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Information sur la ville de Chantepie
Chantepie est une commune française, située dans le département d'Ille-et-Vilaine et la région Bretagne. Ses habitants sont appelés les Cantepiens.
Commune située au Sud-Est de Rennes, à 4,5km du centre de Rennes, en Haute-Bretagne, département d'Ille-et-Vilaine (35). Le noyau historique de Chantepie est situé sur l'interfluve Blosne - Vilaine, à 6 km du confluent entre ces deux cours d'eau. Le territoire de la commune comprend aussi une partie de la vallée du Blosne. L'altitude varie de 32 à 77 mètres (point le plus bas dans le talweg du Blosne).
Les roches à l'affleurement sont donc essentiellement du socle érodé, sans dépôts alluvionnaires (sauf aux abords du Blosne) : ce sont des schistes verts briovériens azoïque, altérés sur les premiers mètres, et présentant de nombreuses diaclases plus en profondeur, à cause de la gélifraction würmienne (lors de la dernière glaciation, le gel sévissait jusqu'à 200m de profondeur). Cette altération physique (et chimique superficiellement) permet la présence d'une nappe phréatique et de puits ;
Toutefois, ces schistes verts, bien qu'altérés, sont suffisamment durs pour empêcher la réalisation de caves. Les maisons sont donc sans fondations. Pour anecdote, cette commune avait été choisie pour réaliser des abris anti-atomiques expérimentaux, ce qui s'est avéré impossible du fait de cette particularité. Il s'agit originellement d'une paroisse rurale, constitué à l'époque moderne (XVIe'), formant un village-rue autour de la Route principale, d'orientation E-O (Route de Châteaugiron autrefois, puis Rue Nationale, et aujourd'hui Avenue André-Bonnin, du nom d'un maire suicidé en 1993) et avec un noyau groupé autour de son église. Les habitations modestes anciennes reflètent la géologie locale (murs en schistes + ou - friables car altérés) ; certaines longères modestes sont aussi constituées de torchis : argile (prélevée sur place) mêlée de graviers et de pailles. En revanche, certains tertres, les manoirs, l'église, sont composés de matériaux considérés comme plus nobles : grès armoricains issus des carrières des synclinaux - anticlinaux du Sud de Rennes, schistes rouges de Montfort, granites de Fougères pour les angles des murs. N'étant pas prélevés sur place, ces matériaux étaient plus coûteux.
Mur en schistes briovériens caractéristique de l'habitat populaire du bassin rennais. C'est un matériau parfaitement sain, mais à l'allure un peu effritée. La pierre rouge à droite est un échantillon isolé de schiste ordovicien de Montfort, venant de la carrière de Pont-Réan, donc utilisé plutôt au Sud-Ouest de Rennes.
Mur en grès armoricains, venant de synclinorium du Sud de Rennes. Les carrières sont situées à une trentaine de kilomètre vers le Sud : le coût du transport réservait ce matériau aux demeures des notables.
On y retrouve, sur la partie rurale du territoire communal, les traits du bocage gallo. C'est un bocage, relativement pauvre en espèces (pauvreté caractéristique biogéographique de la Bretagne orientale), qui a été remembré, et dont les mailles sont très élargies. Les schistes briovériens produisent une argile lourde, avec une bonne capacité d'échange cationique. Il en résulte que les sols sont facilement valorisables par les engrais. Sur la partie rurale du territoire communal, il y avait une quinzaine de fermes ; la périphérie du noyau villageois possédait - fait classique en géographie agraire - des jardins clos et des cultures maraîchères. Un maraîcher, M. Jouneau, y avait produit des tomates réputées à l'échelle européenne. Malheureusement, la pression foncière actuelle (voir ci-dessous) est à l'origine de la disparition de ce type d'espace.
Une partie de la Zone industrielle SE de Rennes appartient à Chantepie (Nord de la commune). Au S-O de Chantepie, on trouve une zone artisanale et commerciale, drainant des flux automobiles en provenance des communes alentours, avec congestion le samedi et les jours de pointe.
La particularité actuelle de cette commune est de se retrouver prise dans la couronne périurbaine de Rennes, et de se fondre dans son tissu urbain. Le développement actuel de la commune reflète donc l'impact de l'onde de choc périurbaine, partant de Rennes, sur le vieux noyau d'habitat rural de Chantepie. Le débordement du tissu urbain rennais sur Chantepie est accentué par un fait de géographie politique : l'intégration de la commune dans Rennes Métropole, structure qui centralise les décisions en matière de foncier et d'aménagement. Tant sur le plan de la réalité physique que de l'appareil politique et social, Chantepie est littéralement absorbée dans l'agglomération rennaise.
Cela se caractérise d'abord par une pression foncière excessive, renforcée par la position de Chantepie dans l'axe du métro de Rennes (N-O - S-E). Les décisions politiques, par exemple les révisions de POS, ne constituent pas toujours une résistance à cette pression et même y donnent parfois prise. Le Plan local d'urbanisme avalise préemptions et expropriations, au profit de promoteurs et d'agents immobiliers avec souvent destruction des maisons modestes traditionnelles.
Le personnel politique - comme la plupart des acteurs - ignorent que la Haute-Bretagne est un pays avec une forte tradition d'habitat dispersé. L'individualisme agraire est le fondement de l'organisation des finages depuis au moins la fin du Moyen Age. Les décideurs ont donc opté pour l'habitat groupé et collectif, les lotissements standardisés, conformément à une idéologie très en vogue, dans tous les partis d'ailleurs.
Quelques bâtiments sont conservés - au nom d'une préservation identitaire - mais il s'agit précisément des anciens bâtiments de notables, construits avec des matériaux étrangers au sous-sol local (voir photographies ci-dessus). Les maisons anciennes modestes, donc celles qui sont caractéristiques du genre de vie de la région, sont parfois détruites et considérées comme sans valeur, vétustes, ne répondant pas aux normes implicites de ce que l'on pourrait qualifier une modernité aseptisée.
Cela évoque la vulgate historique dénoncée par Marc Bloch ou Armand Frémont : le seul passé valorisé est un passé filtré par les représentations des classes dominantes, les élites et les notables... D'où une reconstruction du passé et surtout des éléments du cadre social historique éludés.
Tout en respectant les empreintes de son patrimoine, la ville a intégré des architectures nouvelles. Logements collectifs et individuels sont pensés pour vivre ensemble : tel est le slogan de la Mairie. Est-il le reflet de la réalité ' Malgré la bonne volonté de certains élus, quoique souvent contraints dans des rapports de forces, il manque à l'évidence à Chantepie une vraie analyse du milieu écologique, social, historique et géographique, et donc il en résulte un sérieux déficit de réflexion dans les aménagments.
Le géographe Rémy Alain, de l'université de Rennes 2, a proposé le modèle des fringe belt. Le modèle classique d'expansion urbaine montre une densité diminuant du centre vers la périphérie. Or, au contraire, on constate souvent une alternance de zones denses et de zones moins denses, ces dernières correspondant à des périodes de moindre pression foncière favorisant un habitat plus extensif : c'est ce que prend en compte le modèle des Fringe Belt ; parfois, le centre ville peut correspondre à une caldeira (analogie avec les volcans) de faible densité de population. Dans le modèle des Fringe Belt, les espaces anciennement peu denses sont donc préservés. Là, il n'en est rien. Lorsque l'on part de Chantepie vers Rennes, on s'aperçoit que Chantepie, pourtant ancien habitat extensif, est plus dense que la dernière couronne de Rennes ! La pression foncière, renforcée, démultipliée, par l'intervention de certains décideurs, aboutit au cas d'une fringe belt inversée ! Cela illustre que cette commune se dirige - à moins d'un changement d'orientation - vers une ultradensité urbaine.
Chantepie correspond à un système spatial qui a eu sa dynamique propre, à l'instar de la majorité des communes rurales de la région, jusqu'au moment de subir l'éruption urbaine de Rennes. L'onde de choc ainsi créée peut aboutir à plusieurs états :
- préservation et résistance du noyau villageois,
- insertion du tissu périurbain dans le vieux noyau
- destruction du vieux noyau.
- Une dynamique urbaine extérieure, qui crée une onde de choc centrifuge.
- Un espace rural peu différentié des communes rurales voisines.
- Une partie du personnel politique et administratif mue par des clichés en aménagement (groupement de l'habitat, idéologie de l'habitat collectif, propreté des façades).
- Un sous-sol à l'origine de matériaux de construction traditionnels considérés comme peu esthétiques, et devant être nettoyées pour refaire des façades propres, à l'allure récente (vulgate de l'aménagement).
Les transformation de Chantepie semblent bien rentrer dans le cadre de la médiance et de la trajection, concepts lancés par M. Augustin Berque, mais la trajectoire suivie est celle d'une autodestruction du tissu urbain ; c'est ce que cet auteur appelle non pas de l'« aménagement de territoire » mais du « déménagement de territoire », dont l'illustration est le dernier projet municipal de raser la mairie actuelle pour la réimplanter au centre Saint-Melaine, qui sera rasé lui aussi. Cette future mairie sera - telle q'apparaissant dans le projet - un bâtiment en métal et en verre. Illustration typique d'une conception de l'aménagement plaquant un standard international qui ne prend en compte ni les données écologiques et géologiques du milieu, ni l'histoire et le sens d'un lieu, ni la demande sociale, ni la perception des habitants.
Aménagement d'une placette Avenue André-Bonnin. Il y avait autrefois là un grand affleurement de schistes briovériens, des plaques de sols peu épais (type ranker) sur lequel s'épanouissait une végétation pionnière écologiquement intéressante ; des bâtiments traditionnels témoin y apparaissaient. L'affleurement a été recouvert d'un pavage standardisé ; l'espace vert actuel n'est en fait composé que de quelques ornementaux japonais qui n'ont strictement aucun intérêt écologique, n'attirent aucun insecte et encore moins la macrofaune; des lotissements collectifs apparaissant à l'arrière-plan. Illustration parfaite d'un triple erreur d'aménagement : erreur écologique, standardisation architecturale, non prise en compte du sens de ce lieu.
ALAIN R., Morphologie urbaine, Paris, Collection U, Armand Colin, 254 p.
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BAUDELLE G., REGNAULD H., Échelles et temporalités en géographie, Paris, Sedes , 2004.
BAUDRY J., BUREL F., Écologie du paysage, concepts, méthodes et applications, Paris, édition technique et documentation, 1999, 359 p.
BAZIN P., SCHMUTZ T., La Mise en place de nos bocages en Europe et leur déclin, Nancy, Revue forestière française, n° spécial, 1994.
BERQUE A., Médiance de milieux en paysages, Montpellier, GIP-Reclus, 1990, 163 p.
BLOCH M., Les Caractères originaux de l'histoire rurale française, Paris, Armand Colin, 1988, 316 p.
BOULLIER D., Derrière chez moi l'intérêt général, le bois de S'uvres à Rennes dans Le Génie Associatif, 10 portraits, Paris, Textuel, 2001, 95 p.
BRUNET P., L'Atlas des paysages ruraux en France, Paris, De Monza, 1992, 200 p.
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CANEVET C., Le Modèle agricole breton, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1992, 397 p.
DION R., Essai sur la formation du paysage rural français, Tours, Arrault, 1934, nouvelle édition 1991, 173 p.
DUBY G., WALLON A. (sous la direction de), Histoire de la France rurale (en 4 tomes), Paris, Seuil, 1994.
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MEYNIER A., Les Paysages agraires, Paris, 1958, A. Collin, 192 p.
PITTE J-R, Histoire du paysage français, Paris, Taillandier, 2003, 444 p.
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A priori, il existe peu de sources sur l'histoire de Chantepie. Cette paroissé était, au moment du rattachement de la Bretagne à la France (1532), le siège d'une puissante seigneurie, la seigneurie des Loges. Au XVIIe siècle, elle était à son apogée (elle détenait la Haute-Justice). Cela dit, il est difficile d'avoir des documents sur l'extension de cette seigneurie et sur le territoire qu'elle recouvre. Peut-être l'exploration des archives révélerait-elle des plans terriers.
Des livres sur l'histoire de Chantepie existent bien. Cela dit, ils ne répondent pas à ce type de question. Ce sont plutôt d'excellents recueils sur les lieux-dits avec la liste de leurs propriétaires successifs. Pour le reste, ils retracent plutôt à la vie à Chantepie au cours de grands évènements généraux (Révolution, guerres...) plus que l'histoire propre du lieu.
BERTONNEAU J., Chantepie dans l'histoire, Laillé, (Edité par l'auteur), date d'édition non précisée, 96 p.
Ville de Chantepie. (dir.), Cantu-Pice, Champs de Pye, Chantepie au fil du temps, Chantepie, Ville de Chantepie, 1999, 191 p.
La ville de Chantepie est jumelée avec les villes d'Obrigheim (Allemagne) et de Verrayes (Italie)
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Origine du texte :Wikipédia Licence publiée sous licence GNU FDL La liste des auteurs est disponible sur cette page. La version originale est disponible sur cette page.
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