jean-d'Angély, Montauban et Montpellier.
En mai 1621, La Rochelle proclame son indépendance, et la constitution d'un « État protestant » est établie. Excédé par les Rochelais qui veulent faire de leur ville une république, le roi Louis XIII confie en juin 1621 au duc d'Épernon le soin d'investir la ville.
Le 6 octobre 1621, à la tête d'une flotte de 22 navires, Jean Guiton défait, après deux heures de combats, les 40 navires royalistes, commandés par Isaac de Razilly, et venus faire le blocus de la ville. Le 9 octobre 1621, Isaac de Razilly reçoit 5 navires en renfort du gouverneur de Brouage, mais essuie un nouvel échec, et est chassé des eaux rochelaises. Le 6 novembre 1621, Jean Guiton apprend que 18 navires du Roi sont à Brouage pour se faire radouber. Il prend de nouveau la tête de la flotte rochelaise, et défait la flotte ennemie, capturant deux navires royalistes avec leurs équipages, le Saint-François et le Saint-Louis. Les Rochelais sont désormais maîtres de la mer, et ravagent le pays entre la Loire et la Garonne.
En octobre 1622, le duc de Guise emmène une flotte largement supérieure en nombre et en armement à l'encontre de la flotte rochelaise. Les combats sont furieux, et durent plusieurs jours. La flotte rochelaise, bien qu'essuyant de lourdes pertes, fait preuve de beaucoup d'audace et de courage, prenant même l'avantage et allant jusqu'à bouter le feu au navire amiral de la flotte ennemie. Mais surpassée par le nombre et l'armement des navires adverses, la flotte rochelaise est gravement endommagée et affaiblie. Elle est défaite et sur le point d'être écrasée lorsque finalement la Paix de Montpellier est signée avec les protestants, le 18 octobre 1622, alors même que le combat naval se déroule encore. Le traité de paix confirme l'édit de Nantes et entraîne la fin du siège, augmentant le prestige de la ville, qualifiée de « ville imprenable ». Cependant, seules La Rochelle et Montauban restent des places fortes huguenotes. Les activités des huguenots de La Rochelle auront convaincu Richelieu de doter la France d'une véritable politique navale, et il crée à cet effet la Marine royale en 1624.
En 1625, les hostilités reprennent. En janvier, le duc de Rohan lève une armée protestante de 5 500 hommes à Soubise, ce qui agite tout le Poitou, et en février, il prend l'île d'Oléron. Les anglais se rallient à la cause réformée, mais leur intervention, conduite par George Villiers, duc de Buckingham, est un échec. Le 17 septembre 1625, Jean de Saint-Bonnet de Toiras et Henri II de Montmorency défont la flotte de Soubise. Après s'être emparé d'une partie de la flotte de Soubise, Jean de Saint-Bonnet de Toiras fait route vers La Rochelle à la tête de 90 vaisseaux et environ 16 000 hommes. Suite à sa victoire sur Soubise, Jean de Saint-Bonnet de Toiras est fait comte, et est nommé gouverneur de l'île de Ré, qui est dès lors perdue pour les protestants. Le 1er décembre 1625, Richelieu lance la construction d'une circonvallation de 12 km autour de La Rochelle, armée de 11 forts et 18 redoutes, dont le Fort-Louis et le Fort de Marillac, placés de part de d'autre de la baie de La Rochelle.
Le 5 février 1626, la paix de La Rochelle est signée, et renouvelle la paix de Montpellier. La ville accepte de recevoir un commissaire royal et de rendre aux catholiques les biens qui leur ont été pris, en échange de quoi le roi s'engage à détruire le Fort-Louis, qui fait peser une menace permanente sur la ville et ses accès maritimes et terrestres. Cependant, le cardinal de Richelieu refuse d'honorer cet engagement, et entend bien soumettre la ville et retirer au parti huguenot ses privilèges, qui lui apparaissent comme une négation du pouvoir royal.
En 1627, Henri de Rohan est vaincu à Privas. Pendant ce temps la pression sur La Rochelle, où Richelieu est décidé à en finir, s'accroît de mois en mois. En tant que haut lieu du protestantisme, la ville est soutenue par l'Angleterre, qui y voit également un moyen de freiner le développement de la marine française. Appelé à la rescousse par les Rochelais, l'amiral George Villiers de Buckingham appareille de Portsmouth le 27 juin 1627, à la tête d'une flotte qui compte près de 110 vaisseaux et 16 000 hommes, avec l'intention de faire respecter par le roi de France ses engagements. Apprenant la chose, Richelieu se saisit du prétexte pour déployer 20 000 hommes autour de la ville et faire fortifier les îles de Ré et Oléron. Jean de Saint-Bonnet de Toiras dispose alors de deux forts pour défendre l'île de Ré, celui de Saint-Martin-de-Ré et celui de La Flotte, ainsi que 2 000 fantassins et 200 cavaliers aguerris.
La ville étant menacée par les troupes royales, les rochelais hésitent à franchir le pas de la révolte, et le maire de La Rochelle, Jean Guiton, se voit contraint de refuser l'accès du port au duc de Buckingham, qui se tourne alors vers l'île de Ré et débarque avec 100 cavaliers et 5 000 fantassins le 22 juillet 1627 à Saint-Blanceau[16]. L'armée française est surpassée en nombre et contrainte à se retirer dans la citadelle de Saint-Martin-de-Ré. Le duc de Buckingham commence alors un siège qui va durer un peu plus de trois mois, et au cours duquel il se montre d'une cruauté implacable à l'égard des habitants de l'île.
Le 10 septembre 1627, les Rochelais découvrent que les troupes royales sont en train de creuser des tranchées jusqu'aux fortifications de la ville et les accueillent à coups de canons. Les artilleurs du Fort-Louis répliquent, marquant le début du Grand Siège de La Rochelle. Le cardinal de Richelieu organise le blocus de la ville, faisant couper toutes les voies de communication terrestres.
Début octobre, Jean de Saint-Bonnet de Toiras, découragé par le manque de vivres et l'impossibilité d'être secouru, entame des transactions avec le duc de Buckingham concernant les conditions de sa capitulation. C'est alors qu'une flotille de la Royale, en provenance des Sables-d'Olonne, arrive devant la rade de Saint-Martin-de-Ré. Elle est envoyée par Richelieu qui redoute que les Anglais conquièrent l'île de Ré, ce qui leur permettrait de soutenir La Rochelle. Bien que se faisant étriller par la flotte anglaise, les courageux marins parviennent à briser le blocus anglais à deux reprises, et une trentaine de chaloupes chargées de plus de 800 soldats, de vivres, de munitions et de vêtements, arrivent à accoster auprès de la citadelle, ravitaillant les assiégés pour plus d'une centaine de jours.
Le 6 novembre 1627, le duc de Buckingham, qui lui aussi a reçu des renforts, tente un ultime assaut contre le fort de Saint-Martin-de-Ré, mais ne parvient toujours pas à le prendre. Entretemps, 8 000 hommes des troupes françaises menées par le maréchal Henri de Schomberg parviennent à débarquer à Sainte-Marie-de-Ré, et à déloger les anglais. Jean de Saint-Bonnet de Toiras se joint alors à Henri de Schomberg, et les troupes françaises poursuivent les anglais jusqu'à Loix, où l'armée du duc de Buckingham va subir de lourdes pertes. Le 7 novembre 1627, le duc de Buckingham est chassé de l'île après avoir perdu 4 000 hommes sur son armée de 7 000. Le 17 novembre 1627, la flotte anglaise est défaite en mer, et le duc de Buckingham rentre sans gloire en Angleterre. Le roi nomme le cardinal de Richelieu lieutenant général des armées, et lui octroie les pleins pouvoirs pour mener à son terme le siège de La Rochelle.
Le 28 novembre 1627, Clément Métezeau, architecte du roi, et Jean Thiriot, entrepreneur parisien de maçonnerie, propose au cardinal de Richelieu de fermer le chenal du port de La Rochelle, qui fait environ 1 600 mètres, par une digue de 1 400 mètres, ouverte en son milieu. Ce dernier donne son accord pour le projet, et 4 000 ouvriers grassement rémunérés, dont beaucoup de soldats, se mettent immédiatement à l''uvre, protégés par les canons du Fort-Louis et du Fort de Marillac. S'appuyant sur des navires coulés et préalablement maçonnés, la Digue de Richelieu fait 1 500 mètres de longueur. Large de 16 mètres à la base (8 toises)et de 8 mètres à son sommet (4 toises), elle est haute de 20 mètres, et armée de canons pointés vers le large, afin d'empêcher le ravitaillement par mer.
L'ouvrage s'avère particulièrement efficace, et contraint à plusieurs reprises, sous l'échange de tirs nourris, les navires anglais venus en renfort à rebrousser chemin. Les vivres s'épuisent, et les rochelais sont contraints de manger d'abord les chevaux, chiens et chats, puis les rats et les racines, mais leur résistance ne faiblit pas aussi rapidement que l'espérait Richelieu. Les assiégés tentent de faire sortir des messages chiffrés, mais ils sont interceptés, et Richelieu les fait déchiffrer par Antoine Rossignol, apprenant ainsi que les Huguenots sont affamés et qu'une flotte anglaise est sur le point d'arriver. Le 28 septembre 1628, une nouvelle flotte anglaise d'une centaine de vaisseaux, commandée par le Comte de Lindsey, le Duc de Buckingham ayant été assassiné, arrive dans le pertuis Rochelais et y trouve la flotte française, prête au combat. Entre le 1er octobre 1628 et le 5 octobre 1628, elle engage la flotte royale française à plusieurs reprises, mais finalement, le Comte de Lindsey engage des pourparlers avec Richelieu et négocie un sauf-conduit pour Lord Montaigu. Les Rochelais meurent de faim, sur les 28 000 habitants que comptait la ville avant le siège, il ne reste plus que 5 500 survivants, dont seulement 62 soldats anglais et 74 soldats rochelais. Le 28 octobre 1628, la ville affamée capitule de manière inconditionnelle.
Le 30 octobre 1628, Richelieu entre dans La Rochelle, et fait enterrer les morts. Il est rejoint par Louis XIII le 1er novembre 1628, qui en voyant l'état lamentable des rochelais lâche quelques larmes et fait distribuer 10 000 pains à la population. Le 4 novembre 1628, la flotte anglaise lève enfin les voiles et apporte la nouvelle en Angleterre. L'année suivante, l'Angleterre riposte en s'emparant de Québec. Ironie du sort, le 7 novembre 1628, une forte tempête ravage la côte et détruit la digue de Richelieu en plusieurs endroits. Si la tempête était survenue seulement dix jours plus tôt, la ville aurait pu être ravitaillée et le cours de l'histoire aurait pu en être changé.
Le 28 juin 1629, suite à la capitulation de la ville protestante d'Alès, les réformés se voient imposer la « paix d'Alès », édit de grâce par les termes duquel le Roi leur retire leurs droits politiques, militaires et territoriaux, ainsi que toutes leurs anciennes places de sûreté, mais leur conserve la liberté de culte, garantie par l'Édit de Nantes, sauf à Paris. La mairie de La Rochelle est supprimée, la ville perd ses privilèges, et le Roi ordonne la destruction de toutes les fortifications, à l'exception des tours et remparts du front de mer, afin de protéger la ville d'éventuelles invasions maritimes[17].
La Rochelle se relève très vite de sa situation précaire, notamment grâce au commerce maritime. C'est vers le début des années 1630 que la ville inaugure des relations régulières avec la Nouvelle-France (Canada et Antilles), qui vont dynamiser ses échanges durant tout le XVIIe siècle et une partie du XVIIIe siècle, et en faire l'un des ports les plus actifs de France.
Le 4 mai 1648, dans le cadre de la politique de reconquête catholique menée par le Cardinal Mazarin, successeur de Richelieu, et à la demande de la régente Anne d'Autriche, dans le but de lutter contre l'influence du protestantisme, le pape Innocent X crée l'évêché de La Rochelle, et y transfère le siège épiscopal de Maillezais.
Au milieu du XVIIe siècle, Louis de Foucault de Saint-Germain Beaupré, comte du Daugnon, gouverneur royal de l'Aunis et des îles et véritable tyran, décide de faire de la tour Saint-Nicolas son réduit de sûreté à La Rochelle. Pour cela, il fait édifier un ouvrage à corne triangulaire entouré d'un profond fossé, afin de se protéger de la ville. En 1649, il se range du côté des frondeurs et fait fortifier les tours, notamment en faisant araser le parapet de la tour Saint-Nicolas pour l'équiper d'une douzaine de pièces de fonte, ainsi que pour d'autres points élevés de la ville.[18]
En 1651 cependant, à l'arrivée des troupes du roi Louis XIV menées par Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, il s'enfuit rejoindre le prince de Condé à Bordeaux, en laissant son lieutenant, de Besse, à la tête de quelques soldats réfugiés dans les tours. Pour les déloger, le marquis d'Estissac, fait miner les tours et ouvre le feu au canon. Le dernier étage de la tour Saint-Nicolas est bombardé et détruit, et les soldats se rendent juste avant que les troupes royales ne fassent sauter la tour de la Lanterne. Le lieutenant de Besse est trahi par ses propres soldats qui le précipitent du haut du parapet de la tour Saint-Nicolas le 29 novembre 1651. Bien que cela soit demandé par la ville, le roi refuse de faire démolir la tour et l'incorpore au domaine militaire.
La persécution grandissante des Huguenots culmine avec la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV en 1685, entraînant l'émigration de nombreux Huguenots, dont beaucoup d'artisans ou de membres de la bourgeoisie, qui s'exilent[19] et fondent des villes telles que New Rochelle en 1689. C'est un coup dur pour l'économie française.
Au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, le Vieux-Port de La Rochelle draine alors plus de la moitié du trafic colonial vers la Nouvelle-France. C'est une période prospère, marquée par d'intenses échanges avec le Nouveau Monde en général, et la Nouvelle-France (Canada et Antilles) en particulier. En 1694, le commerce de fourrures du Canada et de sucre des Antilles s'épanouit, et le rayonnement artistique de La Rochelle s'intensifie.
La mort du Roi Soleil, en 1715, voit l'accession au trône du futur roi Louis XV. Étant trop jeune pour gouverner, un régent est nommé en la personne de Philippe, duc d'Orléans. C'est la Régence, période au cours de laquelle le duc d'Orléans procède à bon nombre de changements politiques : modification des alliances, mise en 'uvre des théories économiques de John Law, augmentation des libertés et légitimation du Parlement, réformes religieuses (Jansénisme). C'est dans ce cadre que le 5 février 1718, la mairie de La Rochelle est rendue de nouveau élective et composée d'un maire, tandis qu'est ouverte en 1719 la Chambre de commerce et d'industrie de La Rochelle.
C'est la grande époque du commerce triangulaire, en particulier de la traite des noirs. Des navires partent d'Europe, chargés de pacotilles destinées au troc, et se rendent dans les comptoirs côtiers d'Afrique, où ils échangent leur marchandise contre des captifs. Les prisonniers sont ensuite transportés dans des négriers vers les colonies d'Amérique, où ils travaillent comme esclaves à l'exploitation des ressources du continent. Les négriers retournent ensuite en Europe avec à bord les produits de cette exploitation. Mais déjà des voix rochelaises s'élèvent contre la traite des noirs. Léon Robert de L'Astran, fils d'un grand armateur rochelais, naturaliste et savant ayant effectué plusieurs voyages aux Amériques, dont un avec La Fayette, y est fermement opposé. À la mort de son père, il refuse que les navires dont il hérite soient utilisés pour cela. Cela n'empêchera pas La Rochelle d'être le deuxième port négrier de France, en assurant 11,4 % du trafic négrier français, à égalité avec Bordeaux, mais loin derrière Nantes qui en aura assuré 41,3 %[20].
En 1763, le traité de Paris attribue définitivement le Canada à la Grande-Bretagne, victorieuse de la guerre de Sept Ans. Les échanges avec la Nouvelle-France diminuent conséquemment, mais le port reste l'un des plus importants de France.
À cette époque, les navires marchands, avec leurs grandes vergues, ne rentrent pas dans le port, dont l'entrée est plus étroite que de nos jours, puisqu'entre les tours Saint-Nicolas et de la Chaîne existe une troisième tour, la petite tour de la Chaîne. Les navires restent donc échoués à l'extérieur, dans la baie, sur ce que l'on nomme « les vases », des barges procédant au transfert des marchandises entre les quais du port et ces navires.
Le tonnage des navires augmentant, l'entrée du port est élargie par la démolition de la petite tour de la Chaîne, et un bassin à flot intérieur, pour éviter l'échouage, est construit de 1778 à 1808. Avant même son achèvement, il se révèle trop petit, et un deuxième bassin, extérieur cette fois, est entrepris en 1807 et sera achevé en 1862 par Alfred Charles Ernest Franquet de Franqueville.
En 1787, Louis XVI institue l'Édit de tolérance, qui met fin aux persécutions des huguenots, mais ce n'est qu'avec la Révolution française de 1789 pour que le protestantisme retrouve totalement droit de cité.
Début 1793 la République annonce la reprise de la guerre de la course, c'est-à-dire le recours aux corsaires. De 1796 à 1802, le port de La Rochelle arme une douzaine de corsaires[21] qui vont écumer les mers durant tout le Premier Empire.
Les guerres napoléoniennes, qui voient le Royaume-Uni s'assurer la maîtrise des mers et l'empereur Napoléon Bonaparte imposer le blocus continental, entraînent une réduction très importante du commerce maritime, et la ruine de La Rochelle, qui ne reviendra sur le devant de la scène qu'au cours du XXe siècle, à la faveur du développement de l'industrie et du tourisme. Le 6 août 1808, l'empereur visite la ville qui fait tirer des coups de canon en son honneur. Le 19 mai 1810, il signe un décret transférant la préfecture de Saintes à La Rochelle à compter du 1er juillet 1810.
Le 19 mars 1822, pendant la Restauration, quatre jeunes soldats du 45e régiment de ligne de La Rochelle, les sergents Bories, Goudin, Pomier et Raoulx sont arrêtés. Ils sont accusés d'appartenir à une organisation politique secrète complotant contre la monarchie restaurée, la Charbonnerie, et d'avoir voulu renverser le roi Louis XVIII. Refusant de rompre leur serment de silence en dénonçant leurs chefs, au rang desquels figure le célèbre marquis de La Fayette, ils sont sommairement jugés et condamnés à mort le 5 septembre 1822. Guillotinés en place de Grève à Paris le 21 septembre 1822, leur exécution provoque l'émoi de l'opinion publique qui, choquée par la sévérité des juges, les considère comme des « martyrs de la liberté ». Pour rendre hommage aux « Quatre sergents de La Rochelle », la tour de la Lanterne, dans laquelle ils ont été Enfermés durant leur emprisonnement, prend alors le surnom de « tour des Quatre Sergents ».
Le chemin de fer arrive à La Rochelle le 6 septembre 1857 grâce à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, qui vient de terminer la construction d'une ligne venant de Poitiers, et inaugure une gare en impasse dénommée « La Rochelle-PO » (pour Paris - Orléans), située sur le côté nord de l'actuel bassin des chalutiers (emplacement actuel de l'hôtel Océanides).
Entre 1862 et 1871, la Compagnie des Charentes procède à la construction d'une ligne le long du littoral atlantique, et inaugure le 17 juin 1872 une nouvelle gare, située au sud de la première, desservie par la ligne La Roche-sur-Yon - La Rochelle. Le 29 décembre 1873 la ligne directe La Rochelle - Rochefort est inaugurée. Puis la ville est reliée à Coutras et finalement à Limoges par Angoulême le 12 août 1875.
Le 15 juin 1867, Jean Guiton inaugure la desserte de l'île de Ré au départ de La Rochelle, et la naissance de la compagnie maritime Delmas, qui naît à cette occasion.
En 1870, il apparaît nécessaire de construire un nouveau port. Celui-ci est édifié par l'ingénieur Bouquet de la Grye à 5 km à l'ouest de la ville, en un lieu dénommé la Mare-à-la-Besse, sur le secteur de La Pallice. Commencé en 1881, il est inauguré en 1890 par Sadi Carnot, alors président de la République française, et mis en service en 1891.
Le rachat de la Compagnie des Charentes, lors de sa faillite, par l'État le 12 janvier 1878 inaugure un nouvel embarcadère, « La Rochelle Ville », à l'emplacement de la gare actuelle, et permet de développer l'axe Nantes - Bordeaux. En 1891, la gare de La Rochelle Ville est reliée au port de La Pallice, permettant ainsi l'acheminement de marchandises et de voyageurs, notamment en correspondance avec les liaisons maritimes vers l'Angleterre et l'Amérique du Sud. En 1896, des trains directs spéciaux, reliant Paris à La Rochelle et au port de La Pallice, sont mis en place lors des escales de paquebots. En 1899, un service de correspondance avec l'île de Ré, par navettes depuis La Rochelle, est mis en place, qui se voit doté dès 1901 d'un embarcadère dédié à La Pallice.
La première moitié du XXe siècle voit le trafic ferroviaire s'accroître de manière importante, notamment en raison du tourisme balnéaire et du fait que La Rochelle est à la croisée des lignes reliant Bordeaux, Nantes et Poitiers. Aussi, le 24 mars 1906, la construction d'un nouveau bâtiment voyageur est déclarée d'utilité publique.
Dès 1909, une nouvelle gare est donc construite à la place de l'embarcadère. Le bâtiment, dessiné par l'architecte Pierre Esquié, est monumental et dominé par un campanile de 45 m de haut, plus haut que les tours de l'entrée du port. Sa construction, interrompue par la Première Guerre mondiale, ne reprend qu'en 1919. Finalement, la nouvelle gare est inaugurée le 19 novembre 1922 par le Ministre des Transports de l'époque.
Les 16 avril 1911 et 17 avril 1911, lors du premier véritable meeting aérien à La Rochelle, l'aviateur Eugène Renaux réalise pendant 21 minutes des évolutions au-dessus des tours du Vieux-Port à bord d'un avion Farman[22]. Par la suite, des pionnier de l'aviation tels que les frères Farman et Roland Garros viennent également s'y produire. À cette époque, les avions arrivent en pièces détachées par train, et sont ensuite assemblés sur place avant les représentations.
La ville, qui restera épargnée par les combats, sert de base arrière aux alliés pendant la Première Guerre mondiale[23]. Le port de commerce de La Pallice devient ainsi une base de stockage de matériels, de carburant et de nourriture, tandis que le génie américain améliore l'assainissement et la distribution d'eau. La rade accueille une escadrille d'hydravions de lutte anti-sous-marine, et des cinquantaines de navires, qui vont décharger plus de 800 000 tonnes de matériel et 175 000 chevaux tout au long du conflit.
En raison des sous-marins prussiens qui rôdent, les bateaux de pêche sont équipés de canons, mais cela n'empêche pas les armateurs rochelais de payer un lourd tribut : deux bateaux neufs de l'armement D'Orbigny et deux tiers des navires de l'armement Delmas sont torpillés.
Le 1er mai 1916, une importante usine de mélinite de La Pallice, qui assurait 15 % de la production française, explose et provoque d'importants dégâts alentours, tuant 176 personnes et blessant 138 autres. La mélinite, autre nom de l'acide picrique, est abondamment utilisée comme explosif dans les obus de l'époque.
En 1917, le génie américain installe une usine ferroviaire de construction de wagons destinés à l'approvisionnement des troupes. Après guerre, l'usine ferroviaire continuera de produire des voitures voyageurs, des autorails, des locomotives et des voitures de métro, avant d'être finalement rachetée et intégrée au groupe Alsthom pour produire aujourd'hui des éléments de TGV de métros nouvelle génération et des tramways.
Après la Première Guerre mondiale, et durant tout l'Entre-deux-guerres, la ville va connaître de nombreux bouleversements. Le développement du trafic automobile oblige à repenser les infrastructures de liaison avec l'île de Ré. À la fin des années 1920, une liaison sanitaire aérienne est établie à partir de La Rochelle. En 1930, le Conseil général adopte un projet de bac transbordeur et le port de La Pallice se voit octroyer un môle d'escale en mer, à l'endroit le plus profond du passage entre le continent et l'île de Ré, dont la construction s'achève en 1939.
Dès le 28 janvier 1932, la Chambre de commerce et d'industrie envisage sérieusement la création d'un aéroport à La Rochelle, en complément au môle d'escale, en liaison avec les paquebots transatlantiques. En 1933, des anciens pilotes de la première guerre, comme Pierre Vieljeux (fils de Léonce Vieljeux), Victor Lucas et Plantard, soutenus par la Ville et la Chambre de commerce, décident de créer un aéro-club et tentent de convaincre les autorités militaires de l'intérêt de l'aviation. Ces dernières vont mettre à leur disposition le terrain de Lagord en dehors des périodes de man'uvres[24]. Le terrain est aménagé pour offrir deux pistes en croix de 650 mètres, et un hangar de 400 m² y est construit en 1934.
L'aéroclub ouvre alors une école de pilotage (Georges Simenon en sera le 31e élève) et organise de nombreux meetings aériens qui rencontrent tellement de succès que cela précipite la décision de construire un aéroport, envisagée depuis janvier 1932.
Le 18 juillet 1938, après de longues études de faisabilité et le choix d'un emplacement entre La Repentie et Laleu, une décision ministérielle autorise la création de l'aérodrome, auquel l'État participe à moitié, la moitié restante étant répartie à parts égales entre la Chambre de commerce et la Ville. La même année, la société des avions Henriot signe une convention d'exploitation de l'aérodrome, ainsi que la création d'une école de pilotes et de mécaniciens ayant pour mission d'instruire les élèves au brevet de pilote militaire.
En août 1939, à peine quelques semaines avant le début de la Seconde Guerre mondiale, l'aéroport est terminé et sert alors de lieu de formation pour les pilotes.
Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, des bombardiers de la Luftwaffe larguent des mines magnétiques à l'entrée des ports français, et en particulier du port de La Pallice. Le paquebot Champlain est le premier de la longue liste des navires victimes de ces dernières.
En mai 1940, de nombreux réfugiés de l'exode, venant principalement d'Alsace, de Lorraine et de Belgique, affluent sur la ville, dans l'espoir de pouvoir embarquer à bord de navires pour l'étranger. L'écrivain Georges Simenon participe notamment à leur accueil.
À l'approche des Allemands et avec la signature à Rethondes de la convention d'armistice franco-allemande le 22 juin 1940, les rochelais sabotent ou détruisent de nombreuses installations afin qu'elles ne tombent pas aux mains de l'occupant. Les réserves de pétrole et de carburant sont incendiées, et le pétrolier Loing est sabordé.
Le 23 juin 1940, 20 000 soldats de la Wehrmacht, prennent possession de La Rochelle. Le même jour, le maire Léonce Vieljeux refuse d'obéir à un ordre lui intimant de hisser la croix gammée sur l'hôtel de ville, et s'oppose systématiquement à l'affichage de la propagande nazie. En parallèle, il aide des membres du réseau de résistance Alliance, auquel il appartient, à s'évader. Le 22 septembre 1940, il est destitué de ses fonctions de maire et expulsé de la ville en 1941. Revenu à La Rochelle, il est arrêté par la Gestapo au début de l'année 1944. D'abord interné à Lafond, transféré à Poitiers puis à Fresnes, il est emmené à Schirmeck près de Strasbourg, où il est détenu du 1er mai 1944 au 1er septembre 1944. Finalement, dans la nuit du 1er septembre 1944 au 2 septembre 1944, il est déporté au camp de concentration de Struthof, où il est exécuté d'une balle dans la nuque en même temps que 300 hommes et 92 femmes, à l'âge de 80 ans.
Dans le contexte du Mur de l'Atlantique, l'armée allemande fait construire dès 1941 de nombreux blockhaus sur tout le littoral, ainsi qu'une immense base sous-marine[25] au port de commerce de La Pallice, destinée à abriter une flottille de sous-marins de la Kriegsmarine. Bien que totalement achevée en 1943, la base est rapidement fonctionnelle et abrite les 109 U-boots type VII de la 3. Unterseebootsflottille dès le 19 novembre 1941, sous les commandements successifs du Kapitänleutnant Herbert Schultze (juillet 1941-mars 1942), du kapitänleutnant Heinz von Reiche (mars 1942-juin 1942) et du Korvettenkapitän Richard Zapp (juin 1942-octobre 1944). Le commandement du port et de la base sous-marine est confié au konteradmiral Waldemar Kober. Le Pertuis charentais est bouclé par un immense champ de mines, et l'aéroport est quant à lui réquisitionné pour les avions détecteurs de mines et les escadrilles de chasse de la Luftwaffe sécurisant la base sous-marine.
Tout au long du conflit, la base sous-marine et l'aéroport sont bombardés à plusieurs reprises par les bombardiers américains Boeing B-17 Flying Fortress et Consolidated B-24 Liberator, ainsi que par les bombardiers anglais Handley Page Halifax et Avro Lancaster qui y larguent les premières bombes Tallboy (5 tonnes) et Grand Slam (10 tonnes). Afin d'éviter que des torpilles misent en 'uvre par des bombardiers-torpilleurs n'atteignent les sous-marins, les alvéoles sont protégées par des filets anti-torpilles et des ballons captifs de la Luftwaffe sont mis en place pour protéger la base contre les attaques aériennes à basse altitude.
Durant l'occupation, les restrictions se font sentir dans tous les domaines. Le couvre-feu est fixé à 22 heures, les réserves de nourriture sont réquisitionnées par l'occupant, et tous les produits sont rationnés. La Gestapo s'est installée au 63, rue Jeanne d'Albret. Comme dans toutes les villes de France, la majorité de la population attend passivement que les choses se passent, et tandis que certains collaborent avec l'ennemi, d'autres organisent très tôt la résistance, notamment au travers des réseaux Alliance, Honneur et Patrie, Mithridate, Famille, Acajou, Éleuthère, Fillot ou encore le Régiment Jean Guiton :
Le 11 février 1944, le generalfeldmarschall Erwin Rommel, nommé responsable du Mur de l'Atlantique, inspecte la base sous-marine[26]. Le 20 août 1944, la 3e flottille de U-boots est transférée en Norvège[27], tandis que le vizeadmiral Ernst Schirlitz est affecté au commandement de la défense de la poche de La Rochelle.
En octobre 1944, le commandant Edgard de Larminat 'uvre de son côté à réduire la résistance allemande de l'Atlantique notamment de La Rochelle. Souhaitant obtenir une reddition pacifique des Allemands et éviter la destruction de la ville, il charge alors le capitaine de vaisseau Hubert Meyer, protestant alsacien et officier de la France libre, de s'interposer entre les Forces françaises de l'intérieur, mal armées mais assoiffées de revanche, et les garnisons allemandes, puissamment retranchés dans les poches de La Rochelle, Rochefort et Royan, ainsi que de nourrir les habitants et préserver les installations portuaires. Parlant parfaitement l'allemand, il engage des pourparlers avec le vizeadmiral Ernst Schirlitz.
Constatant que ses troupes sont insuffisamment armées et entraînées, et ayant conscience de l'importance du port de La Pallice pour les alliés et les populations locales après la fin du conflit, Ernst Schirlitz passe alors un accord sur l'honneur officieux avec Hubert Meyer le 18 octobre 1944. Les Français s'engagent à ne pas franchir un fossé antichar autour duquel les alliés viennent d'installer un dispositif d'encerclement, et à ne pas demander l'intervention aérienne des alliés, et en contrepartie l'état-major allemand s'engage à ne pas détruire les infrastructures du port, et à ne pas aménager un no man's land[28].
Le 15 décembre 1944, le konteradmiral Waldemar Kober quitte La Rochelle. Le lieutenant commander Erwin de Terra prend alors le commandement du port, tandis que le kapitän zur See Walter Türke prend celui de la base sous-marine.
Le 5 janvier 1945, Royan est écrasée sous un tapis de plus de 2 173 tonnes de bombes, qui rasent 85 % de la ville. Le 10 février 1945, l'accord officieux passé le 18 octobre 1944 devient caduc, et le port et ses infrastructures sont minés par 60 tonnes d'explosifs. Lorsque le Reich capitule, le 7 mai 1945 à Reims, le vizeadmiral Schirlitz ordonne au lieutenant commander Erwin de Terra, son subordonné, de faire sauter le port. Ce dernier se déclare dans l'impossibilité de le faire, refusant d'exécuter l'ordre, et annonce avoir volontairement saboté les dispositifs de mise à feu.
L'armistice est proclamé officiellement le 8 mai 1945. Place forte allemande, La Rochelle est l'une des dernières villes françaises à être libérée à la fin de la guerre. En effet, le vizeadmiral Schirlitz n'a accepté de capituler sans condition que le 8 mai 1945 à minuit, en grande partie grâce aux nombreux mois de négociations serrées menées par le capitaine de vaisseau Hubert Meyer, et qui est parvenu à convaincre son adversaire de se ranger à la paix sans forfaire à l'honneur militaire. La signature de l'acte de capitulation a lieu le 9 mai 1945 dans le poste de commandement de Lagord. Hubert Meyer raconte dans son libre Entre marins que c'est grâce aux bonnes relations entretenues que la ville et le port n'ont subit aucune destruction, contrairement à Royan qui a été presque entièrement rasée.
À l'approche de la fin de la guerre, l'aéroport a été utilisé de manière intense par des avions arrivant directement d'Allemagne, et pour des raisons assez floues, alimentant les rumeurs les plus diverses. Certains pensent que ces liaisons ont servi à transporter des dignitaires nazis qui ont ensuite embarqué dans des sous-marins de la flotte allemande, tandis que d'autres évoquent l'hypothèse d'importants transports de fonds. Ainsi, le 25 avril 1945, l'arrivée d'un sous-marin allemand de type XXI (probablement le U-2511), de fort tonnage et recouvert d'une protection en caoutchouc lui permettant d'échapper aux sonars et aux mines magnétiques, attire l'attention. Arrivé directement d'Allemagne, il fait le plein de ses réservoirs sans que personne ne soit autorisé à monter à bord. Le 27 avril 1945, un avion militaire allemand atterrit, et deux dignitaires nazis vêtus de longs imperméables sont discrètement transférés vers la base sous-marine, où ils embarquent dans le sous-marin qui prend immédiatement la mer[29]. Le 30 avril 1945, le suicide d'Adolf Hitler est annoncé.
C'est Après-guerre, à partir de 1946, que l'aéroport prend véritablement son essor, avec la mise en service de lignes d'avions-taxis vers Bordeaux, Lyon, Nantes et Paris. En 1961, il est équipé d'une piste en dur, et en 1966 d'une aérogare. Les premières liaisons régulières vers Paris se font à partir de 1967.
Le succès du transport aérien entraîne l'arrêt de l'exploitation des trains directs spéciaux, reliant Paris à La Rochelle et au port de La Pallice, en 1962.
Lorsque la SNCF décide d'abandonner la locomotive à vapeur, dans les années 1950, c'est le dépôt de La Rochelle qui est choisi pour recevoir à partir du 8 janvier 1957 les 20 premiers prototypes de locomotives diesel-électriques, 060 DB renumérotées CC 65000, commandés pour essayer la formule sur les lignes La Rochelle-Poitiers et Nantes-Bordeaux.
La Rochelle a parfaitement su entretenir son riche patrimoine historique, ce qui a fait d'elle l'une des villes plus pittoresques de la côte atlantique, et a fortement dopé son industrie touristique. Elle connaît depuis les années 1950 une forte poussée démographique, entraînant la création de nouveaux quartiers périphériques, ainsi que l'apparition de grands aménagements. Ce phénomène a été amplifié plus récemment avec l'ouverture d'un complexe universitaire pluridisciplinaire ou encore l'arrivée du TGV.
Dans les années 1980, l'économie rochelaise est sinistrée par les conséquences du deuxième choc pétrolier. La crise économique touche durement de nombreuses entreprises, dont les chantiers navals ACRP et Simca, qui sont obligées de licencier ou de fermer. Le 27 février 1996, l'industrie automobile connaît un épilogue douloureux avec la liquidation judiciaire de Triaxe (ex-Simca, ex-Talbot, ex-Peugeot). Cependant, la ville a su gérer la situation et relancer l'activité. Le tourisme, le nautisme, et les nouvelles technologies ont désormais le vent en poupe.
Le 9 mars 1998, La Rochelle inaugure la médiathèque Michel-Crépeau, baptisée en l'honneur de Michel Crépeau,
Le 23 mars 1999, Michel Crépeau est victime d'un arrêt cardiaque en pleine séance parlementaire des questions au Gouvernement, peu après être intervenu. Il est ranimé par Philippe Douste-Blazy et conduit à l'hôpital, où il décède une semaine plus tard. Il est remplacé à l'Assemblée nationale et à la mairie par Maxime Bono, qui est élu maire le 17 mars 2001 et réélu député le 16 juin 2002.
La Rochelle se veut une ville pionnière dans l'écologie urbaine, et 'uvre activement en ce sens en mettant régulièrement en pratique de nouvelles idées, telles que la journée sans voiture, la mise à disposition de vélos et de véhicules électriques en libre-service, le test d'une nouvelle génération de tramways, etc.
Avec le port de La Pallice, devenu port autonome le 21 décembre 2004[30], la ville dispose d'un port de commerce en eaux profondes qui est le 8e plus grand port de France. Le port est équipé d'un terminal pétrolier, et commerce principalement des hydrocarbures, des céréales et des essences de bois tropicaux. Il est mitoyen avec le port de pêche de Chef de Baie, créé pour remplacer le bassin des chalutiers du Vieux-Port. L'immense base sous-marine de la Seconde Guerre mondiale est toujours debout, mais n'est pas exploitée.
Entretenant des liens très fort avec la mer, La Rochelle exploite également le port des Minimes, plus grand port de plaisance d'Europe, et possède une très riche industrie navale, sans oublier son aquarium, qui fait partie des plus grands aquariums européens, et son musée maritime.
Depuis 1984, la ville héberge également de nombreux festivals, dont le festival des Francofolies qui a lieu chaque été, et qui est l'un des plus importants festivals de musique en France, ainsi que le Festival international du film, qui est le deuxième de France en nombre de visiteurs, après celui de Cannes.
La Rochelle est située au centre-ouest de la côte Atlantique française, à 187 km au Nord de Bordeaux, 147 km au Sud de Nantes, à 143 km à l'Ouest de Poitiers et à 472 km au Sud-Ouest de Paris. C'est un port accessible aux navires de haute mer.
Le relief de la Charente-Maritime est constituée de plaines et de bas plateaux, dont le sous-sol calcaire est composé de couches sédimentaires calco-marneuses, datant de l'ère Jurassique supérieur et ayant émergé des eaux au Crétacé inférieur. Elles se sont créées il y a 160 millions d'années, alors que la France était submergée, par l'accrétion de micro-organismes sur les fonds marins, à l'époque où les dinosaures peuplaient la planète.
Ces couches, qui se caractérisent par des alternances de lits de marnes et de calcaires oolithiques, sont aujourd'hui parfaitement visibles sur les falaises qui bordent le littoral. Elles mettent en évidence d'épaisses couches de roches blanches alternant avec des couches de sable et vase très friables, s'étant formées durant les périodes glaciaires, et avec des couches contenant divers coraux, s'étant formées durant les périodes tropicales. Certaine, comme la Pointe du Chay, à environ 5 kilomètres de La Rochelle, contiennent de nombreux fossiles d'animaux marins et sont une zone d'études archéologiques très réputée.
Le calcaire ainsi formé est largement utilisé comme matériau de construction dans les maisons traditionnelles de la région.
Le substratum rocheux du littoral charentais et du proche plateau continental est encadré par les contreforts du massif armoricain au Nord, la bordure septentrionale du bassin aquitain au Sud, et le Massif central à l'Est. Il fait la transition entre le littoral rocheux du sud de la Bretagne et celui rectiligne et sableux d'Aquitaine[31].
L'ensemble de l'agglomération rochelaise est située sur un vaste plateau calcaire de faible altitude, ce qui fait qu'à l'exception de quelques îlots calcaires de moins d'une trentaine de mètres, la topographie est homogène. L'altitude moyenne est de 4 mètres, et le relief varie de 0 à 28 mètres, n'offrant pas d'obstacles naturels à la direction des vents. Le paysage est très ouvert.
Avec une hauteur d'eau de 3,80 mètres, le marnage moyen est relativement faible à La Rochelle. Il peut cependant atteindre 6,60 mètres avec un coefficient de marée de 120.
Les courants marins ont une vitesse de 2,2 km/h dans la baie de La Rochelle, et de 4 km/h dans le Nord du Pertuis d'Antioche.
L'envasement est de l'ordre de 50 cm par an, principalement en raison des eaux très chargées en sédiments des pertuis charentais, ce qui nécessite de recourir à des dragages réguliers. Les analyses hydrographiques des eaux et des sédiments, effectuées dans le cadre du projet d'agrandissement du port de plaisance des Minimes, ont établi que les eaux de baignade étaient de bonne qualité et que les sédiments n'étaient pas pollués.
La baie de La Rochelle, qui est classée en zone conchylicole et appartient au Réseau Natura 2000, est un site remarquable par la qualité de son milieu marin et sa forte productivité biologique. De grands mammifères marins y sont présents, comme par exemple le grand dauphin, le marsouin, le globicéphale noir, le dauphin de Risso, le dauphin commun, le phoque gris, diverses tortues marines dont la caouanne, la tortue luth, la tortue verte, la tortue de Kemp, ainsi que des poissons d'estuaires protégés (Alose et Lamproie). C'est également une zone de reproduction pour la seiche et la méduse Rizostoma pulmo. La faune benthique, constituée principalement de vers marins et de coquillages, est quant à elle relativement pauvre.
Le déballastage des navires au môle d'escale du port autonome de La Rochelle étant un risque d'introduction d'espèces indésirables, notamment en raison des importantes quantités d'eau rejetées qui sont ensuite entraînées par les courants vers la baie de l'Aiguillon, des échantillonnages sont systématiquement réalisés dans les ballasts.
Le climat de la Charente-Maritime est essentiellement de type tempéré, mais en raison de l'influence du Gulf Stream, de l'anticyclone des Açores, et de l'effet modérateur de la mer, le département bénéficie d'un climat océanique[32], plus doux et plus chaud, appelé climat tempéré océanique.
Ce microclimat permet à la ville de La Rochelle, pourtant située à la même latitude que Montréal, au Québec, ou que les îles Kouriles en Russie, de bénéficier d'un taux d'ensoleillement moyen exceptionnel, proche de celui de la Côte d'Azur, sur la mer Méditerranée. L'ensoleillement y est le meilleur du littoral atlantique (2250 heures de soleil par an), et la région est la deuxième région la plus ensoleillée de France. Les hivers y sont doux (4 jours de neige par an), et la pluviométrie, modérée (755 mm de pluie par an), est surtout concentrée sur les mois d'automne et d'hiver. À la belle saison, les températures sont adoucies par la brise de mer, due à l'inertie thermique de l'océan, et qui se traduit par un vent parfois soutenu qui souffle en provenance de la mer l'après-midi.
Ces spécificités climatiques -été sec et ensoleillé, hiver doux et humide- ont conduit à l'implantation d'une végétation de type méditerranéenne cohabitant avec une végétation plus continentale ou océanique. Elles sont aussi propices aux vacances et au tourisme, et plus particulièrement aux activités nautiques, d'autant que le pertuis d'Antioche constitue un plan d'eau remarquablement bien protégé et de réputation internationale.
Les risques liés à ce type de climat sont relativement faibles, le plus important étant les tempêtes océaniques. Ainsi, le département de la Charente-Maritime est celui qui a été le plus durement touché par la tempête Martin en décembre 1999, la mer déchaînée ayant provoqué des dégâts considérables sur le littoral charentais.
Selon les estimations de l'Insee, la population de la ville de La Rochelle est de 80 055 habitants et 40 922 ménages recensés au 1er juillet 2004[34] pour une superficie de 2 843 hectares, soit une densité de 2 744 habitants par km², ce qui en fait l'une des 50 villes les plus peuplées de France. En 1999, l'unité urbaine de l'agglomération représentait 116 157 habitants, et son aire urbaine, incluant des communes situées dans une zone d'influence forte de la ville, représentait 171 214 habitants.
La population connaît depuis de nombreuses années un accroissement de son solde migratoire (3 567 habitants supplémentaires entre 1990 et 1999) et de son accroissement naturel (1 923 habitants supplémentaires sur la même période), ce qui porte son taux de variation à 5 617 habitants entre 1990 et 1999, soit un taux annuel moyen de variation de la population de +0,8 %.
Composée à 46 % d'hommes et à 54 % de femmes, dont 42 % de célibataires et 39 % de gens mariés, le reste étant réparti entre les gens divorcés (11 %) et les veufs (8 %), la population de La Rochelle connaît également un accroissement du nombre des ménages (+8,4 % entre 1999 et 2004).
La ville accueille 8 528 étudiants.
D'après une étude de l'Insee[35], la population immigrée représentait 3 315 personnes en 1999 (soit 4,3 % de la population totale de l'époque, c'est-à-dire 76 584 personnes). La proportion d'étrangers par rapport à la population totale était de 3 %.
Sur ces 3 315 personnes, 1 264 (38 %) proviennent de l'Union européenne (principalement du Portugal, et dans une moindre mesure de l'Espagne), 935 (28 %) proviennent du Maghreb (principalement du Maroc et dans une moindre mesure de l'Algérie), 579 (18 %) proviennent d'Asie (majoritairement de Turquie et dans une moindre mesure du Viêt Nam), et le reste provient essentiellement d'Afrique.
La population immigrée se répartie principalement en proche banlieue, dans les quartiers de Villeneuve-les-Salines, Mireuil, et Laleu-La Pallice, ainsi que dans une moindre mesure au centre-ville et dans le quartier des Minimes. Les autres quartiers sont moins prisés, notamment en raison du coût élevé du foncier.
Le hameau le plus ancien connu s'appelait Cougnes. Ce quartier se trouve aujourd'hui dans l'angle nord-est de l'actuelle vieille ville. Ce village a d'ailleurs donné son nom à l'église « Notre Dame de Cougnes », ainsi qu'au faubourg de Cognehors (littéralement Cougnes hors les murs).
Par la suite, s'est établi un village de pêcheurs, sur un promontoire rocheux au milieu des marais, et dont Guillaume d'Aquitaine fait référence sous le nom Rupella dans une charte octroyée à la ville en 961. Rupella est tiré du latin, rupes désigne un rocher, généralement surmonté d'un point de défense.
Le nom latin est ensuite remplacé par le terme franc Rocca, et au XIe siècle, des écrits font référence au nom Rocella (1023), Roscella et Rochella, puis Reditum Rochellae en 1152. Lorsqu'en 1199 Aliénor d'Aquitaine octroie une charte de commune à la ville, il y est fait mention du nom La Rochelle.
Les étrangers, et plus particulièrement les Anglais, qui ont longtemps occupé la ville, l'avaient surnommée la Ville blanche, en référence au fait que vue de la mer, la ville était d'une blancheur éclatante[36]. Le château Vauclair tirait d'ailleurs son nom du latin valde clarum, qui signifie grandement clair, lumineux ou blanc.
Blasonnement des armes traditionnelles de la ville de La Rochelle, dont l'origine remonte officiellement à 1355, tel que rapporté par Malte-Brun, dans La France illustrée (1884) sous la devise Servabor rectore Deo (Je serai sauvé sous la garde de Dieu).
Le chef d'azur à trois fleurs de lys d'or était étroitement lié à la monarchie française, et était une augmentation accordée aux armes des villes qui avaient le droit de se faire représenter par leur maire au sacre du roi de France. La couleur azur symbolise la fidélité, la persévérance et la loyauté, tandis que la fleur de lys symbolise la pureté d'essence divine. Le gueules symbolise le patriotisme, le courage et l'amour. La couleur sinople de la mer symbolise la liberté, et l'espérance. La couleur or du vaisseau symbolise la noblesse, l'intelligence, la vertu ainsi que la connaissance divine, tandis que l'habillage d'argent symbolise la sagesse et la richesse.
La ville a aujourd'hui également pour devise « La Rochelle, belle et rebelle ».
Grâce à la charte de commune attribuée par Aliénor d'Aquitaine en 1199, La Rochelle est la première ville de l'Histoire de France à procéder à l'élection d'un maire, en la personne de Guillaume de Montmirail.
Ce privilège lui est retiré par Louis XIII le 28 octobre 1628, suite à la capitulation de la ville au Grand Siège, mené par le cardinal de Richelieu.
Ce n'est que le 5 février 1718 que Louis XV rend de nouveau élective la mairie de La Rochelle, et la compose d'un maire, de quatre échevins, de dix conseillers et d'un procureur syndic.
Le maire actuel de La Rochelle est le député socialiste Maxime Bono, fonction qu'il occupe depuis le décès de son prédécesseur, Michel Crépeau, lors d'une séance parlementaire le 30 mars 1999 à Paris. Maxime Bono a été élu maire le 17 mars 2001.
Idée apparue au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le jumelage de communes est apparu comme étant un moyen de tisser des liens et d'établir des relations socioculturelles étroites avec ses voisins après le conflit qui venait de déchirer le monde et l'Europe. Les jumelages concernent aujourd'hui plus de 15 000 collectivités locales européennes, dont 3 800 réparties sur tout la France, et aux traditionnels échanges culturels et d'amitié ajoutent des aspects d'échanges de savoir-faire, de partenariat économique, et de solidarité.
La Rochelle est composée de quartiers, dont la plupart sont représentés par un « comité de quartier », ce qui en fait un tissu micro-local très vivant[38].
Un comité de quartier est une association d'habitants qui joue un rôle vis-à-vis des institutions publiques, et qui permet un échange d'informations entre les habitants et les services municipaux. Par ce biais, les habitants peuvent participer à l'orientation des projets d'évolution de leur quartier selon leurs aspirations.
Le premier comité de quartier a été créé à Tasdon en 1903, juste après que la loi de 1901 sur la liberté d'association ait été promulguée. Puis La Pallice, Bongraine, le centre-ville, Mireuil[40], le Petit-Marseille, Villeneuve-les-salines ont suivi.
La ville de La Rochelle considère les comités de quartier comme des interlocuteurs privilégiés, et leur fournit des moyens logistiques (salle de réunion, etc.), mais ne leur verse aucune subvention. Ces derniers sont apolitiques et indépendants.
Le 27 février 2002, une loi relative à la démocratie de proximité, et censée renforcer la démocratie participative en complétant la démocratie représentative, a été votée[41] et a posé un problème d'adaptation à la municipalité.
En effet, cette nouvelle loi impose aux municipalités de créer des instances locales consultatives, les « conseils de quartier ». L'inconvénient étant que la stricte application de la loi aurait entraîné une perte d'indépendance et d'influence par rapport à ce dont disposent déjà les comités de quartier. Après concertation, une « Charte pour le renforcement de la démocratie participative », réaffirmant l'importance déterminante des comités de quartiers, a été signé le 26 septembre 2002 entre les parties.
L'urbanisme de La Rochelle est particulier dans le sens où il a toujours été décidé de conjuguer avec sa riche histoire sans pour autant renoncer à développer la ville. L'un des points les plus remarquables de son urbanisme réside dans ses arcades, âgées de plus 400 ans, et qui l'ont rendue célèbre.
Depuis le 1er juin 2004, dans le cadre du Plan de développement urbain signé par la ville[42], le plan de circulation de la ville a été entièrement revu afin de permettre de désengorger le centre-ville en dissuadant les automobilistes de s'y rendre, et les zones 30 et zones piétonnes se sont multipliées un peu partout dans l'agglomération.
L'agglomération rochelaise, réputée pour sa « qualité de vie », s'est depuis longtemps engagée dans une politique de protection de l'environnement et de développement raisonné, notamment en signant et en respectant une charte environnementale. La baie de La Rochelle est classée en zone conchylicole et appartient au Réseau Natura 2000.
La Rochelle est une ville pionnière en matière d'écologie urbaine. Elle est ainsi l'initiatrice du premier secteur piétonnier de France en 1970, la première ville à signer un document de « périmètre sauvegardé » pour protéger l'architecture de son centre-ville en 1971, des premiers vélos en libre-service en 1974, des premières voitures électriques en libre-service en 1986, de la première Journée sans voiture le 9 septembre 1997[43], et des transports en commun qui intègrent les modes de déplacement alternatifs (vélo, bateaux, voitures électriques, etc.).
Avec la mise en service d'Elcidis, c'est la première ville française à disposer d'une plate-forme de livraison de marchandises en centre-ville en utilitaires électriques[44].
Depuis 1985, le port de plaisance des Minimes est récompensé de ses actions en faveur de l'environnement par l'attribution du Pavillon Bleu d'Europe.
Le bus de l'agglomération roulent au diester, les campings sont équipés de chauffe-eau solaires, et la qualité de l'air est analysée et surveillée en plusieurs points de la ville depuis une trentaine d'années, ce qui a notamment permis de constater une diminution de moitié des niveaux de dioxyde d'azote et de dioxyde de soufre lors de la Journée sans voiture[45].
La Rochelle est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie. Elle gère le port de plaisance des Minimes, le port de pêche de Chef de Baie et l'aéroport de La Rochelle-île de Ré.
La création d'une unité de production de biocarburants est prévu pour 2008, et les axes de développement privilégient désormais l'international. Dans un autre registre, la ville étudie quelles solutions apporter au prix du foncier, qui est un véritable problème pour les travailleurs désirant aujourd'hui se loger.
D'après un rapport de la Cour des comptes[47], la situation financière de La Rochelle laisse apparaître sur la période 1996-2002 un endettement mesuré et légèrement décroissant, des charges de personnel relativement stables rapportées aux dépenses générales de fonctionnement, et une capacité d'autofinancement supérieure à la moyenne des communes comparables.
Le bassin d'emploi de La Rochelle, qui représentait plus de 66 000 emplois en 1999 affiche depuis les années 1990 un dynamisme élevé (+13 % entre 1990 et 1999), avec une croissance de l'emploi comparable à celle de la population active, et supérieure à celles des communes du même ordre. La croissance de l'emploi n'est cependant pas suffisante pour résorber un chômage structurel important dont l'origine remonte aux crises des chantiers navals et du secteur automobile des années 1980.
Durement touchée par les crises à la fin des années 1980, la ville a su gérer la situation et est parvenue à relancer l'activité. En 2003, la zone d'emploi de La Rochelle était la deuxième plus dynamique de la région Poitou-Charentes[49], et avec plus de 632 créations d'entreprises enregistrées pour l'année 2004, La Rochelle est la commune qui attire le plus les créateurs. Le tourisme, le nautisme, et les nouvelles technologies ont désormais le vent en poupe.
La zone d'emploi de La Rochelle compte plus de 208 000 habitants, ce qui en fait la deuxième zone la plus peuplée de Poitou-Charentes, après celle de Poitiers. Les plus de 66 000 emplois de l'aire urbaine de La Rochelle sont occupés à 90 % par les habitants y résidant. Dans cette zone, 15 % des travailleurs sont salariés dans l'industrie, ce qui est inférieure aux moyennes régionales (19 %) et nationales (18 %). Les industries navales, ferroviaires, alimentaires et automobiles y sont les plus importantes, et emploient à elles seules 25 % des salariés de la zone[50].
En 2004, les revenus moyens des ménages étaient de 15 984 ' par an[51].
Avec un maximum atteint en 1993, le nombre de demandeurs d'emploi n'a pas cessé de décroître jusqu'en 2001, où il a accusé une légère remontée ayant pris fin en 2004. Le nombre de demandeurs d'emploi reste cependant proportionnellement plus élevé que dans les villes de taille comparable.
Fin décembre 2004, l'aire urbaine de La Rochelle comptait plus de 9 300 demandeurs d'emploi de catégories 1, 2 et 3, dont 34,1 % de chômeurs de longue durée. Le chômage affecte légèrement plus les femmes que les hommes, mais moins les jeunes que pour les communes de taille comparable (18,5 % des jeunes de moins de 25 ans).
Selon l'Insee, le taux de chômage à La Rochelle était de 11 % au sens du BIT au 31 décembre 2005.
Fière de ses 1000 ans d'histoire et de son riche patrimoine, La Rochelle accueille tout au long de l'année de nombreux évènements et festivals participants, avec ses plages et ses 2600 heures d'ensoleillement par an, à en faire une destination très recherchée.
Elle accueille plus de 3 millions de touristes par an, dont 25% d'étrangers, ce qui en fait la troisième ville la plus visitée de France. C'est une destination surtout prisée par les Anglais, suivis par les Néerlandais et les Allemands, mais depuis quelques années, on constate une émergence de nouvelles provenances, comme celles d'Espagne, de Chine ou des pays de l'Europe de l'Est.
Si les résidences secondaires représentent les deux-tiers des lits touristiques, le parc des résidences secondaires ayant plus que doublé en 30 ans, la capacité d'accueil hôtelière de la ville (1629 chambres) reste largement insuffisante face à l'augmentation continue de la demande, d'autant que les deux-tiers des nuitées sont concentrées sur la période de juillet-août : un projet de réalisation d'hôtel quatre étoiles dans le quartier du Gabut est en cours d'étude, afin de satisfaire une clientèle plus exigeante.
Ville principalement tournée vers la mer, La Rochelle est aujourd'hui un complexe portuaire de premier ordre.
Le port de plaisance de La Rochelle, est composé de trois sites distincts :
Le Port de pêche de Chef de Baie est, avec plus de 6 000 tonnes de poissons par an (dont une partie vendue à la criée), le 4e port de France pour la pêche. Il a été créé en 1994 pour remplacer le bassin des chalutiers du Vieux-Port.
Le port autonome de La Rochelle, qui représente plus de 85 % des échanges de marchandises du transport maritime de la région[56], est également[57] le :
En 2006, en traitant 7,33 millions de tonnes de marchandises sur l'année, il a réalisé la meilleure progression des ports autonomes français avec une hausse de 6,4% de ses activités[58].
Au 31 décembre 2002, la zone d'emploi de La Rochelle concentrait 1151 établissements industriels (363 dans la ville même), employant 11 676 salariés[60].
Riche de son histoire maritime, La Rochelle est une ville résolument tournée vers la mer.
Pendant les 125 années de son existence, le armement Delmas-Vieljeux, filiale de la compagnie maritime Delmas, créé le 15 juin 1867 dans le quartier de La Pallice, va écrire de grandes pages de l'histoire maritime. Renommés sous le nom d'Ateliers et Chantiers de La Rochelle-Pallice (ACRP), les Chantiers Delmas-Vieljeux se diversifient en orientant leurs activités vers la pêche, le pétrole, les vins, les charbons et pondéreux, et bien entendu les bois de Guyane. De 1952 à 1985, ils se spécialisent dans les frégates météorologiques, et produisent également le socle du télescope d'Hawaï. Ils sont rachetés par les Ateliers et chantiers du Havre, mais ferment leurs portes au printemps 1987, tandis que la compagnie Delmas est rachetée par Vincent Bolloré en 1991, qui la revend pour 600 millions d'euros à la CMA-CGM en janvier 2006.
L'histoire du nautisme rochelais, qui remonte bien avant les années 1960, avec notamment Fernand Hervé ou les Chantiers Mallard, prend véritablement son essor avec le projet de construction d'un grand port de plaisance, qui va donner un coup de fouet à l'installation des pionniers de l'industrie nautique. Le chantier naval Dufour yachts va rapidement être le premier constructeur de navires de plaisance de France, puis d'Europe. La filière s'est structurée au fur et à mesure de l'implantation des chantiers de plaisance, arrivés par la suite, dont Amel ou encore Fountaine Pajot, et ce jusque dans les années 1970.
Aujourd'hui, l'agglomération rochelaise a su conserver sa place de leader mondial de la filière. Elle regroupe plus de 190 entreprises dans l'industrie nautique, dans tous les métiers, de la conception à l'aménagement, pour plus de 2 500 emplois directs. La filière nautique réalise un chiffre d'affaires de plus de 2,3 millions d'euros, dont 20% à l'exportation. Chaque année, 700 unités sortent des chantiers navals rochelais : voiliers en bois, bateaux en aluminium, catamarans de croisière et de sport, navires de pêche et de promenade, monocoques de série et haut de gamme, bateaux de course, etc.
En 1917, les troupes américaines investirent les locaux de la gare alors en construction pour y établir un chantier de montage de wagons destinés à l'approvisionnement de leurs troupes. La guerre terminée, la construction ferroviaire continua sur un site situé le long de la ligne Paris-La Rochelle, à Aytré, commune située à la périphérie de La Rochelle. Les EIC (Entreprises Industrielles Charentaises) se spécialisèrent dans la construction de voitures voyageurs (dont bon nombre pour la compagnie des wagons-lits) et des autorails (les Paulines du Midi). Racheté par le groupe Brissonneau et Lotz, elles construisirent de nombreuse locomotives diesels (BB 63000, BB 67000), les voitures du métro de Mexico, du Caire, de Montréal, de Santiago du Chili... Intégrées au groupe Alstom, qui dispose d'une usine à Aytré, elles construisent des voitures Corail, puis celle du TGV, du TGV sud-coréen, les autorails X 72500 et à l'heure actuelle des tramways pour différentes villes : Nantes, Bordeaux...
L'industrie chimique rochelaise est principalement représentée par les entreprises Rhodia, Ioltech et Angibaud.
La division rochelaise Rhodia est, depuis septembre 1998, le siège international du groupe Rhodia (anciennement Rhône-Poulenc) et appartient à la division chimie fine du groupe. C'est également le principal site de production du groupe. L'entreprise élabore des produits à base de terres rares, à partir de minéraux provenant de Chine, qui sont ensuite utilisés dans l'optique, l'électronique, les plastiques, ou encore dans les pots catalytiques. Le site de La Rochelle est le seul au monde à pouvoir séparer et produire industriellement toutes les terres rares et consacre plus de 7 % de son chiffre d'affaires à la recherche.
Ioltech est une entreprise de fabrication d'implants intra-oculaires et de produits dérivés créée à La Rochelle en 1990 et qui connaît depuis une importante croissance. La société a mis au point un nouveau produit qui est en passe de devenir le numéro un mondial sur le marché des collyres et sur lequel elle possède la propriété industrielle et l'exclusivité mondiale.
Angibaud est une entreprise qui a été créée en 1877 à La Rochelle, et qui s'est spécialisé dans les engrais organiques et hydro-solubles, les amendements et les supports de culture, ainsi que les effluents d'origine industrielle et urbaine. Le site de La Rochelle héberge le siège ainsi que le laboratoire de recherche et développement (auquel est consacré 5 % du chiffre d'affaires du groupe), et est la principale filiale du groupe. Elle produit du guano de poisson, dont 11 % de la production est exportée dans 17 pays.
Dans les années 1960, Simca installe une unité de construction automobile à Périgny. Cette usine regroupe plus de 3 000 employés et fait vivre un important tissu de sous-traitants industriels locaux. En 1969, la SEMAT s'installe à La Rochelle et se développe sur le marché des bennes à ordures ménagères et du nettoiement de la voirie.
En 1970, Chrysler prend le contrôle de Simca qui devient Chrysler France, qui est ensuite racheté par PSA Peugeot-Citroën en 1978 et renommé Talbot.
Dans les années 1980, les conséquences du deuxième choc pétrolier et de la crise économique l'ayant accompagné vont sinistrer l'économie rochelaise. De nombreuses entreprises ferment, et Simca licencie plusieurs milliers de salariés. L'usine prend le nom de Triaxe et devient équipementier pour le groupe PSA. Le 27 février 1996, l'industrie automobile connaît un épilogue douloureux avec la liquidation judiciaire de Triaxe.
Par la suite, le terrain est devenu la propriété de la Communauté d'agglomération de La Rochelle, qui a engagé des travaux de dépollution du site, particulièrement pollué par des décennies d'exploitation industrielle automobile. Les travaux de dépollution, effectués par l'entreprise Séché Eco-Industrie, ont duré plus d'un an (octobre 2005 à octobre 2006) et ont coûté plus de 500 000 euros. Au total, 28 tonnes de dépôts noirâtres hydrocarburés, 227 tonnes de boues chargées de chrome, 21 tonnes de déchets huileux et 417 tonnes de béton et de remblais souillés par des polychloro-biphényles, particulièrement toxiques, en ont été retirés.
Depuis 2001, la SEMAT est la propriété du groupe italien OMB, et a été réorganisée. Désormais, les activités de chaudronnerie et de soudure sont sous-traitées à la société Rombo créée pour l'occasion et filiale à 100 % de la SEMAT. En parallèle, la SEMAT s'est ouverte sur de nouvelles zones commerciales en Italie, en Amérique du Sud et dans les pays de l'Europe orientale[61], et réalise un chiffre d'affaires de 48 millions d'euros.
La zone industrielle de Périgny accueille également Delphi Diesel Systems, équipementier automobile qui fabrique des injecteurs de nouvelle génération, et dont l'usine de La Rochelle a été la première en Europe à produire des systèmes d'injection directe diesel à rampe commune (Common rail). Plus de 900 salariés y sont employés, et ont réalisé un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros en 2003.
Le centre hospitalier universitaire Saint-Louis est un centre hospitalier créé à La Rochelle en 1673 à la demande du roi Louis XIII, dans son édit royal de 1622, concernant la création d'un hôpital général dédié à saint Louis.
L'hôpital dispose d'environ 1500 lits et places et regroupe plus de 3 000 agents, dont 2 600 salariés de la fonction publique hospitalière et 300 médecins et internes, ce qui en fait le plus gros employeur du département. Son budget s'élève à plus de 160 millions d'euros.
Le transport routier est le mode de transport dominant. Les principales marchandises échangées sont les matériaux de construction, les produits agricoles, les denrées alimentaires et le pétrole.
L'aéroport de La Rochelle a transporté 180 980 passagers en 2006, soit une progression de 41,8 % du trafic par rapport à 2005, et de 18,5% par an sur les cinq dernières années. C'est l'aéroport le plus important de la région, devant celui de Poitiers. Le trafic devrait doubler d'ici 2015.
L'aéroport, en accueillant les compagnies Ryanair, Airlinair, Flybe et easyJet, est le seul aéroport français avec celui de Marseille à réunir les deux plus importantes compagnies aériennes à bas prix. Il propose des lignes quotidiennes à destination de Birmingham, Bristol, Dublin, Londres, Lyon, Paris et Southampton, ainsi que des liaisons hebdomadaires ou ponctuelles vers Ajaccio Marrakech et Palma.
Il est possible que l'aéroport de La Rochelle soit transféré à Rochefort d'ici une dizaine d'année, et que l'ancien site soit transformé en un nouveau quartier résidentiel.
En raison de l'augmentation de trafic du port de la Pallice, un raccordement ferroviaire est mis en place entre ce dernier et la gare de La Rochelle en 1891, permettant ainsi l'acheminement de marchandises et de voyageurs, notamment en correspondance avec les liaisons maritimes vers l'Angleterre et l'Amérique du Sud. Des lignes directes spéciales, reliant Paris à La Rochelle et au port de La Pallice, sont mises en place lors des escales de paquebots, et seront exploitées jusqu'en 1962. Un important réseau ferroviaire se développe alors et permet la desserte de l'ensemble des infrastructures portuaires, et ce jusqu'au môle d'escale érigé en pleine mer.
À partir de la fin des années 1980, la concurrence routière va entraîner une diminution des activités portuaires, et donc du trafic ferroviaire. Dépendant entièrement de l'activité du du port de La Pallice, avec ses importations d'hydrocarbures et ses exportations de céréales, le trafic fret de la ligne Poitiers-La Rochelle est très modéré, avec une dizaine de trains quotidiens à l'expédition, et autant à la réception, dont notamment :
Le trafic de la ligne Poitiers-La Rochelle reste essentiellement voyageurs, surtout depuis son électrification en courant 25 kV en 1993, ayant débouché sur l'inauguration d'une ligne TGV et la mise en place de 5 allers-retours TGV quotidiens entre Paris Montparnasse et La Rochelle, mettant Paris à 2h51 de La Rochelle.
La gare de La Rochelle offre aujourd'hui des liaisons TGV quotidiennes vers Paris, Poitiers et Tours, et des liaisons Corail vers Bordeaux, Nantes, et Limoges par Saintes et Angoulême.
Le port autonome de La Rochelle, seul port en eau profonde de la façade Atlantique, et capable d'accueillir des navires de types Post-Panamax, a été désigné, avec Nantes, comme maillon essentiel de l'Autoroute de la mer atlantique[63], projet de liaison maritime à haute fréquence entre la France et l'Espagne, et destiné à remplacer la circulation de 100 000 à 150 000 poids lourds par an d'ici 2007, dans un double objectif de développement durable et de viabilité économique.
La voirie de La Rochelle est composée de plus de 1250 rues. En 2001, le réseau urbain de la ville représentait 193 km de routes et 89 000 véhicules y étaient recensés[64]. Le trafic automobile augmentant d'année en année, et la ville ne pouvant être contournée n'importe où en raison de la mer, le plan de déplacements urbains prévoit une large place à la sécurité routière.
La vitesse maximale autorisée sur la ceinture périphérique a été abaissée à 90 km/h et des radars automatiques ont été placés sur la rocade[65]. Dans l'agglomération, les zones 30 ont été étendues, les boulevards ont été sécurisés, et de nombreux rond-points ont été construits pour fluidifier le trafic.
Sur le plan économique, 75 % des envois de plus de trois tonnes de la région Poitou-Charentes partent de l'agglomération rochelaise. Une voie spéciale desservant le port de La Pallice a été mise en place pour les poids-lourds, de manière à optimiser les trafics internationaux.
En parallèle, la ville a mis en place Elcidis, une plate-forme de livraison de marchandises en centre-ville par des véhicules électriques, ce qui est une première en France.
En 2005, les transports collectifs urbains de La Rochelle ont transporté 11 128 000 voyageurs[66].
La Rochelle s'est engagée pour le vélo dès 1974, en inaugurant, pour la première fois en France, un service gratuit de mise à disposition du public de vélos en libre-service : les fameux vélos jaunes, qui sont aujourd'hui au nombre de 350.
Aujourd'hui, l'agglomération rochelaise dispose de plus de 160 km d'aménagements cyclables (86 km d'aménagements cyclables intra-muros, et plus de 80 km pour les autres communes de l'agglomération), dont des itinéraires sécurisés et fléchés (par exemple l'itinéraire de 38 km entre La Rochelle et Rochefort), et 1448 arceaux (soit 2896 places) sont installés dans le centre-ville.
Les transports en commun intègrent également cette dimension et sont adaptés au vélo. Il est ainsi possible de prendre le passeur électrique ou le bus pour l'île de Ré avec son vélo.
L'agglomération a également mis en place un service de libre-service vélos, disponibles gratuitement à toute heure de la journée, tous les jours de l'année. Les 60 vélos affectés à ce service sont disponibles dans l'un des six points relais répartis sur l'agglomération.
Ville fortifiée, La Rochelle comporte de nombreux monuments de défense, dont les plus connus sont les tours médiévales du Vieux-Port, qui en gardent l'entrée et l'ont rendue mondialement célèbre.
La Rochelle a demandé le classement du Vieux-Port et des tours au Patrimoine mondial de l'Unesco. Ces dernières ont accueilli plus de 100 000 visiteurs en 2004,
Dès le XIIe siècle, le Vieux-Port de La Rochelle joue un rôle de premier ordre, et reste jusqu'au XVe siècle le plus grand port de la côte atlantique, commerçant principalement du vin et du sel.
Le port doit son important développement principalement à une conjonction de nombreux facteurs favorables, que ce soit au plan économique, géographique, politique ou technique.
Aux XIIe siècle et XIIIe siècle, les routes des Templiers convergent toutes vers La Rochelle, faisant ainsi de la ville leur port sur l'Atlantique.
En 1154, le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II d'Angleterre fait de La Rochelle une province anglaise qui par sa situation géographique et de son importance voit s'ouvrir à elle les marchés de l'Angleterre et de l'Europe du Nord, très demandeurs des vins français de la région et du sel des marais du littoral.
La ville change de mains à de nombreuses reprises au cours de la Guerre de Cent Ans, jusqu'à ce qu'en 1372, le connétable Bertrand du Guesclin chasse les Anglais de l'Aunis et du Poitou, faisant de La Rochelle une ville définitivement française. Cette fois encore, la situation géographique de la ville, nichée au c'ur du Pertuis d'Antioche, est propice à l'activité du port.
Au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, le Vieux-Port a drainé plus de la moitié du trafic colonial vers la Nouvelle-France, ce qui en fait aujourd'hui un lieu de pèlerinage pour de nombreux touristes.
Aujourd'hui, le Vieux-Port est avec ses tours et ses quais une image emblématique de La Rochelle, et il accueille d'ailleurs la plupart des animations de la ville.
La tour de la Chaîne est, avec la tour Saint-Nicolas et la tour de la Lanterne, l'une des trois tours du front de mer de La Rochelle, et l'une des deux tours emblématiques du Vieux-Port, dont elle constitue la majestueuse porte d'entrée.
Érigée entre 1382 et 1390, quelques années après la tour Saint-Nicolas, elle avait pour fonction de tendre la chaîne[67], fixée par un anneau dans la tour Saint-Nicolas sur l'autre rive, de manière à interdire l'accès du port en barrant le chenal entre les deux tours[68].
Cette tour, qui faisait également office de poudrière, a été gravement endommagée en 1651 lors de la la Fronde, une explosion l'ayant découronnée, détruisant sa toiture, les mâchicoulis et le chemin de ronde.
En 1824, lors de l'élargissement de l'entrée du port, la petite tour de la chaîne abritant le cabestan qui servait à tendre la chaîne est détruite.
Classée monument historique en 1879, elle a été partiellement restaurée au XIXe siècle et au début du XXe siècle.
La tour Saint-Nicolas est l'autre tour emblématique du Vieux-Port.
D'une base légèrement pentagonale, elle est d'une hauteur de trente-six mètres. L'intérieur est composé de trois grandes salles octogonales superposées, dont deux sont voûtées. Le sol est incliné à 2%, signe de l'enfoncement de la tour constaté pendant sa construction. Inclinaison qui sera conservé pour la restauration de la tour, mais dont le sol sera surélevé de 50cm par rapport au sol originel. Chaque niveau de la tour est percé en son centre d'un oculus, ouverture ronde utilisée autrefois pour ravitailler les étages de la tour, se parler ou se défendre.
3 alvéoles sont situées autour du rez-de-chaussée. Leur fonction n'est pas certaine selon les historiens.
La première tour était sur pilotis, et était isolée sur l'eau. Aucune muraille ne la reliait à la terre ferme.
À la seconde moitié du XIVe siècle fut construite la tour telle qu'on la connaît aujourd'hui.
Sur le flanc de la tour, on peut voir l'amorce d'une arche. L'architecte Lisch, chargé de la restauration des tours à la fin du XIXe siècle en déduisit l'existence d'une arche entre la tour Saint-Nicolas et la petite tour de la chaîne. Mais aucune gravure, ni aucun texte n'en mentionne l'existence. Elle n'a certainement été jamais construite.
La tour de la Lanterne est la plus grande des trois tours du front de mer de La Rochelle. Elle mesure 55 mètres de haut et est constituée de deux parties. Sa base est un cylindre haut de 25 mètres et de plus de 15 mètres de diamètre. Il est surplombé d'une flèche octogonale dont quatre des huit pans sont percés de fenêtres trilobées de style flamboyant. Chaque nervure est garnie de crochets.
Plusieurs salles superposées composent l'intérieur de la tour. On y trouve de nombreux graffiti, gravés dans la pierre par des marins anglais, espagnols ou hollandais, emprisonnés dans la tour entre les XVIIIe et XIXe siècles siècle
Ouvrage de l'enceinte médiévale construit peut-être sur l'emplacement d'une ancienne tour. Commencé selon Claude Masse en 1445, il ne fut achevé que 23 ans plus tard (1468). À l'origine elle formait l'angle sud-ouest de l'enceinte médiévale et sa tourelle à lanterne servait de phare et d'amer. Elle se situait à cette époque au bord de l'eau.
Conservé lors du rasement des fortifications en 1629, il fut ensuite intégré dans la nouvelle enceinte de 1689. De 1900 à 1914, une restauration sur des projets de Juste Lisch, puis sous la direction d'Albert Ballu, lui redonne son aspect médiéval.
La tour servit souvent de prison et, en 1822, on y enferma 4 sergents du 42e régiment de ligne qui avaient comploté contre Louis XVIII. Ils furent jugés à Paris, condamnés à mort et guillotinés en place de Grève (aujourd'hui place du Châtelet). Ils sont passés dans l'Histoire sous le nom des « quatre sergents de La Rochelle » et la tour conserve leur souvenir.
La Grosse Horloge était à l'origine, une porte de la ville fortifiée, ouverte dans l'enceinte primitive. Au XIIIe siècle son nom était la porte du Parrot ou Perrot, car elle donnait accès au faubourg de ce nom. La porte était percée de deux baies. La plus large, pour les chariots, la plus petite, pour les piétons.
En 1478, on la surmonta d'un clocher octogonal, coiffé d'un campanile abritant la cloche de l'horloge.
En 1672, on réunit les deux baies en une seule arcade, afin de faciliter la circulation.
En 1746, la partie supérieure de l'édifice fut démoli pour faire place à la construction actuelle en forme de cartel Louis XV flanqué d'attributs scientifiques et militaires.
Aujourd'hui, elle abrite le musée archéologique, et reste un des principaux points de passage entre les quais et la vieille ville.
La cloche de la Grosse Horloge sonne une fois par jour : à 12h.
L'hôtel de ville est composé d'un corps de logis style renaissance protégé par un mur d'enceinte gothique flamboyant, avec chemin de ronde et tours à créneaux et mâchicoulis, érigé à la fin du XVe siècle.
La façade est ornée des armes de La Rochelle et de Henri IV, ainsi que de nombreuses gargouilles, statues, et ciselures. La porte de forteresse s'ouvre sur une cour intérieure est marquée par l'influence de la Renaissance et de l'Antiquité, avec un escalier monumental, avec campanile et dôme occupé par une statue du Béarnais en faïence émaillée, ainsi que de nombreuses colonnes corinthiennes et une décoration chargée.
Au rez-de-chaussée se trouve une galerie formée de neuf arcades, cintrées ou géminées et richement décorées, reposant sur huit piliers et deux pilastres, et dont le plafond contient des cartouches variés, dont les monographes d'Henri IV et de Marie de Médicis.
Au premier étage se trouve notamment la grande salle des fêtes ainsi que le cabinet du maire, et l'ancien cabinet du légendaire Jean Guiton, orné de sa table et de son fauteuil, datant de 1628.
À l'intérieur de l'hôtel de ville sont également exposés de nombreux souvenirs, dont ceux ayant trait au siège de la ville.
Construite à partir de 1742 sur une initiative du cardinal de Fleury et de l'évêque Menou de Charnizay, elle demeura inachevée, faute de moyens financiers, mais est tout de même ouverte au culte en 1784. Elle n'est achevée que sous le Second Empire, les deux clochers initialement prévus n'ont jamais été construits.
La cathédrale présente une façade très dépouillée, ornée de deux ordres de colonnes toscanes et doriques, surmontée d'un fronton triangulaire flanqué d'ailerons. L'intérieur du bâtiment ne déroge pas à cette rigueur architecturale.
Le clocher Saint-Barthélemy est de style gothique et accolé au chevet de la cathédrale. Alors plus haut point de la ville, il est utilisé comme tour à canons contre les armées de Louis XIII pendant le siège de 1627.
La première moitié du XXe siècle voit le trafic ferroviaire s'accroître de manière importante, notamment en raison du tourisme balnéaire et du fait que La Rochelle est à la croisée des lignes reliant Bordeaux, Nantes et Poitiers. Aussi, le 24 mars 1906, la construction d'un nouveau bâtiment voyageur est déclarée d'utilité public.
Dès 1909, une nouvelle gare est donc construite. Le bâtiment, dessiné par l'architecte Pierre Esquié, est monumental et dominé par un campanile de 45 m de haut, plus haut que les tours de l'entrée du port.
Le bâtiment fait face à une vaste esplanade de laquelle part un large boulevard bordé d'arbres la reliant à la ville, construit sur l'emplacement de l'ouvrage à cornes, entraînant sa disparition. La gare, richement décorée, rappelle l'architecture de La Rochelle, et notamment celle de la Grosse Horloge. Le hall des voyageurs est orné de grandes mosaïques, tandis que les parements sont en pierre. Sa façade est décorée de nombreuses gravures s'inspirant de la faune marine. Les quais sont intégralement couverts par une grande verrière. Elle se classe parmi les plus belles constructions ferroviaires et est inscrite depuis 1929 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
À l'origine, la fontaine s'appelait « Fontaine du Puits Lori » et était au fond d'une énorme excavation circulaire de 20 pieds de diamètre, dans laquelle il fallait descendre par l'un des deux escaliers en forme de fer à cheval, d'accès difficile et dangereux, notamment en hiver.
En 1711 la fosse est comblée, et en 1722, la « Fontaine du Pilori », ramenée au niveau du sol, est de nouveau opérationnelle. Elle a été classée monument historique en 1925.
Le château de Laleu, exemple typique de la maison noble du début du XVIIe siècle est devenu la maison de retraite Léonce Vieljeux. Il a été construit entre 1616 et 1628 sur la commune de Laleu, rattachée depuis à La Rochelle. C'est un pavillon central coiffé d'une toiture à quatre pans couverte d'ardoise encadré de deux corps de bâtiment. C'est une construction très sobre dont les ouvertures sont encadrées de pierre de taille avec trois frontons sculptés soutenus par des pilastres au rez-de-chaussée et couronnée de lucarnes ornées de volutes et d'acanthes.
Le parc Charruyer, classé en 1931, est établi sur les anciennes fortifications de la ville datant de 1685. Ses 40 hectares proviennent d'une donation effectuée en 1887. Long de 2 kilomètres et large de 200 mètres, il est parcouru par deux ruisseaux, le Frétilly et le Lafond, qui se jettent dans l'océan. C'est un parc à l'anglaise, aux allées sinueuses et ombragées par de grands arbres[69].
Réputée pour les piscines d'eau de mer de ses centres de thalassothérapie dès le XVIIIe siècle grâce à ses piscines d'eau de mer, la ville devient une station balnéaire en 1900, avec l'ouverture de la plage de la Concurrence.
L'important succès rencontré oblige la ville à déclarer d'utilité publique la construction d'une nouvelle gare ferroviaire. La plage de la Concurrence est suivie par celle des Minimes en 1978, puis par celle de Chef de Baie et celle d'Aytré.
À la pointe des Minimes se trouve le Phare du bout du monde, réplique du célèbre Phare du bout du monde érigé sur l'Île des États au large du cap Horn en 1884, et qui inspira Jules Verne pour son roman Le Phare du bout du monde, édité en 1905, peu après sa mort. Il a été érigé par André Bonner, aventurier rochelais qui a également reconstruit l'original, et a été inauguré le 1er janvier 2000.
C'est un phare en bois de forme hexadécagonale et projetant la lumière produite par 7 lampes fonctionnant à l'huile de colza. Le faisceau a une portée de 26 km sur un angle de 93°.
Chaque année, début septembre, se tient pendant une semaine sur le port des Minimes, le Grand Pavois, un salon à flots de la navigation qui est à la plaisance ce que le Mondial de l'automobile est à l'auto. L'édition 2006 a accueilli plus de 103 000 visiteurs.
Initialement implanté dans le quartier de la « ville en bois », puis transféré sur le Port des Minimes après l'incendie de 1986, l'aquarium de La Rochelle est depuis 2001 situé au c'ur de la ville, dans le quartier du gabut.
Il fait partie des plus grands aquariums européens. Quelque 10 000 animaux des quatre coins de la planète se partageant les 3000 m³ d'eau de mer répartis sur 65 bassins où sont recréés les milieux naturels d'espèces de tous les océans et des mers du monde.
La médiathèque Michel-Crépeau, inaugurée en 1998 et baptisée en l'honneur de Michel Crépeau, dispose d'un fonds encyclopédique de 150 000 ouvrages, 6 000 cassettes vidéo, 12 000 disques compacts et 1 000 estampes et photographies, dont la consultation est libre et gratuite. Trois ans après son ouverture, la fréquentation atteignait 350 000 visiteurs par an et en confirmait le succès.
La Rochelle accueille l'un des 19 Centres chorégraphiques nationaux, sous la direction de Régine Chopinot.
La ville de La Rochelle comporte trois cinémas classés Art et Essais. L'Olympia, La Coursive et le Dragon. La Coursive est une scène nationale dédiée au théâtre, à la musique, à la danse et au cinéma. Et l'Olympia, géré par le groupe CGR, dispose de trois salles. Ces deux lieux fréquentés par les cinéphiles permettent l'accès à des films peu distribués, en version originale. Ils constituent un bon complément au complexe MEGA CGR. Il est à noter que le cinéma Dragon dispose aussi d'une salle classée Art et Essais, sur six salles, mais propose des films plus orientés grand public. Il est partenaire, comme la Coursive, du festival international du film de La Rochelle.
En 2001, La Rochelle a accueilli les Championnats du monde de Scrabble, dont la finale a vu la victoire de Fabien Fontas et Antonin Michel sur Florian Lévy et Marc Treiber[70].
Rupella Basket 17 est un club français de basket-ball évoluant en NM2. Créé en 1932 sous le nom « Rupella », le club a été renommé « La Rochelle Basket 17 » en 1996 et « Rupella Basket 17 » en 2000.
La Rochelle accueille chaque année le Championnat du monde universitaire d'équitation, organisé par la Société hippique d'Aunis, qui comporte des épreuves de dressage (individuel et par équipes), et de CSO (individuel et par équipes). La particularité de la compétition réside dans le fait que les chevaux sont fournis par l'organisateur, et tirés au sort à chaque tour.
La 7e édition de ce championnat s'est tenue du 8 juin 2006 au 11 juin 2006 et a vu la participation de 17 pays. Lors de la cérémonie de clôture, la Garde républicaine a présenté sa fameuse reprise des douze.
Créé en 1989 à l'initiative d'un groupe de golfeurs rochelais et avec l'aide des communes de La Rochelle, Marsilly et Nieul-sur-Mer, le Golf de La Prée-La Rochelle[71] est un terrain de Golf au parcours sauvage de 5 931 mètres, situé face à l'île de Ré et à la réserve naturelle de la baie de l'Aiguillon, composé de 18 trous, dont 5 en bord de mer, et qui combine les caractéristiques d'un links écossais à celles d'un golf de plaine. Il est affilié à la Fédération française de golf et accueille de nombreuses compétitions[72].
Candidate aux côtés de Paris pour les épreuves de voile des jeux Olympiques d'été de 2008 et des jeux Olympiques d'été de 2012, la ville a participé à la campagne Paris 2012, mais les deux candidatures ont échoué.
Succès non démenti depuis sa première édition, le marathon de La Rochelle n'a cessé d'attirer davantage de monde chaque année. En 2006, plus de 8000 coureurs de tous les pays ont participé à sa 16e édition. C'est le deuxième marathon de France, après le marathon de Paris.
Le Rallye d'Automne est une compétition automobile qui se déroule chaque année à La Rochelle, pendant la période automnale, depuis plus de 50 ans. C'est un rallye sur asphalte, qui a la réputation d'être très rapide, long et éprouvant, et dont la 51e édition s'est tenue du 17 au 19 novembre 2006. Il fait partie de la Coupe de France des Rallyes.
L'Atlantique stade rochelais est un club de rugby à XV français participant à la Pro D2. Il a vu passer des joueurs tels que Arnaud Elissalde, Dominique Bontemps, Henri Magois, Jean-Baptiste Elissalde, Laurent Bidart, Gérald Merceron et René Le Bourhis, et est doté d'un beau palmarès : quart de finaliste du Championnat de France en 1961, 1962 et 1969, vainqueur du Challenge de l'Espérance en 1994, vainqueur du Challenge Yves du Manoir en 2002 et en 2003 (Coupe de la Ligue).
Bien que ne l'ayant plus accueilli depuis 1983, La Rochelle a été une étape de nombreuses éditions du Tour de France.
En raison de ses atouts naturels et de sa tradition maritime historique, La Rochelle est une escale privilégiée des grandes compétitions internationales de voile, avec notamment :
Au XIIe siècle
Au XIVe siècle
Au XVe siècle
Au XVIe siècle
Au XVIIe siècle
Au XVIIIe siècle
Au XIXe siècle
Au XXe siècle
Au XVIe siècle
Au XVIIe siècle
Au XVIIIe siècle
Au XIXe siècle
Au XXe siècle
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