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Information sur la ville de Courry
Courry est une commune française, située dans le département du Gard et la région Languedoc-Roussillon.
Aux confins du Gard et de l'Ardèche blotti dans le piémont cévenol le village de Courry a, aussi, son brevet d'ancienneté depuis la préhistoire. Proche de Saint Ambroix et à l'écart de la route départementale D904 (axe Alès-Aubenas) il est peu connu, voire ignoré, d'une majorité de gens. La découverte d'un important réseau karstique dans le sous-sol de la commune a permis d'ouvrir au public, depuis 1967, un tronçon touristique connu sous le nom de « Grotte de la Cocalière ». Cette cavité dénommée, parfois, « perle des Cévennes » a pour écrin le territoire de Courry.
Ce village se distingue par deux espaces géographiques différents. D'un côté, du sud à l'ouest, une chaîne de Serres qui culmine jusqu'à 514 m d'altitude. Elle est couverte par une forêt de châtaigniers . Pendant des siècles, la culture de ces arbres a représenté l'économie primordiale de ce territoire inclus dans le massif cévenol.
Le côté nord-est, avec une altitude moyenne de 260 m, fait parti de l'important plateau calcaire, couvert par la garrigue, à cheval sur la Basse Ardèche et le Haut Gard. Ce maquis aux essences méditerranéennes : buis, cades, chênes kermès, thym ' détient, en son sein, des « Diamants noirs » avec des gîtes à « Tuber mélanosporum » ou truffes du Périgord. Pendant des siècles l'acharnement du travail de l'homme, mémorisé par les « rompudes », a créé des lopins de terre parmi les bancs rocheux omniprésents. Cette obstination, caractère essentiel des cévenols, a maintenu un verger : oliviers, mûriers, vignes, amandiers' complément nutritif, non négligeable, après la châtaigne. La récession agricole, commencée avec l'arrivée de la révolution industrielle, ponctuée par des fléaux naturels successifs : disparition de la vigne attaquée par le phylloxéra à partir de 1863, gel des oliviers en 1956, abandon des mûriers suite à la régression de la sériciculture, mécanisation de l'agriculture impossible en ces lieux. Toutes ces calamités ont donné raison à la nature pour reprendre ses droits.
Les observations archéologiques et l'étude des anciens chemins permettent de penser que le village de Courry a vu le jour par une fixation de ses premiers occupants le long d'anciennes voies. Les principales sont : « La draille du Languedoc » qui canalisait la transhumance des ovins, vers le Mont Lozère. La « Vieille route » où transitaient de nombreux échanges commerciaux ou militaires entre les plaines méditerranéennes et le massif central. Au grè des mutations politiques, elle deviendra « Chemin Royal », « Chemin Impérial », « Route Nationale 104 » pour finir par l'actuelle dénomination : « Départementale 904 ». Une voie peu connue mais qui subsiste sous forme de témoins partiels : « Le Chemin Muletier » qui se déroulait le long du thalweg de la châtaigneraie. La caractéristique d'implantation des maisons du village s'observe au travers de constructions en « chapelet », des mas et des hameaux, qui s'égrènent le long d'une dorsale principale complétée par des voies secondaires.
Malgré l'occupation temporaire de la garrigue, les « anciens » ont respecté l'implantation des tombes préhistoriques. Courry a le privilège de compter vingt-deux coffres mégalithiques de l'époque chalcolithique ( - 2300 à ' 1800 ans avJC).
Pour la période gallo-romaine, une ruine, aujourd'hui disparue, a permis de mettre en évidence un établissement rural où se pratiquait l'élevage du mouton. Ce site a livré de nombreux tessons de poterie, des pièces de monnaie s'échelonnant de l'époque romaine au XIIIème siècle et une quantité de fusaïoles (contrepoids en pierre de la bobine d'une quenouille).
Le document écrit le plus ancien, connu actuellement, remonte en l'an 950. Il précise d'après la « Charta vétus » ou « Recueil de chartes anciennes » que Ennus, évêque du Vivarais, possède trente fermes à Courry (Currio). Depuis ces temps ancestraux Courry se trouve rattaché au Vivarais. Il formait avec les communautés de Banne, Brahic et Malbosc « La presqu'île du Vivarais » incluse dans le territoire de l'Uzêge.
Du XIIe siècle, l'église a conservé l'essentiel de son architecture primitive avec son abside en cul de four ornée, surmontée en extérieur, d'une remarquable corniche à modillons. Le mur de façade de ce monument est coiffé d'un clocher peigne. Les spécialistes attribuent cet édifice au roman auvergnat fin du XIIèm siècle . À partir de cette période les textes anciens mettent en évidence le rattachement de la paroisse de Courry à l'abbaye de Bonnevaux , sous tutelle des chanoines de l'ordre de Saint Ruf, elle-même dépendante de l'évêque du Vivarais. Pendant six siècles la communauté courriole dépendra de l'ancien diocèse du Vivarais qui se nomme aujourd'hui : Ardèche. Cette situation sera profondément modifiée après la Révolution Française avec la création des départements (1792). Courry deviendra commune gardoise.
Au XVe siècle, un manuscrit très intéressant « L'Estime de 1464 » donne une description assez précise, du village, avec les noms des habitants, les types de cultures, les noms de lieux etc. Ce document met en évidence la composition d'une communauté essentiellement rurale avec pour économie principale la culture de la châtaigne. Par la-même, le village de Courry se retrouve inclus dans le territoire des Cévennes.
Avant d'aborder l'aspect « Histoire contemporaine », un fait marquant, du Bas Vivarais, mérite un développement. Une tentative contre-révolutionnaire de royalistes, sorte de chouannerie, prirent par les armes le château de Banne. Devant cette rébellion, les assemblés révolutionnaires du Gard et de l'Ardèche ne tardèrent pas à réagir. Elles préparèrent la troupe pour mater ce mouvement d'émeute. Le onze juillet 1792, le groupe pro-royaliste, composé de quatre cents hommes, se posta dans les bois de Courry pour tendre une embuscade à un détachement de l'armée révolutionnaire qui venait à sa rencontre. Le combat fut acharné. L'armée du Gard dut user du canon contre les insurgés. Une grande partie des réfractaires périt au cours de cet affrontement dont un des chefs : « Monsieur le Chevalier de Melon ». De nombreux villages, du sud ardéchois, subirent la foudre des armées révolutionnaires. Quelques jours après, le château de Banne sera démantelé et le chef principal de cette rébellion, le « Comte de Saillans », sera massacré, aux Vans, à coups de sabre le vingt deux juillet 1792. Ce sanglant accrochage restera gravé, dans les annales historiques, sous la dénomination de « Victoire de Courry ».
Après les périodes de troubles, comme tous les villages de « France et de Navarre », Courry conserve ses activités rurales au travers des multiples vicissitudes du temps. Son agriculture reste toujours à la limite du précaire malgré son implantation généralisée sur la totalité de son territoire. Il doit, en parallèle, confronter les nombreuses épidémies et la forte charge des impôts. La Révolution le marque profondément avec l'abandon du Vivarais et son rattachement au département du Gard. Des mutations profondes s'enclenchent avec la prospection minière dans la région. Dans le village plusieurs exploitations du minerai de fer verront le jour mais les gisements trop lenticulaires seront de courte durée. Les mineurs paysans se convertissent dans les mines de charbons environnantes. Suivra la litanie des causes d'abandon de la terre avec la mécanisation agricole peu adaptée aux terrains caillouteux, le départ des filles vers les filatures, l'hémorragie des jeunes hommes avec la guerre de 14, l'attraction des grandes villes pour la recherche d'un emploi sûr et une vie plus confortable. Ensuite, tout se précipite avec la motorisation, les moyens de communications, l'attrait des loisirs, les études longues pour les jeunes.
Aujourd'hui, une nouvelle communauté supplante la traditionnelle. Les paysans frustes d'autrefois, héritiers, d'une langue ancestrale, ne parlaient que le patois. Ils ont laissé la place aux retraités du « baby-boom » conservateurs de quelques parcelles de châtaigniers et d'oliviers entre deux voyages touristiques, aux jeunes couples qui travaillent dans les villes voisines et aux « européens », attirés par le soleil et le charme de la région, restaurateurs des vieux mas et constructeurs de piscines. Ainsi se poursuit l'histoire des courriols au travers de la mutation immuable du temps.
La découverte du village est facilitée grâce à une signalétique originale des quartiers et des hameaux. Des plaques, sur céramique, portent le nom des différents lieux accompagné d'une image thématique. Cette réalisation et son financement ont été effectués à l'initiative de l'association « Les Amis de Courry » pour conserver la toponymie traditionnelle. Le flambeau vient d'être repris par l'association « Le plateau des Gras ».
Grotte de la Cocalière Chapelle St Sébastien 1722, Église romane XIIème, Table d'orientation géologique
Une des collines dominantes, de Courry, porte le nom de site de Saint-Sébastien. Ce promontoire panoramique fait parti des curiosités de la région avec sa chapelle néo-romane érigée en 1722. Depuis 1989, deux demi-tables d'orientation géologique, placées à l'initiative de la mairie, renseignent les visiteurs sur les sommets environnants et sur les différentes formations géologiques du terroir courriol. Cette hauteur reste un domaine prisé pour la pratique du parapente. Une piste de décollage, face au nord, fait l'objet d'une activité intense aux beaux jours. Ce belvédère est, aussi, un passage de sentiers de randonnées. De nombreux clubs de marche ou des particuliers arpentent, souvent, cette montagne autant pour le point de vue que pour l'attrait sportif au milieu d'une garrigue odorante. Même les chasseurs gardois ou ardéchois fréquentent ce site pour tirer le sanglier ou le chevreuil.
Gentilé : Courrioles, Courriols.
Origine du texte :Wikipédia Licence publiée sous licence GNU FDL La liste des auteurs est disponible sur cette page. La version originale est disponible sur cette page.
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